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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Pourquoi il n'y a pas besoin de cabinet noir contre Sarkozy.

Publié par jean luc sur 23 Juin 2013, 10:13am

Catégories : #Bonjour la Droite, #Sarkozy, #Sarkoland, #Justice-Sécurité

Pourquoi il n'y a pas besoin de cabinet noir contre Sarkozy.

Nous l'espérions mais il n'existait pas. La gauche est ainsi faite qu'elle travaille davantage à se disputer et à conquérir le pouvoir qu'à détruire méthodiquement l'adversaire de façon structurée.


Existe-t-il un cabinet noir antisarkozyste ? Non, c'en est devenu inutile.

Sarkozy s'y connait
La formule est empruntée. Elle nous vient de Nicolas Sarkozy, ancien protagoniste de l'affaire Clearstream. Il l'avait employée en 2005 pour désigner les intrigues de son rival de l'époque Dominique de Villepin, flanqué de Philippe Massoni (ex-préfet, ex-conseiller de Chirac pour la sécurité intérieure) et Yves Bertrand, ex-patron des Renseignements Généraux récemment décédé. Notre confrère blogueur Guy Birenbaum y avait consacré un ouvrage en 2008.

Voici que l'ancien monarque a ressorti la formule à quelques proches. Ulcéré qu'il est par le déroulement de l'affaire Tapie, il est persuadé qu'une troupe d'antisarkozystes manoeuvrent sous les consignes d'un proche de François Hollande, l'actuel ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll. Un "cabinet noir" qui "aiderait l'actuel président à manoeuvrer contre lui." Cette petite confidence de la semaine, une de plus comme Sarkozy adore les distiller régulièrement pour qu'on ne l'oublie pas, est rapportée par l'Express de Christophe Barbier, ami proche de Carla Bruni. Le Foll a d'ailleurs répondu, mais à l'hebdomadaire rival le Point: "Comment se poser la question ? J'ai été directeur de cabinet pendant onze ans. Je n'ai aucune vocation pour des cabinets noirs. Je laisse cela aux spécialistes".

Sarkozy sait de quoi il parle. L'ancien monarque fut lui-même accusé, à plusieurs reprises, d'orchestrer un cabinet noir. En 2010, il avait fait espionner des journalistes pour détecter les auteurs de fuites médiatiques dans l'affaire Bettencourt. La même année, les services secrets s'étaient dépêchés d'identifier l'origine de la rumeur d'adultère au sein du couple élyséen.

Les révélations viennent toutes seules
L'affaire Tapie est le feuilleton du moment. Le Figaro et quelques autres tentent de dévier l'attention en relançant l'histoire Cahuzac. C'en est drôle.

Après ses révélations sur l'équipe qui joua un rôle central pour l'arbitrage favorable à Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, Le Monde en ajoute une nouvelle couche ce 20 juin: Pierre Estoup, cet ex-arbitre mis en examen pour escroquerie en bande organisée, est attaqué sur un nouveau front: il serait intervenu en faveur de Bernard Tapie dans une autre affaire, en 1998, lors du procès des comptes de l'OM.

Ce jeudi, voici qu'une émission de France 2, Complément d'Enquête, livre un détonnant témoignage. Même le Figaro relaye l'information. "Le document est authentique dans sa forme, confirme jeudi après-midi l'ambassadeur Missouri au Figaro, depuis sa résidence de Tripoli. «Il s'agit d'un projet», précise-t-il." L'ancien quotidien de Sarkofrance s'exonère également: en mai 2012, le même témoin lui avait déclaré qu'il ne savait rien. Cette fois-ci, l'ancien interprète du colonel Khadafi est catégorique: "le Guide m'a affirmé avoir versé 20 millions de dollars à Sarkozy." Et il exhibe devant la caméra française un courrier. Mediapart, qui avait livré l'information un jour de campagne présidentielle, exulte à raison. "


Sarkozy a peur.
Il charge Guéant: "C'est Guéant qui s'est occupé de l'arbitrage" explique-t-il à ses visiteurs, selon le Canard Enchaîné du 19 juin.

Claude Guéant finit par être exemplaire de cette Sarkofrance affairiste. Le 20 juin, le site de Paris Match lâche une bombinette: l'ancien secrétaire général de l'Elysée, en 2008, a acheté un appartement parisien pour 717.500 euros... au comptant. Quelle réserve ! Paris Match est surpris: "D’où vient l’argent qui lui permet de s’installer enfin dans ses meubles, après trente ans à sillonner la France dans des logements de fonction ?" Cet ancien préfet avait décidément les poches pleines... Il trouve son appartement dans l'un des quartiers les plus chics de la capitale. Quel sens populaire !

Se plaindre ainsi n'est pas très digne. L'ancien maire de Neuilly, ex-Président des Riches ressort une vieille tactique ultra-sarkozyste, passer pour une victime des élites. Dans la même veine, le magazine Valeurs Actuelles, fidèle soutien de l'ancien régime et sarko-nostalgique, a lancé un un Observatoire de la droitophobie. C'est aussi son dossier de la semaine. On rigole, on s'amuse. On pourrait presque s'apitoyer. Politiquement, ces couinements font mauvais genre. La droite décomplexée devient pleureuse.

Sarkozy a peur de comprendre. Ses pires ennemis ne sont pas qu'à gauche. Que le Figaro titre sur ses déboires en Libye, Paris Match sur son proche Guéant, et le Point sur l'affaire d'Etat que constitue le scandale Tapie finit par inquiéter. Il est assez probable que François Hollande se fiche pas mal de savoir si Sarkozy a des ennuis judiciaires. 2017, c'est loin. Et Hollande est encore convaincu qu'il va redresser la barre, le pays, et sa cote avec. Pour preuve, sa politique si critiquée à gauche de sa gauche reste inchangée.

Pour l'heure, les véritables ennemis de l'ancien monarque sont les rivaux de son propre camp. Fillon, Copé, Le Maire ou NKM, autant d'individus qui n'ont pas trop de quatre années à peine pour se créer une image, une légitimité, des forces dans la conquête du pouvoir suprême; autant d'individus qui ne veulent pas d'un retour de Sarkozy.

A bon entendeur...

Chroniques (politiques)

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