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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog de la fédération de l'Aisne du Parti socialiste


Le groupe SRC sera au rendez-vous pour ajouter une nouvelle couche de bleu dans le ciel de Picardie !

Publié par jean luc sur 1 Juillet 2013, 15:54pm

Catégories : #Politique, #Picardie, #Gewerc

Le groupe SRC sera au rendez-vous pour ajouter une nouvelle couche de bleu dans le ciel de Picardie !

Conseil régional de Picardie :

Intervention de Philippe Massein

à l’occasion du compte administratif et du budget supplémentaire

le vendredi 28 juin 2013.

Monsieur le Président,

Monsieur le Président du CESER,

Mes chers collègues,

L’examen du compte administratif 2012 met en lumière un des paradoxes de la crise. Un de ceux qui s’invitent dans le débat qui nous oppose entre rigueur budgétaire et austérité économique, entre croissance régulée et laisser faire.

L’insécurité économique, c’est comme l’insécurité tout court, un mélange de sentiment et de réalité. Ne se soucier que de l’un quand il faut traiter les deux ne relèverait pas de l’erreur mais de la faute politique.

Pourquoi ? Parce que la crise est anxiogène et provoque inquiétude et doute là où il faudrait un minimum d’audace et un maximum de volonté pour restaurer un climat de confiance indispensable pour la surmonter.

Oui, que le sentiment l’emporte sur la réalité est contraire à la logique économique car cela se traduit inévitablement par une augmentation notable de l’épargne alors que la consommation reste le premier moteur de la croissance et que les liquidités manquent pour soutenir l’activité quand, au contraire, nous avons besoin d’investir pour anticiper et accélérer le redémarrage de l’économie.

Oui, il est paradoxal de subir une telle réalité et son lugubre cortège de chômage, d’absence de compétitivité, de dumping social et de fraude et évasion fiscale sans que la volonté de disposer d’outils pour y remédier soit la règle naturelle et commune en Europe.

Mais il est vrai que la majorité qui siège à Strasbourg et l’ensemble des commissaires européens sont conservateurs… ceci expliquant clairement cela.

Mettre un terme à la crise économique par la relance, cela relève d’un bon sens élémentaire. C’est notre feuille de route.

Ce compte administratif et ce budget supplémentaire confirment d’ailleurs que bien gérer, c’est dépenser utile et juste tout en réaffirmant nos priorités comme les transports, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche et l’éducation, sans obérer l’avenir par un endettement qui viendrait mettre en péril l’équilibre de nos comptes, la solvabilité de la Région.

A y regarder de près, si tous nous subissons la crise, nous n’avons pas les mêmes remèdes pour en sortir.

Comme les médecins de Molière, vous, à droite, vous êtes pour une bonne purge, une vraie saignée quitte à ce que le patient meurt guéri. Vous combattez la maladie, mais vous négligez le malade.

C’est cela le libéralisme et la toute puissance du marché : un champ de bataille où les dégâts humains sont secondaires, où seuls comptent le résultat, le profit financier.

Voilà bien ce qui nous différencie. Nous croyons à la puissance publique et en sa capacité de régulation de l’économie au service de l’Homme quand vous prônez la récession qui provoque les politiques d’austérité et qui sapent la confiance de la population en son avenir et en celui de ses enfants.

C’est dans ce contexte et cet environnement qu’il nous faut aborder la lecture de ce compte administratif et ce budget supplémentaire.

L’excédent de 2012 est en effet en grand partie le fruit de la torpeur, de la langueur et de l’attentisme que cette crise interminable provoque. Si l’on additionne les reports, les retards et les défaillances de projets partenariaux censés voir le jour en 2012, c’est 85 M€ de dépenses qui se décalent dans le temps.

Voilà pourquoi nous avons mis en place un plan de soutien à l’économie picarde en identifiant les projets bouclés et pouvant démarrer au plus tôt grâce à une simplification et une accélération des procédures.

Voilà pourquoi, nous nous félicitons de ce budget supplémentaire qui entend favoriser l’activité économique et mener la bataille contre le chômage tout en préparant l’avenir en faisant la part belle à l’innovation et à la recherche avec le centre de transfert technologique « industrieLab » pour 14 M€ et le Hub de stockage électrochimique de l’énergie qui entre dans sa phase opérationnelle.

