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Ebuzzing - Top des blogs - Politique

2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 10:54

region1.jpgMonsieur le Préfet,
Messieurs les Parlementaires,
Messieurs les Présidents de Conseils Généraux,
Mesdames et Messieurs les Maires et Présidents de structures intercommunales,
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social,

 

 

Cher(es) Collègues,

 

Au moment où je reprends place à cette tribune, j’ai conscience de la responsabilité qui m’a été confiée, de l’espoir qu’elle représente pour des centaines de milliers de Picards qui se sont rassemblés autour de valeurs et d’un projet partagé.

 

J’ai aussi à l’esprit ces femmes et ces hommes que j’ai rencontrés dans toute la Picardie, dans les gares, les usines, à l’université, sur les marchés. J’ai pu mesurer leurs inquiétudes, leurs attentes, leur volonté aussi de changer un monde qui exclut, de refuser une logique financière qui détruit l’humain. Ce sont eux qui m’ont donné l’énergie pour conduire ce combat de la Gauche rassemblée et des Ecologistes.

 

Mais rien n’aurait été possible sans ces citoyens engagés que sont les militants de nos formations politiques. Depuis des mois, Socialistes, Communistes, Verts, Radicaux, Républicains ont mis toute leur énergie pour faire partager leurs convictions.

 

Cet engagement citoyen et militant de la Gauche rassemblée et des Ecologistes, mais aussi des autres forces en présence, est le sel de la démocratie, je veux ici lui rendre hommage.

 

Les résultats du 21 mars nous incitent à continuer sur la voie empruntée depuis 2004 de redressement de notre région, de solidarité sociale et territoriale, et de préparation d’un autre avenir.

 

Nous avons ensemble à relever quatre défis : celui de l’emploi, celui de la réussite éducative, celui de la qualité de vie sur nos territoires, celui d’une grande ambition pour la Picardie au cœur du nord-ouest européen.

 

L’emploi demeure notre première préoccupation. En Picardie, on n’a jamais opposé activités nouvelles et activités traditionnelles, emploi et respect de l’environnement, solidarité et innovation.

 

C’est une nouvelle logique de développement à laquelle nous voulons contribuer, pour à la fois favoriser la mutation de notre industrie et de notre agriculture, et impulser l’émergence de nouveaux métiers.

 

Depuis longtemps, l’éco développement est notre feuille de route. Il est au cœur du Schéma régional de développement économique. La crise dans toutes ses dimensions lui donne aujourd’hui une exigence particulière. 

 

Nous étions bien peu nombreux en 2004 à insister sur l’impératif industriel. Aujourd’hui tout le monde ou presque s’accorde à dire qu’il ne peut y avoir de puissance économique sans industrie. Résister au déclin industriel pour pouvoir mobiliser les savoirs faire au service de nouveaux produits et procédés, tel est le sens de notre engagement.

 

Nous continuerons à le faire aux côtés des salariés, en même temps que nous continuerons à nous mobiliser pour favoriser l’innovation. Nous pouvons le faire aujourd’hui en nous appuyant sur la dynamique des pôles de compétitivité, sur nos systèmes productifs locaux, sur nos centres de transfert et sur nos laboratoires.

 

L’innovation dont il s’agit est à la fois technique, mais elle est aussi sociale. Elle concerne les produits mais aussi les usages. La Picardie a de ce point de vue des atouts pour devenir un laboratoire des déplacements du futur.

 

Pour le train bien sûr avec de nouvelles formes d’intermodalité. Pour l’automobile aussi, que l’on doit concevoir différemment.


Je pense en particulier au covoiturage, aux véhicules en libre service près des gares, aux moteurs électriques et aux piles qui s’inventent ici en Picardie.

 

Nous nous sommes dans tous ces domaines engagés dans des beaux projets avec de grands partenaires industriels. Je pense à CADEMCE pour les réseaux ferroviaires, à STIVE pour les batteries, aux travaux de l’UTC sur l’intermodalité.

 

Il y a aussi le rendez-vous de la nouvelle chimie, respectueuse de la santé, de l’environnement et des territoires. C’est un vrai moteur pour favoriser le maintien et la mutation de l’industrie existante, avec de nouveaux produits et procédés.


C’est aussi le moyen d’attirer de nouvelles filières dans notre Région, qu’il s’agisse d’énergies renouvelables, de cosmétiques, de pharmacie. Le mouvement est déjà engagé. Je veux le renforcer en particulier avec la création d’un pôle de compétitivité pharmacie - cosmétique.

 

De la même manière, la construction et la réhabilitation de logements est un immense chantier, un vrai gisement d’emplois.


