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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


« Sarkozy méprise les agriculteurs » : Martine Aubry

Publié par jean luc sur 28 Février 2010, 09:57am

Catégories : #Régionales 2010

martine aubry2Deux semaines avant le premier tour des régionales, , la première secrétaire du , prévoit toujours la victoire de son camp, mais craint un durcissement de la politique du gouvernement.

A quinze jours du premier tour des régionales, voyez-vous toujours une France entièrement rose au terme de ce scrutin ?
Martine Aubry.
Je reste sur cette ambition : nous pouvons gagner toutes les régions, et nous le devons, car les Français en ont besoin.

Rien n’est évidemment joué. Il faut continuer notre campagne bien loin des polémiques de la droite, en parlant de pouvoir d’achat, d’emploi, de l’avenir de nos régions…

Le climat de cette campagne ne risque-t-il pas de favoriser l’abstention ?
Ce qui pousse avant tout les électeurs vers l’abstention, c’est l’ampleur de leurs difficultés et l’échec du président de la République, associés au non respect de ses promesses. L’UMP a la volonté délibérée de masquer ses échecs et de faire oublier les vrais enjeux de cette élection. Nicolas Sarkozy a intérêt à une forte abstention, car il sait que son bilan catastrophique va être sanctionné dans les urnes.

Pourtant, c’est Vincent Peillon qui exhume le passé de Patrick Devedjian et d’Alain Madelin…
Je comprends que Vincent ait voulu soutenir Ali Soumaré (NDLR : tête de liste du PS dans le Val-d’Oise accusé à tort par certains responsables de la droite locale d’être un « délinquant multirécidiviste »), mais je regrette ces polémiques. Des erreurs de jeunesse, beaucoup en ont fait. Dans une république, on ne marque pas au fer rouge ceux qui ont commis un délit, ont été sanctionnés par la justice et ont réparé. Parlons des vrais sujets qui intéressent les Français et sont à la hauteur de l’enjeu des régionales.

Nicolas Sarkozy a promis une baisse du chômage, François Fillon estime au contraire qu’il va encore grimper : qui faut-il croire ?
Il suffit d’analyser la réalité. Depuis un an, nous répétons que le plan de sortie de crise est insuffisant et ne relance pas le pouvoir d’achat et la consommation. Tous les experts disent la même chose : si le pouvoir d’achat n’augmente pas rapidement, la France risque la rechute. C’est exactement ce qui se passe. Au lieu de distribuer du pouvoir d’achat, avec par exemple le versement d’un chèque de 200 € de TVA à 16 millions de ménages moyens ou populaires, ainsi qu’un allongement des durées d’indemnisation de chômage pour éviter les fins de droits et une revalorisation des petites retraites, Nicolas Sarkozy a préféré maintenir des cadeaux fiscaux aux plus aisés. Donc, oui, malheureusement, le chômage augmente et va continuer d’augmenter.

Craignez-vous, à l’issue de ces élections, un durcissement de la politique du gouvernement ?
Oui. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy tient un discours lisse visant à endormir les Français. Mais après les élections, gare au coup de bambou ! On va voir ressurgir la taxe carbone qui pèsera uniquement sur les ménages, le déremboursement des médicaments et l’augmentation du gaz… Sans compter les retraites : j’entends cette petite musique douce, dialogue, concertation… Mais c’est bien l’augmentation des cotisations et l’allongement de la durée de cotisations qui se préparent. Face à ce nouveau tour de vis social, les Français ont besoin de deux choses. La première, voter pour des régions qui les protègent et qui, en même temps, préparent l’avenir en matière de formation, d’économie, d’emploi… La seconde, c’est dire stop à la politique de Nicolas Sarkozy. C’est ce que défendent nos candidats pour les élections régionales.

Le chef de l’Etat a-t-il commis une erreur en n’inaugurant pas le Salon de l’agriculture ?
C’est une dérobade qui montre son mépris des agriculteurs. Il ne veut pas les affronter, eux qui souffrent du système libéral qu’il a toujours défendu. J’étais hier à Brest à la rencontre des producteurs de lait. J’irai mercredi au Salon de l’agriculture. S’il y a un domaine où l’Etat doit jouer son rôle de régulateur, c’est bien celui-là.

Les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque s’inquiètent de l’avenir de leur site et poursuivent leur grève…
Ils ont l’impression d’être les dindons de la farce. Cela fait des mois qu’ils ont des doutes sur cette fermeture, et Total qui a fait 14 milliards de bénéfice en 2008 et 8,5 milliards en 2009 les laisse dans l’expectative. Il y a un vrai mépris, alors qu’à l’évidence la décision de fermeture a été prise. Total a ouvert des pistes de reclassement qui ne sont pas à la hauteur. Nous souhaitons une loi pour que les entreprises faisant des bénéfices et fermant un établissement en difficultés économiques proposent un plan social à la hauteur. C’est-à-dire qu’elles recréent autant d’emplois qu’elles en ont supprimés et ne se contentent pas de donner des chèques aux salariés.

Vous irez soutenir Hélène Mandroux, tête de liste du PS en Languedoc-Roussillon face à Georges Frêche…
J’irai effectivement la soutenir. Notre combat n’est pas dirigé contre Georges Frêche, mais pour battre la droite qui n’a jamais hésité là-bas à faire alliance avec l’extrême droite. Mais, pour la battre, il faut quelqu’un qui porte les valeurs de la gauche et qui tienne son langage. C’est le cas d’Hélène, ce n’est plus le cas de Georges Frêche. Je sais ce qu’il a apporté à sa région. Mais, aujourd’hui, son mode de gouvernance, ses propos sont incompatibles avec nos valeurs.

Des dizaines d’exclusions du PS en Languedoc-Roussillon, cela ne fait pas un peu désordre ?
Pendant des mois et des mois, on nous a reproché le désordre du PS et l’incapacité à faire respecter nos règles. Nous appliquons aujourd’hui nos statuts. Ces camarades se sont mis d’eux-mêmes en dehors de notre parti. Les Verts et le MoDem en ont fait de même récemment.

Dans certaines régions, des candidats d’Europe Ecologie évoquent la possibilité de se maintenir au second tour. Cela vous inquiète-t-il ?
Non, ce sont de petites phrases, mais je ne sens pas de tension particulière. Que certains fassent un peu monter la sauce à quinze jours du scrutin, ce n’est pas grave. On a fait de grandes choses avec les Verts dans les régions, je suis convaincue qu’on en fera d’autres demain et qu’il n’y aura pas de problème de rassemblement.

Dans une biographie qui reparaît cette semaine*, Ségolène Royal prétend que vous « consultez le même conseiller que Nicolas Sarkozy », Alain Minc. C’est vrai ?
Alain Minc et moi nous avons fait nos études ensemble (NDLR : à l’ENA). Nous avons gardé des liens d’amitié. C’est dans ce cadre que je le vois, et non pour le consulter ! Mais, au-delà, quand on veut gouverner la France, et nous voulons tous le faire, il faut parler avec tout le monde et pas seulement avec ceux qui parlent comme nous. Mais je n’ai pas envie de répondre aux petites phrases. Ce que je vois, c’est que Ségolène Royal fait une très belle campagne en Poitou-Charentes. Et moi, mon rôle, inlassablement, c’est de rassembler les socialistes.


PROPOS RECUEILLIS PAR ÉRIC HACQUEMAND ET ROSALIE LUCAS pour

Le Parisien
http://www.leparisien.fr/politique/actualites-informations-videos-politique

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