Justice-Sécurité

"Ras le bol des salades, les poulets veulent du blé" scandaient les policiers, qui demandent davantage de moyens pour la profession et déplorent des conditions de travail "scandaleuses".

Une vingtaine de policiers de l'union SGP-FO/Unité police, premier syndicat de gardiens de la paix, ont manifesté samedi 7 novembre au matin à Angers pour protester contre le manque de moyens dont souffrent à leurs yeux leur profession, en marge d'un déplacement de François Fillon.
Alors que le Premier ministre était attendu dans la matinée pour inaugurer un nouveau siège régional du Crédit agricole, les manifestants, dont l'un avait revêtu un costume de poulet, se sont rassemblés sous une banderole clamant: "Ras le bol des salades, les poulets veulent du blé", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Des conditions scandaleuses".


Ils étaient maintenus à quelques centaines de mètres du lieu de l'inauguration par d'autres policiers.
"On finance des banques à hauteur de plusieurs milliards d'euros pour avoir de beaux locaux comme celui que Fillon va inaugurer alors que nous, nos locaux sont totalement vétustes", a déclaré à l'AFP l'un des manifestants, Benoît Renault. Le commissariat d'Angers a "plus de 60 ans", a-t-il déploré, ce qui oblige les policiers "à travailler dans des conditions scandaleuses".

 Sources : (Nouvelobs.com avec AFP)

Sécurité : 11 400 policiers et gendarmes en moins d’ici à 2014

Le budget 2010 est à l’opposé de ce que prétend Brice Hortefeux. Tandis que le ministre de l’Intérieur promet 10754 recrutements en 2010, le projet de loi de finances indique lui, une toute autre réalité : la réduction drastique des effectifs de police comme de gendarmerie.

La purge est à l’oeuvre ; 7400 emplois supprimés sur la période 2009-2011, avant que 4000 emplois supplémentaires ne disparaissent entre 2011 et 2013.

Comment peut-on raisonnablement penser que de telles diminutions d’effectifs seront sans conséquences sur le terrain ? En réalité, c’est l’assurance d’une dégradation des conditions de travail et de sécurité des fonctionnaires, l’assurance aussi d’avoir moins de policiers et de gendarmes dans les rues au service de la sécurité des Français, bref la détérioration du service rendu à la population.


de Jean-Jacques Urvoas,
Secrétaire national en charge de la sécurité, député du Finistère
http://www.parti-socialiste.fr/

Après les violents affrontements entre supporters parisiens et marseillais hier à Marseille dans la journée, quelques jours après le saccage du centre-ville de Poitiers le 10 octobre dernier, il est permis de s’interroger sur la capacité d’anticipation des préfets en matière de maintien de l’ordre et sur l’existence d’une doctrine cohérente d’emploi des Compagnies républicaines de sécurité.

Dans ces deux cas, l’Etat s’est montré incapable d’assurer le maintien de l’ordre public. Pendant des heures, en plein centre-ville, en plein jour, plusieurs dizaines d’individus ont pu se livrer à des destructions de biens publics et à des violences, il y a là à tout le moins une carence inquiétante en matière de sécurité.

Les heurts violents de Marseille démontrent qu’en dépit des rodomontades et des déclarations sur la lutte contre le hooliganisme, les violences entre groupes de supporters sont plus que jamais une réalité. Le 29 septembre dernier, Brice Hortefeux annonçait vouloir créer une section spécialisée dans la lutte contre les hooligans et « éradiquer la violence des stades ». Cet « engagement » fait suite aux nombreuses promesses de la droite et de Nicolas Sarkozy depuis 2002. Sans effet. À Marseille, pendant plusieurs heures, la violence était dans les rues.

Le Parti socialiste demande à l’Etat de mettre enfin en œuvre les dispositifs permettant d’identifier en amont les individus violents, permettant d’anticiper les situations de débordement et permettant de positionner là où elles sont nécessaires les forces de l’ordre.

