Les Droits de l'Homme

Plusieurs amendements au projet de loi de finances vont réduire les moyens d’actions de la plupart des autorités administratives indépendantes, institutions créées par la loi, chargées de la protection des droits et des libertés :

La Halde : - 650 000€
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel : - 1, 414 M€
La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés : - 308 000 €
La commission nationale consultative des droits de l’homme, la commission d’accès aux documents administratifs, le comité national d’éthique : - 270 000€

Les commissions de déontologie de la sécurité, de contrôle des interceptions de sécurité, et du secret de la défense nationale sont également touchées par ces réductions budgétaires.

À l’heure ou les saisines de ces organismes ne cessent de croître, que des missions toujours plus nombreuses leur sont confiées, ces diminutions de moyens ont un sens que leur systématisme démontre. Il s’agit ni plus ni moins de faire taire ces autorités indépendantes qui dérangent et critiquent le gouvernement, qu’il s’agisse des tests ADN, des conditions d’exercice des forces de police ou du processus inflationniste de mise en fiche de la population.

Le Parti Socialiste dénonce la volonté souterraine de disparition de ces autorités qui ont fait la preuve de leur légitimité, au détriment de la défense des libertés et de la lutte contre les discriminations.


Marie-Pierre de la Gontrie,
Secrétaire Nationale aux Libertés et à la Justice


Que voulez-vous que je vous dise ? que les dernières déclarations de Marie Ndiaye me remplissent de bonheur ? hé bien oui, je vous le dis.

Elle vient, à nouveau, de donner un interview aux Inrocks faisant suite à ses propos du mois d'août . Eric Raoult, animé sans doute de forces auto-destructrices qui sont les siennes, a demandé à Frédéric Mitterrand de "rappeler à l'auteure son devoir de réserve". J'ai bien failli m'étouffer...de rire en lisant sa lettre ouverte.

Je vous incite donc à lire l'interview de marie Ndiaye , quelques morceaux choisis :

  • Au moment de l’affaire Polanski, Frédéric Mitterrand avait dit qu'en tant que ministre de la Culture, il était là pour soutenir les artistes et ne pas les abandonner. Donc oui, je suis étonnée qu’il ne m’ait pas encore soutenue.

  • (Les Inrocks) Quelle a été votre première réaction en apprenant qu’Eric Raoult trouvait vos propos sur la France de Sarkozy dans notre interview pour Les Inrocks scandaleux ?

  • (réponse de MN) Je me suis demandé si c’était réel, si c’était une blague, cela me semblait si ridicule… Mais en fait, connaissant un peu le personnage, ce n'est pas si étonnant. Il n’empêche qu’hélas, le ridicule ne tue pas.

  • Et puis j’avais d’autre part une répugnance à ce qu’une audience, une importance, soit donnée à cette homme-là qui est toujours à la limite de la droite extrême. Donc je me suis dit que si cette histoire était peu évoquée, s’il n’y avait pas de rebondissements, cela ne valait pas la peine de donner de l’importance à des gens de cette sorte. Mais comme l’histoire remue beaucoup, il n’y a plus de raison de se taire.

  • Le droit de réserve ne s’applique qu’aux fonctionnaires de l’état, et je ne suis pas employé de l’état en ayant obtenu le Goncourt. Je rappelle par ailleurs que notre entretien remonte à plusieurs mois avant le Goncourt.

  • Si l’entretien avait eu lieu après que j’aie eu connaissance de ce que me reproche Eric Raoult, je n’aurais pas pris ce soin, cela aurait été très différent. Au contraire : je persiste et signe !

  • J’en appelle toujours à Frédéric Mitterrand qui doit maintenant intervenir dans ce débat ridicule, et y mettre un point final.

La France d'aujourd'hui

La vacuité de la polémique en cours n'a d'égale que sa symbolique: puisqu'il s'agit seulement, si j'ose dire, de liberté d'expression. Frédéric Mitterrand, qui n'en demandait sans doute pas tant, va donc - je l'espère - nous régaler d'une cinglante réponse afin d'éteindre cette incroyable polémique hourdie par le député UMP Eric Raoult.

Ce malaise latent que je ressens est pourtant le signe de la désorientation sociale qui nous touche aujourd'hui. En effet, comment peut on s'abandonner à telles polémiques ridicules sans que le terreau n'y soit propice ?

Marie Ndiaye est entrée par la grande porte dans le club très fermé des gens qui comptent, et elle fait preuve d'une résilience à l'image de son dernier bouquin. Pour reprendre l'expression de sean Penn au festival de cannes 2008: oui Marie Ndiaye, vous faites partie des personnalités, que vous le vouliez ou non d'ailleurs, qui ont conscience du monde, et du pays dans lequel ils vivent.

Dans lequel elle vivait serait d'ailleurs plus judicieux, puisqu'elle vit désormais... à Berlin. cette artiste a donc fui la France pour un pays à l'imposition encore plus lourde que la notre...tiens tiens!

Par : peuples net

À l’initiative de la majorité UMP, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté, jeudi 5 novembre 2009, un amendement visant à réduire d’un million d’euros le budget de fonctionnement de la Halde.

Cet amendement a été présenté sous le fallacieux prétexte d’un loyer prohibitif alors que celui-ci découle d’un bail négocié par le gouvernement et conclu jusqu’en 2013, bail que la direction actuelle de la Halde s’emploie justement à renégocier.

