la refondation du Parti

 

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Ségolène Royal a demandé aux militants socialistes, jeudi sur France 2, de ne pas "baisser les bras" malgré sa défaite à l'élection présidentielle, exprimant sa "confiance" dans la rénovation du Parti socialiste qui "va se remettre en mouvement".

"Ne baissez pas les bras! Restez là! Ceux qui sont partis, revenez! Le Parti socialiste va se remettre en mouvement. Les militants seront de toute façon, à un moment ou à un autre, consultés et moi, j'ai confiance, je veux continuer à porter cette espérance qui s'est levée pendant la campagne présidentielle (...)", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes, invitée de l'émission "A vous de juger" à l'occasion de la sortie de son livre "Ma plus belle histoire, c'est vous".

Ségolène Royal a convenu que "la gauche a un problème de visibilité". Mais, a-t-elle objecté, "c'est normal, le président, c'est Nicolas Sarkozy" et lorsque la gauche vient soutenir des mouvements sociaux, "souvent, on nous accuse de faire de la récupération médiatique".

Elle faisait écho à l'interpellation récente de la comédienne Josiane Balasko qui avait lancé, à propos du mouvement des mal-logés de la rue de la Banque: "Ils sont où, les mecs du PS ?".

Selon l'ex-candidate, "le PS n'est pas inaudible, il y a des batailles à l'Assemblée nationale. Il y a un mouvement qui se remet en chemin qu'il faut accélérer".

Mme Royal a indiqué qu'elle allait "s'impliquer dans la campagne des élections municipales, là où (elle sera) demandée". "C'est mon devoir (...) Mon devoir me commande d'être au premier rang, avec d'autres", a-t-elle ajouté. Elle a dit qu'elle abordait l'avenir "sans nostalgie, sans rancoeur et sans rancune".

Affirmant qu'elle était "la même (qu'au moment de la campagne présidentielle, ndlr), avec une expérience plus dense sans doute", l'ex-candidate a déclaré qu'il fallait "réussir à rénover le PS, à faire en sorte qu'il redevienne la force centrale de la vie politique, à gauche" pour "attirer les autres forces et réussir à présenter un projet alternatif au pays".

"Ce que je veux dire aux militants du PS, qui sont angoissés (...), c'est que c'est avec un travail collectif que nous parviendrons à faire émerger une majorité d'idées", a poursuivi Mme Royal.

Elle s'est déclarée "convaincue" de parvenir "à faire venir vers (elle) des responsables politiques qui, au moment de la campagne, n'ont pas forcément compris ce qu'(elle) voulait faire".

"Ca va continuer à bouger, j'ai confiance dans la capacité de rénovation du Parti socialiste", a dit l'ex-candidate.

Dénonçant une nouvelle fois "le procès lancinant en incompétence" qui lui a été fait au sein du PS, elle a aussi estimé que "la gauche doit apprendre à être disciplinée". "La discipline, c'est (...) la reconnaissance du fait majoritaire, du vote démocratique des militants".

A propos de l'alliance avec le MoDem de François Bayrou, Ségolène Royal a fait un pas vers ceux qui, tels François Hollande, estime qu'une telle stratégie ne pourrait être mise en oeuvre qu'avec un rapport de forces favorable. Les socialistes doivent le faire "à condition d'être (eux)-mêmes très forts", a-t-elle dit.

Pierre Verdy  dans 20 minutes.fr AFP

par Thomas publié dans : Ségolène

 

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction est effondrée ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre.

Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort.

Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni untel ni untel, c’est-à-dire souvent tous les autres... Que faire pour sauver le Parti socialiste et avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti.

Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti selon un calendrier et des règles, dont le parti sera le garant.

Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat.

Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007 qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle, et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants.

Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et... opposition constructive et percutante !

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur Premier secrétaire.

Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche.

On comprend dans une telle configuration pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux, car il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du Parti socialiste à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire pour être prétendument en phase avec la Vème République prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords.

La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades.

L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

La montée dans tous les pays européens d’un scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration Européenne, l’incapacité des gauches européennes à assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que couches populaires et classes moyennes attendent d’elles, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la Nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, dessinent la nécessité d’un nouveau projet. Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle "l’incontournable réorientation de la gauche européenne" en constatant que "les projets de réformisme technocratique -style "troisième voie" ou "nouveau centre"- ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs."

