Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

J’ai le plaisir de saluer les élus présents, mes collègues du conseil général, les responsables associatifs et beaucoup de personnes avec qui j’ai l’habitude de travailler dans le cadre de mes mandats.
A toutes et à tous,

Merci de votre présence,
merci de partager ce moment de convivialité à l’occasion de la nouvelle année. Je souhaite que 2009 soit pour vous riche en succès et en moments heureux. Dans votre vie personnelle, mais aussi dans notre vie collective, de militants, d’élus, de citoyens engagés. 

Cette année 2009 ne s’annonce pas forcément sous les meilleurs auspices. Impossible en effet de passer sous le silence nos inquiétudes, nos craintes. Nous vivons une période difficile.

Difficile car le monde est toujours plein de bruit et de fureur. En ce moment même, une immense catastrophe humaine se déroule au Proche orient. C’est un feuilleton sanglant qui n’en finit jamais. Le conflit perpétuel qui fait dire aux résignés qu ' « il en sera toujours ainsi ».

D’un côté, le Hamas, fer de lance de la révolution islamiste, qui n’a pas attendu une heure avant la fin de la trêve pour envoyer des roquettes sur l’ennemi sioniste. De l’autre, le gouvernement israélien qui a profité de la vacance du pouvoir américain pour se lancer dans une opération aussi sanglante que vaine.

Les morts palestiniens se comptent par centaines, la situation humanitaire à Gaza est effroyable. Et l’opération militaire n’aura finalement abouti qu’à une double radicalisation : l’autorité palestinienne se voit contrainte de soutenir le  Hamas, pourtant son ennemi juré. Les partis politiques et les citoyens israéliens se rangent derrière les partisans de la violence (il n’y a qu’à lire les déclarations des travaillistes pour prendre conscience du désastre).

Difficile de ne pas être inquiet pour notre monde. Le paradoxe, c’est que 2009 s’ouvre sur un immense espoir, né de l’élection de Barak Obama. Obama savait que son élection constituerait, en soi, une petite révolution. Mais il n’avait vraisemblablement pas prévu un tel retentissement planétaire. C’est que le contexte dans laquelle elle intervient est particulier. Le système économique prend l’eau de toutes parts, la crise sociale menace, le terrorisme prospère.

Si Obama suscite tant d’espoirs et d’intérêt, ce n’est pas seulement parce qu’il est noir, jeune et démocrate. C’est aussi parce qu’il a promis de « changer l’Amérique » et de restaurer son image dans le monde. C’est ambitieux. Reste que tout (son histoire personnelle, son choix partisan, sa campagne, ses écrits, ses engagements antérieurs) laisse à croire que sa présidence marquera une rupture profonde avec la politique de Bush. Cela ne serait déjà pas si mal.

Il serait évidemment absurde d’accuser les Etat Unis d’être à l’origine de tous ces maux. Mais la « superpuissance » a d’indéniables responsabilités. La guerre en Irak a exacerbé frustrations et colères dans les pays musulmans et a fourni un formidable prétexte aux terroristes. Le fonctionnement du capitalisme américain (endettement colossal et déflation salariale) a précipité l’économie mondiale dans la crise.

Car cette crise qui a secoué les places financières mondiales n’a pas seulement, hélas,  ruiné quelques spéculateurs irresponsables. Elle s’est propagée à la sphère économique, elle menace de se transformer aujourd’hui en crise sociale. Licenciements, délocalisations, chômage partiel : aucun pays, aucune région, n’est épargné par l’onde de choc. En Picardie, nous le savons mieux que quiconque.

Ce que nous savons aussi, nous, saint quentinois, c’est que le gouvernement profite de cette situation de crise pour démanteler un peu plus notre modèle social. La droite a rajouté la crise à la crise, et Monsieur Xavier Bertrand a joué le rôle du soldat zélé au service du sarkozysme. Retraite à 70 ans, remise en cause des 35 heures, casse du code du travail : dès qu’il y a un mauvais coup social, Xavier Bertrand n’est pas loin.

Premier de la classe Sarko,  selon les medias souvent complaisants, Bertrand va se retrouver à la tête de  l’UMP.
Plus qu’hier, il va devoir assumer une politique profondément inégalitaire et profondément inefficace. Une politique qui menace l’hôpital public et l’éducation nationale. Une politique qui met à mal notre système de sécurité sociale. Une politique qui multiplie les privatisations et les attaques contre le service public. Une politique qui vise à remettre en cause l’indépendance de la justice, l’existence de l’audiovisuel public, et même à limiter le droit d’amendement des parlementaires.

