Sondages

Bernard Accoyer a donné son accord à la poursuite de la procédure visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur le sujet. Une avancée qui s’accompagne, en coulisses, de pressions judiciaires sur les médias qui s’intéressent de trop près à l’affaire: Libération et Marianne…

L’OpinionGate
— expression inventée par l’Observatoire des sondages à propos de l’affaire des enquêtes d’opinion de l’Elysée — progresse chaque jour un peu plus. Mercredi matin, une étape majeure vient d’être franchie. Le président UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a en effet décidé de prendre ses responsabilités en donnant son accord à la poursuite de la procédure visant à ouvrir une commission d’enquête parlementaire. Une idée du Parti socialiste que l’exécutif — on le comprend — ­aurait aimé voir enterrer. Vendredi dernier, Michèle Alliot-Marie, en sa qualité de Garde des sceaux, se chargeait de jouer les fossoyeurs et excluait la possibilité d’un contrôle parlementaire sur la présidence de la République, jugeant cette démarche inconstitutionnelle. En vain donc et c’est désormais à la commission des lois de l’Assemblée nationale de se prononcer.

Mais alors que l’affaire progresse du côté des parlementaires, elle prend un fâcheux tournant sur le plan judiciaire, les procès au portefeuille des médias se multipliant. Il y a déjà de longues semaines, OpinionWay et Patrick Buisson, le conseiller de Nicolas Sarkozy dont le cabinet Publifact servait d’intermédiaire entre l’Elysée et les sondeurs, ont décidé d’attaquer en justice Marianne qui a été parmi les premiers à faire éclater l’affaire : pas moins de trois procédures lancées et près de 500 000 euros de dommages et intérêt demandés. Mardi, Lexpress.fr et Lejdd.fr révélaient de concert que le même Patrick Buisson attaquait Libération en diffamation et pour injures publiques.

Erreur de marge et marges d’erreur…
Dans son édition de vendredi, le quotidien expliquait que l’intéressé aurait réalisé d’importantes marges sur les transactions engagées entre OpinonWay et le château : Libération parle de 83% de marge, soit 910 000 euros (1,1 million d’euros facturés à l’Elysée contre seulement 190 000 euros payés par Publifact à OpinionWay) ! Dans les colonnes de Libé, Alain Garrigou, professeur de sciences politiques et membre de l’Observatoire des sondages, s’interrogeait : « Pourquoi laisser Buisson se faire une marge de 900 000 euros sur son dos ? Soit c’est un escroc, soit c’est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy. »

Pour Patrick Buisson, Libération et Alain Garrigou font fausse route. Sa mission auprès de l’Elysée, explique-t-il à Lexpress.fr, « comportait deux volets distincts : le premier concernant le conseil politique et stratégique, le second, une mission de direction des études incluant entre autres le recours aux enquêtes d’opinion. (…) Les instituts n’étaient pour Publifact que des sous-traitants techniques et les sondages qu’une composante d’une mission beaucoup plus vaste couvrant le suivi de l’opinion pour le compte de la Présidence ». D’après lui, cette double casquette justifierait la marge entre les sommes perçues de la Présidence de la République et « le montant des prestations facturées à [son] cabinet » par OpinionWay.

Selon Libération, ce dernier montant s’élèverait donc à 190 000 euros. Un chiffre jugé « totalement fantaisiste et très éloigné de la réalité » par Patrick Buisson. Le problème, c’est que ce chiffre, le journaliste de Libé ne l’a pas inventé. C’est la direction d’OpinionWay elle-même qui a avancé ce montant, d’abord dans Marianne2, puis, de façon elliptique, dans une tribune parue dans Le Monde le 31 juillet dernier : « Au total, (…) OpinionWay a facturé, en 2008, au cabinet-conseil moins de la moitié de la somme évoquée par la Cour — 392 000 euros — comme étant la facturation de ce même cabinet à l’Elysée. » Mais il est peu probable que Patrick Buisson ose traîner devant les tribunaux OpinionWay et Le Monde…


Gérald Andrieu pour
Marianne 2

Merci à : Section du Parti socialiste de l'île de ré

Si la demande est rejetée, "cela sera immédiatement interprété comme une volonté de cacher quelque chose", estime le député UMP François Goulard.