Marie-Christine Hodeau, 42 ans, la joggeuse enlevée lundi dans la forêt de Fontainebleau,a été assassinée par son ravisseur qui l’a croisée au bord d’une route.Quelques heures seulement après les aveux du meurtrier présumé, un homme déjà condamné en 2002 à onze ans de prison pour un viol, mais remis en liberté conditionnelle en mars 2007, Nicolas Sarkozy, qui a reçu jeudi après-midi la famille de la victime, réactive le thème de la lutte contre la récidive pénale. Stupéfiant, n’est-ce pas ?
Fidèle à lui même, c’est à dire capable de tout, y compris d’instrumentaliser la mémoire des victimes de délinquants sexuels, Nicolas Sarkozy n’a pas laissé passer l’occasion de surfer sur l’émotion provoquée par ce dernier meurtre abjecte, quitte à bafouer la mémoire de Marie-Christine Hodeau.Indécent, n’est-ce pas ?
Primo, il exhume son très controversé projet sur la “surveillance de sûreté“ des condamnés remis en liberté. Vous avez dit démagogie ?
Deuxio, il pousse son complice
Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, à remettre en cause les juges qui ont placé en liberté conditionnelle le suspect, déjà condamné pour enlèvement et viol. “Il est parfaitement inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté. C’est dans ces conditions qu’il a, hélas, récidivé”, a t-il déclaré. Et d’ajouter : “une vie aurait pu être épargnée si l’application de la loi avait été faite dans l’intérêt des victimes. Cela pose une question d’application de la loi et, peut-être, une question d’adaptation de la loi”. Vous avez dit populisme ?
Tertio, il presse
le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre de relancer le débat sur le recours à la “castration chimique”, une pratique pourtant déjà en vigueur en France. Vous avez dit foutage de gueule ?

C’est à croire que Nicolas Sarkozy espère surfer sur le meurtre de Marie-Christine Hodeau qui agite l’opinion pour aborder les thèmes polémiques de la récidive et de la “tolérance zéro”. Pour mémoire, le chef suprême de l’UMP avait déjà profité de l’assassinat sordide d’une autre joggeuse, Nelly Crémel, en 2005, pour fustiger le juge qui avait remis en liberté son meurtrier, qu’il avait qualifié de “monstre”.Cette affaire très médiatisée avait conduit à l’adoption d’une loi sur la récidive, laquelle prévoyait la surveillance des détenus en fin de peine, notamment par le bracelet électronique.

Par la suite, juste après l’enlèvement et le viol du petit Enis, août 2007, par un homme déjà condamné pour pédophilie dans le Nord, le tout nouveau président élu à la présidence avait promis à son père des lois “plus sévères“.
Espérons que les Français ne se laisseront pas prendre dans la surenchère émotionnelle entretenue par l’omniprésidentet ses serviteurs zélés. Parce que derrière l’indignation orchestrée par le pouvoir se cache l’impuissance et l’échec de la politique de Nicolas Sarkozy , tant comme président de la République que comme ministre de l’intérieur entre 2002 et 2007.
Pour
Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats (tendance droite), “A chaque fois on vote une loi, et à chaque fois on tombe sur le juge qui est un bouc émissaire idéal, a-t-il protesté, souhaitant “que le gouvernement s’occupe déjà de donner les moyens à la justice de fonctionner normalement”.

Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature (classé à gauche), souligne que “les taux de récidive pour les gens qui ont fait l’objet d’un aménagement de peine sont moins importants que pour ceux qui sortent de prison sans aucun suivi”. Et d’évoquer “un dispositif défaillant dans la prise en charge et la réinsertion, notamment pendant le temps carcéral”.
Profiter d’un drame pour se refaire une image politique et regagner des points dans les sondages, c’est de la pornographie politique. C’est hélas une spécialité qui a propulsé l’omniprésident en haut de l’affiche élyséenne.


