La crise économique et sociale que nous vivons a contribué à remettre en cause le capitalisme et ses
logiques de profits immédiats et individuels. Pour construire une alternative à ce système, il est essentiel
de trouver des points d’appui, des modèles différents qui permettent d’entrevoir une autre forme d’entreprise, une autre éthique de production. Ces modèles existent, depuis longtemps déjà, et ils ont fait leur preuve : dès le XIX
e siècle, les premières coopératives étaient mises en place en Angleterre, en Allemagne ou en Suisse… L’économie sociale et solidaire, qui regroupe aujourd’hui les coopératives,
mutuelles, associations ou fondations, est loin d’être anecdotique : elle représente plus de 7% des emplois en
Europe, près de 10% en France.
Elle est surtout l’exemple vivant qu’une autre économie est possible où, tout en utilisant le marché comme instrument d’échange, les entreprises placent l’Homme avant le capital, le collectif
avant l’individu, le territoire avant le profit.
Véritables alternatives, les entreprises de l’économie sociale et solidaire nous montrent qu’il est aujourd’hui possible d’imaginer une société où l’efficacité économique n’est pas
antinomique avec les valeurs écologiques et sociales.
Le Parti socialiste l’a, peut-être, parfois oublié. Un homme = une voix, qu’il soit salarié, adhérent ou propriétaire, pas de privatisation des profits, telles pourraient être les bases d’un
autre mode de production des biens et services.
L’économie sociale et solidaire a un passé. Elle a aussi un avenir. À nous de lui construire, à nous de nous appuyer sur elle pour proposer une alternative crédible au capitalisme financier et jeter les bases d’une société post-matérialiste.
Farida Boudaoud,
secrétaire nationale au
Mouvement associatif et
à l’Économie sociale et solidaire.

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