Si l’on y ajoute les 4M€ du CPER pour l’achèvement des Contrats d’Initiative Régionale passés avec la Somme et l’Oise et les 6,5M€ d’achat de matériel ferroviaire, voilà qui est à même de répondre à cette exigence de relance et de soutien à l’activité.

Mais, permettez-moi, Monsieur le Président, d’insister sur deux autres points qui méritent d’être relevés. Le premier, c’est celui des « emplois d’avenir », 1.400 postes créés ou en voie de l’être désormais signés en Picardie. Et nous prenons toute notre place dans ce dispositif en étant prescripteurs pour cent d’entre eux et en consacrant 800.000 €uros à leur formation.

L’autre, ce sont les 10M€ pour la formation des chômeurs, des jeunes et des apprentis. Il faut savoir, que tout compte fait, ce sont près de 15.000 personnes qui en bénéficieront cette année.

Autant de décisions concrètes et efficaces pour donner une réalité à ce combat sans merci contre le chômage auquel nous participons pleinement.

Et cette lutte acharnée pour l’emploi commence à porter ses fruits puisque, selon les chiffres 2012 publiés par « Cadres Emploi », revue peu suspecte de complaisance avec la gauche, la Picardie se classe au 5ème rang de l’ensemble des régions françaises métropolitaines avec 3.829 emplois créés.

Au groupe Socialiste, Républicains et Citoyens, nous avons conscience qu’il faudrait faire plus, qu’il faudrait faire mieux, mais nous n’oublions pas que le Conseil Régional de Picardie n’est que le maillon d’une chaîne qui va de l’Europe à l’Etat en passant par les collectivités locales et les entreprises.

Beaucoup s’interrogent et hésitent sur les moyens de sortir de cette atonie économique. Nous, nous savons que seule l’intervention publique est à même de « forcer » la confiance pour relancer la croissance tout en restant particulièrement vigilants quant à l’utilisation des fonds publics.

Dans ce domaine, le meilleur des exemples picards est celui du Canal Seine Nord Europe dont nous débattrons le 8 juillet prochain.

Parlons donc exclusivement aujourd’hui de son financement et du trop fameux projet de participation public/privé pour la moitié de son coût, PPP qui consiste à transformer de l’investissement privé en frais de fonctionnement à charge de l’Etat avec des loyers qui incluent les déficits d’exploitation et les intérêts de la dette, et ce pendant des décennies, 5 en l’occurrence pour ce Canal.

C’est la double peine pour le contribuable car cela contraint durablement les finances publiques.

Honni soit qui manigance avec l’argent de tous au profit de l’intérêt de quelques-uns !

C’est comme la dette régionale que depuis 2004 vous nous accusez de creuser quand nous n’avons eu d’autre préoccupation que de rattraper les retards considérables qui s’étaient accumulés lorsque vous gériez la Région avec le Front National. Certes, il reste à faire, mais nous avons pris nos responsabilités pour remettre à niveau les matériels ferroviaires et les établissements d’enseignement qui en avaient plus que besoin, le tout en préservant une capacité de désendettement qui est de 3,4 années quand vous nous en pronostiquiez plus de 10 pendant la dernière campagne électorale de 2010.

Et ne venez pas me dire que les Autorisations de Programme d’aujourd’hui sont les emprunts de demain puisque leur stock est quasiment stable depuis des années !

Mais à vous écouter, un jour nous dépensons trop et le lendemain pas assez ! Etre ou ne pas être, vous n’en êtes pas à une contradiction près et, absurde pour absurde, je vous dirai comme Coluche, qu’à la fin on ne peut pas faire du Hamlet sans casser des œufs !

Et, visiblement, vous ne craignez pas l’omelette quand vous faites l’impasse sur dix ans de pouvoir, ces conséquences sur la société française et les tensions grandissantes qui la parcourent. Pas plus quand vous contestez la légitimité du vote des français il y a un an comme le faisait encore récemment Henri Guainot qui réclamait la démission du Président de la République s’il signait les décrets d’application du mariage pour tous.