Nous avons commencé à y travailler en mettant en place un centre de transfert pour inventer les matériaux durables du futur. Des activités s’implantent dans ce domaine en Picardie.


La crise que nous vivons,  je l’ai souvent dit,  n’est pas un accident. C’est bien l’épuisement d’un vieux monde et l’appel à en inventer un nouveau.


C’est l’occasion de remettre du sens, des valeurs, tout simplement de l’humain dans l’économie.


Cela suppose des avancées dans la démocratie économique, dans les entreprises bien sûr, mais aussi l’émergence du consommateur citoyen.

 

Le comportement des consommateurs est la meilleure arme dont nous disposions pour faire changer en profondeur le modèle économique.


Je veux que la Région s’implique pour contribuer à mieux les sensibiliser et les informer. Je pense aussi bien au respect des salariés qu’à la qualité des produits.


Il s’agit en particulier de la santé. L’incident sur les sièges importés de Chine montre à quel point ce n’est pas une abstraction.


Derrière cet exemple, il y a plus fondamentalement la composition des matériaux, l’alimentation, les pollutions de toutes sortes, en particulier dans la vie domestique.


C’est une des dimensions que nous avons voulu donner au pôle Industrie et Agro Ressources.


C’est le sens de notre implication dans la plate-forme nationale éco-toxicologie.


C’est le sens des recherches que nous avons initié depuis 6 ans et que nous voulons maintenant partager avec l’ensemble de la population.


Là encore je veux faire de la Picardie une région pilote dans ce domaine.

 

Parlant d’un nouveau développement, je parle aussi forcément de formation. Pour construire un autre avenir nous avons besoin plus que jamais de femmes et d’hommes bien formés, citoyens et ouverts au monde.


C’est la belle mission de l’École de la République que nous voulons accompagner en exerçant pleinement notre compétence sur les lycées, mais aussi en faisant de la réussite éducative une priorité de toutes nos politiques.


Avec la culture bien sûr, qui n’est pas un supplément d’âme, mais bien un moyen privilégié pour s’exprimer individuellement et collectivement, pour mieux comprendre les autres. C’est une des conditions de la démocratie et du vivre ensemble.


Le sport est aussi l’occasion de partager des émotions, de vivre des expériences communes, de rapprocher. Le sport pour tous est une des dimensions de la réussite éducative.


Sport, culture, accompagnement scolaire, les associations et les clubs sont un des moyens privilégiés de mobiliser nos concitoyens pour cette belle cause qu’est la réussite de leurs enfants.


C’est la plus belle liberté que nous pouvons donner à la jeunesse que celle de maîtriser son destin, par une éducation solide.


Nous voulons aussi encore plus nous mobiliser pour lutter contre toutes les discriminations,  et faciliter l’accès des jeunes à un stage et à un premier emploi.


Nous en ferons d’ailleurs une des conditions de notre dialogue avec les entreprises, comme une des priorités de toutes nos politiques publiques.


Je veux faire de la Picardie une Région exemplaire en matière d’égalité des chances.

 

Qu’il s’agisse d’emploi, d’éducation ou de formation tout au long de la vie, nous avons besoin d’être encore plus proche des territoires si nous voulons apporter des réponses concrètes et construire d’autres logiques de développement.


C’est dans et pour la vie quotidienne qu’on peut vraiment changer les choses.

 

C’est au niveau des bassins de vie, des quartiers et des communes que l’on doit agir pour un habitat de qualité et économe en énergie, pour d’autres formes de déplacements, pour les services publics et privés à la population, pour la santé, pour le développement et la création d’activités non délocalisables.

 

Nous engagerons une démarche participative visant à faire un point complet sur les initiatives et les besoins en région en matière de nouveaux métiers et de l’économie verte, qui sera conclue par des assises régionales.

 

Plus généralement, les métiers du commerce, de l’agriculture, du tourisme, de l’artisanat, des services à la personne et des loisirs sont d’authentiques viviers  d’emplois que nous voulons favoriser par nos politiques de développement intégré.

 

L’exemple de Montdidier nous le montre, c’est aussi par la mobilisation des acteurs locaux que l’on peut innover dans la maîtrise de l’énergie.


Nos territoires sont un tout que nous voulons aborder globalement au plus près des gens.

 

Il n’y a pas d’un côté la politique agricole, de l’autre la création de zones d’activités, d’un côté l’emploi, de l’autre la formation, d’un côté l’habitat de l’autre l’énergie, d’un côté des espaces naturels à préserver, de l’autre des pratiques de loisirs.


