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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Le FN à côté de la plaque sur le "Pacte national"

Publié par jean luc sur 9 Septembre 2013, 12:32pm

Catégories : #Politique, #FN, #Justice-Sécurité

Depuis 2007, nous n’avons eu de cesse de dénoncer les approximations flagrantes des programmes et des déclarations des cadres du Fn, en général, et de Marine Le Pen, en particulier depuis son élection à la tête du parti.

 

Elus locaux et représentants de l'Etat se sont retrouvés à 10h samedi 7 septembre à Marseille en préfecture, pour tenter de nouveau d'amorcer des réponses à la crise minant la grande ville du sud, en proie à des assassinats à répétition.

 

A leur entrée en réunion, les élus, tentant tant bien que mal de faire taire leurs dissensions politiques, espéraient que du concret puisse sortir de cette assemblée, convoquée jeudi après l'appel du gouvernement à "un pacte national" à la suite de deux nouveaux règlements de comptes meurtriers.

 

Ce qui n’a pas échappé à Marine Le Pen, la reine du surf sur les faits divers, qui nous a pondu sa vision de la criminalité en France, melting pot qu’elle veut savamment dosé de peurs sourdes et de mesures inapplicables.

 

D’autant que les chiffres montrent que la France fait partie depuis de nombreuses années des pays les plus sûrs de la planète. Même à Marseille...

 

Les déclarations de Marine Le Pen

 

"Les grandes déclarations disant 'on va augmenter le nombre de policiers, on va se réunir autour d'une table , c'est de la poudre au yeux pour calmer les impatiences d'une opinion publique qui se rend compte que le ministère de l'Intérieur est dans l'incapacité totale de ramener la sécurité non seulement à Marseille mais en réalité dans l'ensemble de la France", a déclaré Marine Le Pen sur Radio classique/LCI.

"Il y a une absence totale de résultat en matière de lutte contre la criminalité à Marseille qui probablement révèle autre chose qu'une aggravation de cette criminalité", a-t-elle ajouté. La présidente du FN a dénoncé à Marseille, "une collusion des politiques avec un certains nombre d'associations communautaristes qui fait que l'ordre républicain n'est plus à l'oeuvre".

"Les morts s'enchaînent et on ne sait pas qui (est l'auteur, ndlr). On n'en arrête jamais un seul. J'ai confiance dans la police et par conséquence si il n'y a aucun résultat c'est qu'il y a probablement une explication", a-t-elle souligné.

"Au-delà de la criminalité, il y a une délinquance qui explose comme partout en France et qui aujourd'hui fait reculer massivement les libertés individuelles", a ajouté Marine Le Pen.

 

Faux postulats de départ = mauvaises propositions politiques

 

Certes, les chiffres de la délinquance marseillaise sont mauvais, mais 2012 a été marqué par une baisse de 32% des vols à main armée dans la Cité Phocéenne (-27% pour les Bouches du Rhône). Le taux d’élucidation n’est que de 38% à Marseille mais atteint les 70% pour les Bouches du Rhône.

La nuance est de mise entre la criminalité de la commune, de l’agglomération, et du département. La confusion n’est pas rare concernant ces trois entités, et il est difficile de comparer la criminalité de Marseille aux autres villes françaises puisque ses quartiers sensibles sont situés en son sein au lieu de la périphérie comme à Paris.

Le journal Le Monde a publié sur son site, un classement ville par ville précisant les taux de criminalité sur une base 1000 pour l’année 2008. Marseille à 114,04, est seconde derrière Nice avec 114,32. Suivent Lille, Toulouse, Lyon. Paris est à 109,81. Mais il existe des villes au taux bien plus élevé. A Avignon la délinquance atteint 122,94 pour 1000 habitants. 166,50 à Saint Denis, la région parisienne.

 

La criminalité “n’explose - pas - partout en France”

 

Les meurtres en France

665 homicides en un an en France soit moins de 2 par jour en 2012. En 2012, il y a eu 665 homicides en France soit une baisse de 10.5% par rapport à 2011 (743 homicides). Le taux d’homicide est de 1 pour 100 000 habitants, soit un des plus bas du monde. En 15 ans, les homicides ont diminué de moitié. Pour le nombre de meurtre commis sur son territoire, la France se classait, au niveau des homicides, 16ème mondiale avec 1051 meurtres déclarés en 2009 et 682 en 2010.

- Entre 2000 et 2009, le nombre des homicides a chuté de plus de 35%, passant de 1051 à 682 en 2010.

- En 2012, sur les 665 homicides : 430 ont été commis en zones de police et 235 en zone de gendarmerie. Soit une diminution, par rapport à 2011, de 2.3% pour la zone police et 2.4% pour la zone gendarmerie.

- Le taux d’agression, d’atteintes volontaires à l’intégrité physique (violences, menaces, maltraitantes, agressions sexuelles) est, cependant, égal à celui de 2011 soit environ 7,4 pour 1000 en 2012.

- Sur les 50 règlements de comptes entre malfaiteurs en France en 2012, 24 se situaient dans les Bouches du Rhône (Marseille). Ce sont les taux annuels les plus élevés depuis 15 ans.

- Les tentatives d'homicides sont quant à elles en forte hausse : + 11% en zone police et +34.6% en zone gendarmerie.

 

Marseille ; “ si il n'y a aucun résultat c'est qu'il y a probablement une explication”

 

Une explication ? Tentons en une. Selon la préfecture, sur les 7 premiers mois de 2012, la délinquance générale a baissé de 5,6 % à Marseille même, les atteintes volontaires à l’intégrité physique de 2,5 %, et les vols à main armée de 28 %.

Car, plus que le nombre de crime, ce sont les modes d’opération souvent extrêmement violents qui choquent et attisent un sentiment d’insécurité relayé par les médias. Une violence qui est illustrée par les chiffres de saisis d’armes : sur les 7 premiers mois de l’année 2012, la police a saisi 192 armes longues dont 31 fusils kalachnikov et 95 armes de poing.

Sur l’ensemble de l’année 2011, les forces de l’ordre avaient saisi 170 armes longues dont 16 fusils kalachnikov et 139 armes de poing dont 55 pistolets automatiques.

Si l’on compare le nombre d’articles de la base de données Europresse dans les 12 derniers mois associant le mot « criminogène » aux cinq plus grandes communes de France (Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice), on constate avec évidence que Marseille est beaucoup plus liée à ce terme.

Etudier la criminalité par le prisme des médias aide à comprendre l’amplification de certaines réalités et la création d’un phénomène anxiogène. Il faut prendre en compte le contexte d’élections présidentielles en 2012 créant un effet loupe, qui renforce le thème de la sécurité dans le débat public.

Ainsi, le sentiment d’insécurité est effectivement plus perceptible à Marseille, alors que les chiffres de la délinquance baissent. Cette notion reste toutefois très subjective selon Christophe Soullez, chef de département à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). http://www.directmatin.fr/france/2012-11-20/christophe-soullez-le-sentiment-dinsecurite-est-tres-subjectif-239949

Il ne s’agit pas de minimiser les difficultés, mais d’éviter de les poser d’une manière erronée, surtout quand le seul but est de s’attirer des voix.

 

Merci à :

Le Kiosque aux Canards

Le FN à côté de la plaque sur le "Pacte national"

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