Il ne fait pas de doute que le but réel de cet amendement est de s’attaquer à la Halde qui, depuis sa création en 2005, a joué un rôle croissant et essentiel dans la lutte contre les discriminations de toute nature dont peut être victime chaque citoyen de notre pays.

Le nombre de réclamations dont a été saisie la HALDE ne cesse d’augmenter. Le travail est immense pour augmenter le taux de dénonciation des faits de discrimination. Pour y parvenir, la HALDE doit développer ses antennes locales et a besoin de moyens.

Il est évident qu’aux yeux d’une partie de la droite et du pouvoir actuel, la Halde a le double défaut d’être une autorité indépendante et de veiller à la préservation d’un pacte républicain fondé sur l’égalité des droits qui est au cœur même de l’identité de la France. Il est impossible à tous les républicains de ne pas faire le parallèle entre la volonté de s’en prendre à la Halde et le lancement de ce que le gouvernement a qualifié de « débat sur l’identité nationale », qui cache mal la remise en cause par le gouvernement de nombreux piliers de notre vivre ensemble.

Pour sa part, engagé dans la lutte contre toutes les discriminations et rendant hommage à l’action de la Halde, le parti socialiste demande le retrait immédiat de cet amendement.

1er octobre sur Canal +, Eric Besson proclamait : « La France est désormais le pays le plus généreux en termes d’asile. ».  Qu’on en  juge ! La dépêche du Midi libre relate l’expulsion express de  4 familles de Géorgiens, une femme enceinte, 7 enfants scolarisés et des malades, en des termes qui font froid dans le dos. On imagine les scènes, une trentaine de policiers, vingt-et-une personnes interpellées au petit matin, des enfants arrachés au sommeil, habillés hurlants, des pères menottés, des femmes rudoyées, tout le monde chargé à la hâte dans un convoi de voitures, des centaines de kilomètres, destination inconnue pour interdire les  soutiens locaux. Placement en rétention en urgence et expulsion programmée pour éviter tout passage devant la justice. Chantage affectif : on  propose aux parents qui vont être « réadmis » en Pologne, de laisser en France leurs enfants, non expulsables,  placés dans un foyer de l’enfance. Une sale besogne, menée dans les larmes  et cris de terreur des enfants,  imposée aux fonctionnaires dont certains manifestent leur malaise… Jusqu’à quand les syndicats de policiers vont-ils laisser les fonctionnaires écœurés des gestes qu’on leur impose, isolés face à leur hiérarchie.  Vingt-et-une personnes, femmes, enfants, malades, expédiés en Pologne (un symbole ?) dans l’urgence et la violence en prenant la justice de vitesse, ce n’est pas assez pour émouvoir les consciences ?

 

Trois afghans expulsés, le 20 octobre pour l’exemple, « message fort » envoyé aux électeurs de Le Pen bien plus qu’aux passeurs ! Annonce des charters européens, de gardes aux frontières de l’Europe, Sarkozy et Berlusconi réussissent le tour de force de transformer les idéaux européens d’unification des peuples en la caricature dont l’expulsion des Afghans et celles des Géorgiens hier seraient les symboles. La honte !

 

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Le Midi Libre du 4 novembre : Nîmes. Sans-papiers Des Géorgiens renvoyés de force en Pologne

Quatre familles de Géorgiens (21 personnes) de la minorité Yézide, parmi lesquels trois malades et sept enfants, ont été embarqués manu militari à Garons, dans un avion pour la Pologne, hier matin. L'appareil avait été affrété par le ministère de l'Intérieur et cette opération, organisée par la police des frontières, a mobilisé une bonne trentaine de policiers.


Ces demandeurs d'asile politique avaient été interpellés la veille, au lever du jour, dans un hôtel situé dans la banlieue de Dijon, en Côte d’Or. Ils étaient en France depuis le début de l'année et les enfants, scolarisés à Dijon, étaient encore en vacances de Toussaint. Le département de Côte d’Or n'ayant pas de centre de rétention administrative et celui de Lyon étant complet, ces quatre familles ont abouti à celui de Nîmes, dans la soirée de lundi, vers 20 heures.

 

Trop tard pour saisir le juge des libertés sur les conditions d'interpellation, de transfert, la présence de malades et d'enfants normalement scolarisés, s'insurge José Lagorce, de la Cimade, « Tout a été planifié pour se faire en cachette et nous empêcher d'intervenir car il était trop tard pour saisir le juge des libertés, surtout que l'avion devait décoller à 7 heures. Nous n'avons malheureusement rien pu faire. » Une « opération d'autant plus honteuse », affirme la Cimade, que les enfants, qui hurlaient de terreur, auraient été arrachés à leurs parents, hier matin, pour obliger ces derniers, qui s'y refusaient, à sortir des locaux d'hébergement du centre de rétention. L'émotion et la tension auraient été telles que des policiers, scandalisés, auraient carrément refusé de prêter main forte à leurs collègues. Ce que démentent les autorités.

 

A l'aéroport de Garons, où l'avion a finalement pu décoller peu avant 11 heures, des consignes de silence absolu avaient été données. « Les vols privés sont confidentiels », expliquait un employé, tandis que des policiers en civil, « au courant de rien », disaient être là pour une ... « réunion ». Même silence embarrassé du côté du centre de rétention administrative, où l'on refusait de répondre à Midi Libre.


http://www.midilibre.com/articles/2009/11/04/NIMES-Des-Georgiens-renvoyes-de-force-en-Pologne-984849.php5


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