Xavier Bertrand est désormais le porte parole officiel de cette politique. Inutile de dire que nous serons ses premiers contradicteurs, ses premiers opposants.

(Cela commence, ici, à Saint Quentin, et j’en profite pour saluer mes camarades qui siègent au conseil municipal et qui ont mené un beau combat en mars dernier)


2009 sera aussi une année électorale. En juin, nos voterons pour désigner nos députés européens. Je suis bien placée pour savoir que c’est un mandat passionnant…et utile.

Passionnant, car le parlement européen est un lieu de débat et de décision essentiel : nul n’ignore qu’une partie de notre vie quotidienne se décide désormais à Bruxelles, puisque 70 % des lois françaises sont d’origine communautaire.

Utile, car, pourvu que l’on soit tenace et bosseur, on parvient à influer sur les politiques menées, on infléchit certaines orientations dans un sens conforme à nos valeurs.



Il est sûr que nos valeurs de gauche sont parfois malmenées par la majorité de droite au Parlement, et aussi par la Commission dirigée par le très libéral Barroso.

En 2008, que de sujets importants débattus au sein de cet hémicycle avec des sorts plus ou moins heureux.
j’ai eu l’occasion de faire part de mes inquiétudes relatives à certains événements, à certains débats. 

Et plus récemment sur  plusieurs grands dossiers législatifs, tels que le temps de travail ou l’harmonisation des législations nationales en matière de retour des immigrés illégaux, appelée directive « retour ».

Ce texte qui vise à fixer des règles communes en matière de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière a suscité de nombreuses réactions tant parmi les élus de gauche qu’au sein de la société civile et a été requalifiée « directive de la honte ». Je sais que plusieurs d’entre vous sont bien au courant de ce texte et qu’ils déplorent son existence autant que moi.
Le texte sur le temps de travail, autre dossier important,
La France avait jusqu’à présent toujours bloqué l’adoption de ce texte au conseil des ministres. En 2008, elle a permis de faire passer ce texte, ainsi  la majorité des gouvernements européens souhaitait pouvoir généraliser la possibilité de semaines de 65 heures de travail, tout en assouplissant le principe du repos compensateur. Ce projet a heureusement rejeté par le parlement européen.


Autre dossier important, celui du changement climatique avec un paquet-climat composé de 6 directives. Les objectifs de départ sont certes maintenus: réduire de 20% les émissions de co2 par rapport à 1990, 20% d’énergie renouvelable dans la consommation totale d’énergie, améliorer de 20% l’efficacité énergétique.
Mais le compromis obtenu dans l’urgence et sous la pression de certains états-membres a affaibli le texte initial et l’accord s’est fait au détriment de l’ambition.
Il ne faut pourtant pas hiérarchiser les crises mais faire face simultanément à la crise économique et à la crise écologique pour ne parler que de ces deux-là.

Sur ces dossiers, j’ai toujours eu à cœur de défendre les positions qui me semblaient les plus justes, en restant à l’écoute des syndicats et des associations environnementales avec lesquels j’ai pris l’habitude de travailler….

Cette année, je suis de nouveaux dossiers : les nano-matériaux, ces particules infiniment petites pleines de promesses pour le futur mais dont on ne maitrise pas les conséquences, la santé et les soins transfrontaliers…



Aujourd’hui, il est indéniable que L’Europe a su se positionner comme leader international de la politique environnementale, elle doit dans ce domaine poursuivre ses ambitions
 mais elle a le devoir demain d’être le chef d’orchestre d’une relance économique européenne soucieuse de l’avenir des citoyens européens.
La crise nous rappelle que la puissance publique doit être forte, que ce soit au niveau national ou au niveau européen et je fais le vœu que l’Europe prenne enfin la mesure de l’attente qu’elle génère et qui à défaut d’être satisfaite continuera d’engendrer  la méfiance voire le rejet.

La recherche et l’innovation, les grands travaux d’infrastructure, c’est au niveau européen que cela se joue.

Et que dire de la sécurité dans nos pays et dans le monde ?
L’Ue doit être à l’avant-garde de l’action pour la paix et le développement social et économique durable dans le monde,
Agir solidairement à tous les niveaux, nous savons que c’est la garantie d’un mieux vivre ensemble.


Et vraiment pour 2009, je fais le vœu que nous vivions mieux ensemble
 que celles et ceux qui se trouvent au bord du chemin retrouvent toute leur place dans notre société et puissent en partager les richesses.
A chacune et chacun je souhaite une année agréable et une bonne santé.

Anne Ferreira



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