Les brèves

Alain Juppé s’est prononcé très durement sur la réforme des collectivités territoriales proposée par le président de la République et sa majorité.
Évoquant la suppression de la taxe professionnelle, versée par les entreprises au profit des collectivités locales, l’ancien Premier ministre a affirmé que "le gouvernement cherche la provocation".
"Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il avait oublié de dire pendant un an. Résultat: dès la deuxième année, la communauté urbaine de Bordeaux perdra plusieurs millions. C’est tout de même se foutre du monde"…

http://www.depresdeloin.eu/

Jean-Louis Bianco

Brèves prises sur Le Soir.be

Sarkozy prêt à quitter la réunion du G-20
Le président français Nicolas Sarkozy est prêt à quitter la réunion du G-20 de la semaine prochaine à Pittsburgh si aucun accord n’est conclu sur les bonus bancaires, rapporte lundi « Le Figaro ». « La menace doit être prise au sérieux », a commenté sur RTL le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant. Le chef de l’État est « extrêmement déterminé » à obtenir un accord.

Pas sûr que nos voisins prennent cette nouvelle menace trop au sérieux. en témoignent les guillemets autour du “extrêmement déterminé”…

Selon les Français, Sarkozy gère bien la crise
Une majorité de Français (52 %) estiment que Nicolas Sarkozy a bien géré la situation face à la crise, mais 59 % considèrent que la politique économique menée est mauvaise, selon un sondage BVA-Absoluce pour Les Echos et France Info, diffusé lundi. À la question, « avez-vous le sentiment que depuis un an, Nicolas Sarkozy a très bien géré, assez bien géré, assez mal géré ou très mal géré la situation issue de la crise économique et financière mondiale », 52 % des personnes interrogées estiment qu’il l’a très bien ou assez bien gérée. 46 % pensent le contraire et 2 % ne se prononcent pas. À la question « personnellement, diriez-vous que la politique économique menée actuellement par le gouvernement est très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise », 38 % sont satisfaits, tandis que 59 % la jugent mauvaise. Enquête réalisée par téléphone les 11 et 12 septembre auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas).

Hé oui, c’est un des charmes des sondages : les français trouvent majoritairement que Sarko gère bien la crise mais considèrent tout aussi majoritairement que sa politique économique est mauvaise… Comprenne qui pourra…

Merci à
Section du Parti socialiste de l'île de ré

 LA ROCHELLE — L'eurodéputé PS Vincent Peillon a proposé samedi à La Rochelle l'instauration d'une "taxe Tobin" sur les produits financiers pour financer, dans le cadre du prochain sommet mondial sur le climat à Copenhague, l'effort des "pays en voie de développement".

Dans le cadre de ce sommet de l'ONU qui se tient en décembre, "il faut trouver 100 milliards de dollars pour les pays en voie de développement", a-t-il lors d'un atelier sur la crise à l'université d'été de La Rochelle.

"Il faut aujourd'hui un mécanisme financier: je propose que les socialistes européens remettent au débat au Parlement européen, sous la responsabilité d'Eva Joly (élue Europe-écologie, ndlr), la taxe Tobin comme mode de financement des 100 milliards pour le sommet de Copenhague", a-t-il dit. Les socialistes proposeront à "tous ceux qui le souhaitent de signer un amendement" en ce sens.

ALeqM5iagiQ-dkgwKVhPHfOjqpLpZx-sUQ[1]M. Peillon a par ailleurs estimé qu'au G20 de Pittsburgh (Etats-Unis), en septembre, il faudra que la France soutienne "l'instauration d'une fiscalité discriminatoire" pour ceux qui font des profits sur des actions.

"Nous avons besoin d'une puissance publique internationale" avec "un instrument: la capacité de porter des sanctions", a-t-il souligné, se disant sur ce point en accord avec le patron de l'OMC, le socialiste Pascal Lamy.

(AFP)

Depuis 2004, Nicolas Sarkozy le promet, "les niches fiscales inutiles ou injustes seront soit supprimées soit réformées". Puis plus rien, ou presque. En juin 2009, le dossier refait surface mais - Ô surprise - le gouvernement vient de faire marche arrière... au motif que réduire les exonérations reviendrait à augmenter la fiscalité ! Quelle perspicacité...

Niches fiscales : le gouvernement français renonce

En mai 2004, comme le rappelle l'Expansion, le ministre de l'Économie Nicolas Sarkozy tonne contre les niches fiscales "inutiles ou injustes" qui doivent  être "supprimées" ou "réformées". Mais il quittera finalement Bercy, en novembre 2004, sans y avoir touché. En juin 2007, rebelote. Tout juste élu, et pour faire contrepoids au bouclier fiscal, il déclare à nouveau vouloir "nettoyer les niches fiscales, qui rendent notre système opaque et inégalitaire". On allait voir ce qu'on allait voir...

"Niche après niche"...

En avril 2008, au perchoir de l'Assemblée Nationale, Christine Lagarde concédait itou qu'il "n'est pas juste qu'un certain nombre de contribuables profitent de niches fiscales pour s'exonérer de l'impôt". Et la ministre de l'Economie de promettre d'"examiner niche après niche [...] pour qu'il n'y ait pas d'abus". Du boulot en perspective, car les quelques 486 niches fiscales recensées représentent un coût cumulé de 73 milliards d'euros, soit plus du quart des recettes fiscales nettes ! Les 1000 contribuables les plus malins bénéficient ainsi de 296 millions d'euros d'exonérations. Et, en 2007, plus de 7000 foyers aisés ont échappé à l'impôt sur le revenu, bien que déclarant plus de 97 500 euros de revenus annuels. Résultat des courses : début mai, Christine Lagarde proposait royalement de plafonner... cinq de ces niches, une mesure qui permettrait à l'Etat d'économiser quelques dizaines de millions d'euros. Retour à la case départ.

Une révélation !

En juin 2009, la cavalerie revient à la charge. "Bercy étudie les niches fiscales à la loupe" trompette Le Figaro, sans l'ombre d'un doute. Mais mercredi, c'est aux députés de la majorité Gilles Carrez et Pierre Méhaignerie qu'est revenu l'insigne honneur d'annoncer que la loupe s'est brisée, tel un vulgaire iPhone. Deux raisons sont avancées : Et d'une, le bilan du précédent plafonnement n'a pas encore été tiré. Défense de rire. Et de deux, "avec le débat sur la taxe carbone, il fallait éviter de prêter le flanc à la critique d'une droite alourdissant la fiscalité", a déclaré Pierre Méhaignerie. Deux mois pour réaliser que le plafonnement des niches fiscales alourdirait la fiscalité... Difficile de faire plus efficace !


(Article publié sur le site "
Les mots ont un sens")

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