Nous avons besoin d’aborder toutes ces questions ensemble, avec toutes celles et ceux qui sont concernés. C’est ça la territorialisation des politiques régionales.

 

Ce souci de la proximité et du quotidien n’est pas incompatible, loin de là, avec une grande ambition pour la Picardie.


C’est tout le sens du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire, qui constitue une vraie réponse au schéma archaïque du gouvernement, qui veut réduire la France à Paris et à une dizaine de métropoles d’équilibre.

C’est une réponse au projet de Grand Paris, qui menace l’unité territoriale de la Picardie et dont la quasi unanimité des Présidents de Région demandent le retrait.


En Picardie, nous voulons faire de la ville autrement, dans le respect de la qualité de vie et de l’environnement.


C’est notre grande ambition d’une métropolisation qui s’appuie sur nos villes et leurs territoires, et qui respecte la diversité urbaine et rurale qui fait la richesse de la Picardie.


Pour renforcer nos villes moyennes, développer nos quartiers de gares, promouvoir nos réseaux d’excellence en matière scientifique, culturelle, faire de nos zones d’activités des éco systèmes industriels.


Voilà comment nous voulons montrer qu’on peut à la fois être forts, ouverts et innovants sans pour autant tomber dans le travers de la concentration urbaine et du saccage de l’environnement.


Et puis surtout nous voulons rassembler les Picards sur de grandes ambitions collectives, valoriser les atouts de notre Région, sa façade littorale, ses vallées, ses forêts, le talent des femmes et des hommes qui chaque jour travaillent pour des produits qui sont vendus dans le monde entier.



Nous voulons ouvrir la Picardie au réseau européen des TGV, avec ce beau projet Picardie Roissy qui enfin amène le TGV pas seulement à Amiens, mais aussi à Saint Quentin mais aussi à Abbeville et demain à Beauvais.

 

La Picardie a commencé à redresser la tête. Il nous appartient maintenant de donner plus de forces aux dynamiques engagées. C’est tout l’enjeu des années qui viennent.

 

Mais pour conclure mon discours, je veux m’adresser de façon solennelle au Gouvernement.

 

Pour être au rendez-vous de la nouvelle croissance, la France a besoin plus que jamais de ses Régions. Des Régions qui se mobilisent, innovent, investissent pour l’avenir. Des Régions qui dans bien des domaines ont précédé l’État, mais qui aujourd’hui sont menacées par une contre-réforme fiscale et territoriale, qui a pour seul objectif de les étouffer, en leur retirant progressivement tous leurs moyens et en les dénaturant.

 

Je demande au Gouvernement de retirer son projet dont l’ultime finalité sera d’empêcher les exécutifs régionaux, à peine élus, de mettre en œuvre leurs programmes. Maintenir ces textes élaborés à la hussarde sans aucune véritable concertation serait un déni de démocratie.

 

J’en fais aujourd’hui la demande solennelle en même temps que mes collègues nouvellement élus, et avec eux je veux dire au gouvernement que nous sommes prêts à nous battre sur tous les fronts.

 

Nous ne laisserons pas une réforme partisane et inique confisquer par la loi aux électeurs ce qu’ils ont exprimé par les urnes.

 

Si le gouvernement persiste dans sa volonté et son erreur, je me réserve la possibilité de dénoncer tous les accords qui nous lient à lui, au-dehors et dans le contrat de projet.

 

Nous ne pourrions en effet continuer à apporter notre concours à des projets qui relèvent de la compétence de l’État au détriment des projets que nous partageons avec les acteurs régionaux.

 

En nous retirant toute recette dynamique, en modifiant la nature de notre Assemblée, en particulier dans ses rapports avec les départements avec les conseillers territoriaux, le gouvernement change fondamentalement les règles du jeu.

 

Au moment où nous avons signé le Contrat de projets comme d’autres engagements avec l’État, nous avions les moyens de décider de nos investissements et de nos politiques.

 

Aujourd’hui nous sommes dépossédés de ces moyens. Il y a rupture du contrat, rupture unilatérale.

 

Si la réforme n’est pas retirée, nous réviserons totalement nos priorités à l’occasion des prochaines négociations à mi-parcours.

 

Cette position prend d’autant plus de forces ici en Picardie que le Conseil régional, quelles que soient ses majorités, et quel que soit le Gouvernement, a toujours entretenu des relations exemplaires et républicaines avec l’État.

 

Mais aujourd’hui, c’est de l’existence même des Régions dont il s’agit.

 

Il est de mon devoir comme Président du Conseil régional de résister par tous les moyens.

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Published by jean luc - dans Régionales 2010
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