Avec beaucoup d’autres, et j’allais ajouter heureusement, je suis de ceux qui croient que toute conviction qui commence par mettre en cause de quelque façon que ce soit la légitimité des urnes est une conviction qui perd tout sens démocratique et républicain, se condamne aux excès et flirte avec les extrêmes.

Pour une partie d’entre vous, malheureusement croissante, l’arbre cache le Buisson comme le disait il y a peu Nathalie Kosciusko-Morizet, des ponts entre la droite et l’extrême droite deviennent des aqueducs alors que nous savons tous que pour s’élever, il faut faire un effort alors que pour s’abaisser, il suffit de se laisser aller !

Je veux croire que nous serons nombreux, et pas seulement sur les bancs de la majorité, pour affirmer que quand une pensée minable de droite extrême croise une pensée minable d’extrême droite, sans nul doute, il faut s’attendre à un débat interminable.

Il n’en reste pas moins que nos concitoyens, dans leurs exigences et leur impatience, parfois excessives, souvent légitimes, en viennent à mélanger ce qui ne peut et ne doit pas l’être dans une confusion qui favorise la rupture du consensus républicain et démocratique.

L’actualité, à travers la litanie quotidienne des scandales qui touchent les élites en est l’illustration flagrante. Toutes ces révélations sont plus que troublantes, elles sont affligeantes comme autant de clignotants et d’alertes sur l’état de conscience et de confiance de la société française à l’égard de ses élus.

Oui, les « affaires » touchent tout le monde politique. Mais pour un Cahuzac de « gauche » que vous nous avez jeté à la figure, combien de « mis en cause » de « droite » qui se servent sans vergogne dans le budget de l’Etat, trafiquent les contrats d’armement et servent leurs intérêts politiques et personnels, y compris avec l’argent de puissances étrangères ?

Malheureusement de quoi faire le tour de l’alphabet ! De Balladur et Bettencourt à Takiedine, de Karachi à Tripoli en passant par Guéant et Tapie, la liste est impressionnante et choquante au premier sens du terme.

Tout cela, c’est du grain à moudre pour les populistes de tous bords et l’attitude du Président de la République, François HOLLANDE, qui laisse la justice agir et instruire en toute indépendance, si elle est honorable et nous change de la vision de son prédécesseur qui, lui, voulait supprimer les juges d’instruction, n’y suffit plus.

Cette suspicion généralisée, je ne l’accepte pas, parce que je sais que la plus grande majorité des élus est au service des populations avec probité et dévouement.

Mais à jouer avec le feu en défilant bras dessus, bras dessous dans des manifestations communes, il ne faut pas s’étonner de s’y brûler.

Ce n’est pas une histoire de morale, c’est une histoire de valeurs, c’est une histoire de politique donc de visions, de projets et il est normal qu’elles et ils soient différents, que le débat ait lieu et que ce soit les citoyens qui le tranchent mais la règle commune doit être qu’en aucun cas la fin ne justifie les moyens.

Avec humour, que je sais largement partagé sur les bancs de notre assemblée, je pourrais vous dire en paraphrasant Michel AUDIARD, à l’égard duquel nous avons ici une vraie tendresse, que la meilleure façon de régler nos dettes et de réduire nos déficits serait d’instaurer un impôt sur la connerie et l’irresponsabilité.

Je vous laisse imaginer son rendement….

Je me contenterai d’espérer qu’au-delà de nos sensibilités et de nos choix politiques, l’intérêt général de la Picardie et des Picards sera notre boussole commune.

« En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant… » . C’est Nelson MANDELA qui l’affirmait, persuadé qu’il était que pour avoir confiance en soi, il faut faire confiance aux autres !

Il me revient aussi que François MITTERRAND devenu Président de la République, avait suggéré à Pierre MAUROY, homme de cœur et de justice, de « mettre du bleu au ciel » pour orienter son action de Premier Ministre.

Soyez convaincu, Monsieur le Président, que le groupe SRC sera au rendez-vous pour ajouter une nouvelle couche de bleu dans le ciel de Picardie !

Je vous remercie de votre attention.

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