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la Gauche française, et en son cœur, le Parti socialiste, rangeant dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (Congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (Congrès de Dijon et du Mans).

Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche.

Ainsi en est-il par exemple de la révolution écologique qui se prépare, elle réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange dans l’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation, qui sera certainement le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat Providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes, sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Arnaud MONTEBOURG

julien-dray1.jpg J’ai beaucoup aimé ce livre qui a fait vibrer plusieurs orientations auxquelles j’adhère parmi les thématiques fondamentales de réflexion d’un renouveau socialiste qui est devenu crucial.

Je commencerai par la dernière phrase de son livre : « il faut changer ou mourir ».
Oui changer est absolument nécessaire.
Le Parti socialiste doit changer, c’est évident pour le militant que je suis.

Etre socialiste, c’est mettre en exercice un contrat social, un nouveau contrat social qui se déclinerait en 3 idées force :

-  une démocratie étendue,

-  une justice accessible,

-  la sécurisation des individus.

1) Etre socialiste, c’est vouloir développer de nouveaux réflexes démocratiques : c’est accepter, encourager la participation des citoyens, c’est aussi favoriser toutes les formes d’équilibre des pouvoirs et, de là, leurs contrôles respectifs.
Le temps où les citoyens manquaient d’information est révolu : nous sommes au contraire dans un monde d’informations surabondantes, même si les filtres de présentation de ces informations sont en partie verrouillés (je pense surtout au problème de la télévision, voir plus bas).
Il est évident que face à un monde qui bouge sans cesse, la France à besoin de réformes : on ne pourra pas en faire l’économie, mais être élu avec 53 % des voix n’autorise pas à vouloir imposer de force ses vues : le paternalisme politique et l’autoritarisme réformateur n’ont plus de place dans une démocratie moderne.

Or, l’hyperactivité présidentielle est une des formes de ce déni de démocratie qui a abouti à la crise du 21 avril 2002, crise qui n’a été que partiellement résolue au printemps 2007 :
elle illustre la tentative d’imposer l’apparence de l’action à l’action elle-même, un peu comme si on avait doté une lanterne magique d’un mince paravent qui en tournant sans cesse masque la vacuité de ladite lanterne. Ce qui en fin de compte n’est qu’un mensonge.
Chirac aura été sclérosant par son absence d’action, Sarkozy est sclérosant par son apparence d’action.

En outre, le contrôle des élites politiques devient un enjeu majeur et la prise en compte des propositions Balladur risque d’accentuer la dérive autocratique du régime politique français.

 

Je vous renvoie à l’analyse faite par Mary-Anne Cohendet.

2) Etre socialiste, c’est vouloir plus de justice :

-  une justice socio-économique : cœur du sytème de pensée de la gauche, la justice économique est et doit rester le credo fondamental du projet socialiste ;


-  une justice médiatique : je suis scandalisé par la couverture des grèves par les grands médias télévisuels et le matraquage publicitaire des actions de l’exécutif : il ne peut y avoir de justice quand le libre accès aux idées est bafoué de la sorte ;

-  une justice accessible à tous : demandez aux magistrats et professions de la défense, je n’ai pas l’impression que la réforme de la justice mise en œuvre ce mois-ci démocratise son accès.

3) Etre socialiste, c’est aussi avoir en tête la prise en compte du fait sécuritaire : j’en viens à ce qui est un des grands points d’achoppement du socialisme.
Dans la pyramide de Maslow , la sécurité est en 2ème position : sans sécurité des individus, d’une société, d’un état, il n’y a pas de développement possible : on s’épuise en luttes stériles.
Pourquoi y aurait-il une opposition entre l’idée socialiste et l’idée sécuritaire ? pourquoi ne pas accepter que ce sont deux facettes d’un même besoin de sécurité à partager entre tous les individus d’un groupe social.
La sécurité des personnes est plurielle : économique, juridique, idéologique, culturelle (et médiatique), autant de moyens d’accéder à la Sécurité sociale au sens le plus large du terme.
 

par Gilles VADASZ 

dans http://www.agoravox.fr/

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