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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog de la fédération de l'Aisne du Parti socialiste


Manip' pour tous: retour sur un sale weekend

Publié par jean luc sur 25 Mars 2013, 09:33am

Catégories : #Politique

Curieux weekend qui a vu un futur candidat et un ancien président tomber tour à tour dans les pièges de l'outrance.

Sarkozy, victime de Sarkozy
L'actualité du dimanche était encore judiciaire. La mise en examen de Nicolas Sarkozy n'en finit pas de secouer l'ancien clan sarkozyste. On joue les pleureuses, les victimes, les outrances.

La défense de l'ancien mentor est classique et tous ses sbires s'y donnent à coeur joie: le juge n'est pas impartial, c'est une manoeuvre politique.

1. A lire les différents comptes-rendus d'audition publiés par la presse (Le Monde, le Parisien), les accusations du juge Gentil sont sérieuses: Sarkozy aurait menti sur ses rencontres avec Mme Bettencourt. Car Nicolas Sarkozy s'est en fait retrouvé confronté à tout le personnel de maison de la famille Bettencourt de cette brillante époque. Le juge lui avait interdit de s'adresser aux témoins, de bien petites personnes comparées à notre ancien Très Grand Homme.

2. Dans les colonnes du JDD, l'avocat de Sarkozy a résumé la démarche du clan: "Si l'on rapproche ces faits de la tribune politique qu'a signée le juge Gentil contre Nicolas Sarkozy quatre jours avant la perquisition à son domicile, on peut se poser au minimum la question de l'impartialité de ce magistrat." Les avocats défendent leurs clients, sa démarche est normale. Mais les outrances de quelques autres (sur lesquelles nous reviendrons) sont plus troublantes en ce qu'elles remettent en cause la République elle-même.

Attaquer l'impartialité d'un juge est un vieux procès si courant en Sarkofrance.

Un autre sarkozyste, François Pérol, a vu son domicile perquisitionner. La justice enquête  sur une éventuelle prise illégale d'intérêt. L'information n'est sortie que ce weekend, une autre "Mediapartie". La perquisition aurait eu lieu il y a trois semaines.


Mélenchon contre Melenchon
L'actualité du weekend était aussi politique. Le Parti de Gauche tenait Congrès. Un long discours de Mélenchon dimanche matin termina les travaux. Mais samedi, sacrilège, l'homme et ses proches voulaient frapper les esprits de leurs anciens camarades socialistes. François Delapierre traita Pierre Moscovici de salopard.

En terme tactique, cela s'appelle provoquer le rapport de force. Il s'agit d'inciter l'autre - ici, le camp Hollande - à bouger sous la menace des hurlements ou, à défaut, convaincre l'électorat le plus hostile et le plus déçu de la force de notre détermination.

D'aucuns trouveront pourtant que la démesure de la démarche est inversement proportionnelle à la faiblesse politique du mouvement. Car c'est bien de cela dont il s'agit. Le gouvernement Hollande est sacrément impopulaire, mais les signes que le Front de Gauche, dont le PG est l'une des composantes essentielles, n'en profite pas vraiment. Pire, pour les prochaines municipales, le PG et le PC ne sont pas d'accord sur la conduite à tenir contre le PS.

Ces cogitations du microcosme cachent l'essentiel. Faut-il hurler à la guillotine et céder à l'injure pour convaincre d'un rassemblement nécessaire ?

Ses proches et supporteurs plaident que oui, au nom de la rage et de la douleur sociales. Nous plaidons que non, mille fois non; la démarche, encore une fois, nous paraît plus contre-productive qu'autre chose. Jean-Luc Mélenchon ne pourra élargir sa base en procédant de la sorte. Il ne s'agit que d'efficacité politique. 

Dimanche matin, le ministre Moscovici, salement attaqué dans cette séquence, eut des propos évidemment modérés: "Il faut faire attention à ce qu'on dit (...). M. Mélenchon, il est en train par détestation de la social-démocratie, par détestation du parti socialiste de franchir certaines bornes. Il y a des choses auxquelles on ne touche pas."

Et Mélenchon, interrogé quelques instants plus tard, joua aussi semble-t-il l'apaisement temporaire.

La manifestation de trop
Les opposants au mariage pour tous ont voulu défiler dimanche. Là aussi, la victimisation était encore de mise. Le rassemblement n'aurait pas attiré autant de monde que la fois précédente d'après la police. La loi a été votée en première lecture. Mais qu'importe. Mais surtout, ils sont rapidement allés se frotter aux CRS sur les Champs Elysées, zone interdite de rassemblement comme à chaque fois.

Ces gens voulaient-ils que la République laïque abdique devant quelques milliers de manifestants ? "Nous voulons faire barrage " expliqua Christian Jacob (UMP).

Dimanche, quelques-uns de ces récalcitrants tentèrent donc de forcer les barrages policiers - enfants devant, adultes derrière. La belle affaire ! Christine Boutin fut filmée évanouie. Il se trouva Laurent Wauquiez, ancien ministre si ignorant de la chose protestataire, pour accuser le gouvernement d'avoir tiré sur des enfants à coups de gaz lacrymogènes...

"il est inacceptable d'envoyer des gaz contre des enfants. Vous avez l'impression que c'est des casseurs, des gens violents? C'est le reflet de la violence avec laquelle le gouvernement a traité ce mouvement, la préfecture de police doit être sanctionnée."

Mon dieu... où étions-nous ?

Il y avait aussi cette législative partielle dans l'Oise. Le hiérarque Jean-François Mancel, notable local, l'emporte de justesse contre son rival de second tour... un candidat du Front national.

Coup de tonnerre ?



Ami  sarkozyste, reviens.

 

 

 

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