A2N pour Betapolitique

Merci à Section du Parti socialiste de l'île de ré

Dans une totale indifférence, mercredi dernier, le Conseil de l'Europe a asséné une violente charge contre la suppression du juge d'instruction, et contre toutes les tentatives "d'utilisation abusive du système de justice pénale motivée par des considérations politiques"...

Le Conseil de l'Europe contre la réforme du juge d'instruction - Indépendance de la justice

Dans une résolution soumise par la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme (CQJDH) et adoptée à l'unanimité mercredi 30 septembre 2009, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) souligne que l'indépendance du système judiciaire est le principal rempart contre toute ingérence politique dans le fonctionnement de la justice. Au cas où on aurait oublié...

Le France doit "revoir le projet de suppression des juges d’instruction"

De fait, constatant que la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer les juges d'instruction remettait en cause ce pré-requis, les parlementaires n'y sont pas allés de main morte, demandant au chef de l'Etat français de "revoir son projet". Ni plus ni moins. Si toutefois cette réforme devait être confirmée, "et que les compétences en matière [d'instruction] étaient transférées au ministère public", l'APCE exhorte la France "à renforcer l'indépendance des procureurs" et à "permettre aux avocats de la défense d'accéder à l'enquête préliminaire conduite par le parquet"... ce qui constitue effectivement la principale demande des syndicats de magistrats, mais qui n'est pas franchement à l'ordre du jour.

Les juges français les moins bien payés d'Europe

La rémunération des magistrats étant un critère d'indépendance primordial, l'Assemblée invite aussi les autorités à "augmenter progressivement les salaires des juges et des procureurs à la hauteur de la dignité et de l'importance de leurs fonctions, jusqu'à ce que ces salaires soient alignés sur la moyenne des autres pays européens". Ce ne serait pas du luxe... Dans une étude publiée en 2002, ce même Conseil de l'Europe affirmait que la France était le pays européen le plus radin avec ses juges, rémunérés entre 1.1 et 3.1 fois le salaire moyen français selon l'ancienneté, contre 4.6-7.4 en Grande-Bretagne, 3.7-7.7 en Roumanie, 2.5-6.5 en Espagne, 2-3.4 en Moldavie, 4-9.7 au Portugal...

"Un système de justice pénale à deux vitesses"

Le Conseil de l'Europe contre la réforme du juge d'instruction - Indépendance de la justice

Un autre motif d'inquiétude est que les "les ressources affectées à l'aide juridique" ne soient pas augmentées, face à un système devenu principalement accusatoire, donc plus coûteux pour la défense. Ce qui fait craindre à la rapporteure du projet de résolution, l'ex-ministre allemande de la justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, que "se développe un système de justice pénale à deux vitesses, l'égalité des armes étant assurée uniquement pour ceux qui en ont les moyens". Et là encore, on ne peut que constater le retard de la France en matière de budget annuel alloué au système judiciaire (38ème pour 45 pays membres), et ce quelque soit la méthode de calcul : budget par habitant, % de PIB par habitant...

Prise de contrôle politique du CSM

Au sujet du Conseil Supérieur de la Magistrature, l'institution censée garantir l'indépendance des juges, l'APCE constate que "la France a récemment décidé de doubler le nombre de membres nommés par le Président de la République et les présidents des deux chambres du parlement", ce qui pose manifestement un problème de conscience aux parlementaires du Conseil qui demandent à l'Etat de "rétablir une majorité de juges et de procureurs au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature ou à veiller à ce que parmi les membres nommés par les organes politiques figurent également des représentants de l'opposition".

Comme "l'impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire"...

Seul motif de satisfaction du Conseil de l'Europe, "un parlement et des médias indépendants qui constituent des garde-fous relativement fiables contre l'utilisation abusive du système de justice pénale par le pouvoir exécutif". A voir comment les "médias indépendants" se sont rués sur l'information, ça ne présage rien de bon... En résumé, selon Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, si la France décide de supprimer le juge d'instruction, "certaines conditions essentielles devront être satisfaites pour éviter l'impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire". Juste une "impression" ?


(Article publié sur le site "
Les mots ont un sens")

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