Un député UMP villepiniste se prononce en faveur de la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les sondages de l'Elysée. Dans un entretien au Parisien / Aujourd'hui en France du lundi 9 novembre, François Goulard, député UMP du Morbihan proche de Dominique de Villepin, affirme qu'il faut "accepter" la mise en place d'une commission d'enquête, comme le demandent les députés d'opposition.
"L'opposition est dans son rôle" en demandant cette commission d'enquête, "le sujet appelle certaines clarifications", affirme François Goulard. "Dans les réponses apportées jusqu'à présent sur ces dépenses de sondage, il demeure quelques zones d'ombre", ajoute-t-il.
En demandant cette commission d'enquête, le Parlement est "complètement dans son rôle" car il "contrôle l'intégralité des dépenses publiques".

"Cacher quelque chose"


Alors que le garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, a affirmé que la commission d'enquête sur les sondages de l'Elysée "n'entre pas dans le cadre défini par la Constitution", François Goulard a déclaré que "la garde des Sceaux n'est pas compétente pour juger de la constitutionnalité d'une commission d'enquête parlementaire. Elle se trompe quand elle se prononce là-dessus". De fait, le réglement de l'Assemblée nationale n'interdit pas formellement une telle commission d'enquête.
Selon le député, si le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, rejette cette demande de Commission "cela sera immédiatement interprété comme une volonté de cacher quelque chose". "Ce serait un aveu d'irrégularité que de refuser. La meilleure chose est donc d'accepter", a-t-il dit.
Pour rappel, le rapport de la Cour des comptes avait révélé en juillet que l'Elysée avait versé en 2008 1,5 million d'euros à Publifact, dont 392 288 euros concernaient des études réalisées par OpinionWay qui étaient identiques à celles publiées par LCI et le Figaro.

 Sources : (Nouvelobs.com)


à lire : Du rififi à l’UMP
La cote de popularité de Nicolas Sarkozy a baissé de 6 points à 39% entre août et septembre et celle de François Fillon de 2 points à 50%, selon un sondage de l'Ifop pour le Journal du Dimanche daté du samedi 19 septembre.
En septembre 33% (-5) des Français se sont déclarés "plutôt satisfaits" et 6% (-1) "très satisfaits" par l'action du chef de l'Etat, tandis que 60% se sont dits "mécontents" (+6 points en un mois). 1% ne se sont pas prononcés (=).
Le Premier ministre a obtenu 50% d'opinions favorables (-2). 47% n'approuvent pas l'action du chef du gouvernement (+1). 3% (+1) ne se sont pas prononcés.

- Enquête réalisée par téléphone du 10 au 18 septembre auprès d'un échantillon de 1.930 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/index.html
Deux ans après l'élection du président, 65% se disent déçus, 63% jugent son bilan négatif.



Deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, près de deux Français sur trois (65%) se déclarent déçus de son action, tandis que moins d'un sur quatre (24%) s'en dit satisfait, selon un sondage TNS Sofres paru lundi 4 mai dans Metro.
Les personnes interrogées sont 63% à juger son bilan plutôt négatif, 28% à le trouver plutôt positif. Neuf pour cent n'expriment pas d'opinion.

Sympathisants gauche/droite


Parmi les sympathisants de gauche, 84% se déclarent déçus par l'action du président ces deux dernières années et 85% estiment que son bilan à l'Elysée est plutôt négatif. Les sympathisants de droite sont 60% à juger ce bilan plutôt positif et 55% à se dire satisfaits du chef de l'Etat. Cependant, ils sont tout de même 37% à confier leur déception.

Chirac, Mitterrand...


Parmi les derniers présidents de la République, seul Jacques Chirac avait davantage mécontenté les Français que Nicolas Sarkozy 24 mois après le début de son premier mandat, avec 65% d'insatisfaits en 1997.
Dans le cas de François Mitterrand, le nombre de sondés jugeant négativement le bilan présidentiel était de 50% en 1983. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, le nombre de personnes satisfaites de son action en 1976 était supérieur à celui des mécontents, à 44% contre 42%.
- Sondage réalisé en face-à-face les 23 et 24 avril auprès d'un échantillon national de 1.000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

  Source : (Nouvelobs.com avec AP)

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