Le plafonnement du remboursement des transports des personnes handicapées
Avec la nouvelle année, on a appris que les frais de transport des personnes handicapées entre leur domicile et le centre où elles reçoivent des soins seront désormais moins remboursés par suite
de leur intégration dans la prestation de compensation du handicap (PCH).
Ce remboursement est désormais plafonné à 200 euros par mois (il s’agit d’une moyenne). Une misère donc, qui ne tient absolument pas compte des frais réellement supportés par les personnes
concernées.
Ce plafonnement a été mis en œuvre mécaniquement par certaines caisses primaires d’assurance maladie, notamment par celle du département de l’Hérault.
Le gouvernement tergiverse et tente de se dédouaner
La secrétaire d’Etat à la solidarité, l’évanescente Valérie Létard, s’est dite
préoccupée par ce plafonnement qu’elle a essayé de présenter comme une initiative contraire aux instructions constantes du gouvernement. Elle a assuré avoir demandé à l’assurance maladie de
continuer à intervenir. Ben voyons !
Le gouvernement tente de se dédouaner de la mesure, en indiquant qu’elle était prévue dans un décret paru en février 2007, donc antérieur à l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. La belle
affaire ! Nicolas Sarkozy était à l’époque ministre d’Etat et numéro 2 du gouvernement Villepin. Il cautionnait la mesure en 2007. Il la cautionne toujours en 2009.
Il existe des précédents
Le plafonnement dénoncé participe d’une tendance générale qui vise à rembourser de moins en moins les assurés.
On rappellera simplement que le 26 juin 2008, la direction de l’Assurance Maladie avait présenté son plan de maîtrise
des dépenses pour 2009, aux termes duquel a été notamment prévue la baisse du remboursement de certains médicaments dits « de confort » pris en charge à 100% pour les patients en affection longue
durée (ALD) et qui ne seront désormais remboursés qu’à 35%.
Rappelons également l’instauration des franchises médicales dont le principe est le suivant : une retenue de 50 centimes
d’euros sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte infirmier ou de kinésithérapie, sur chaque prise de sang, et une retenue de 2 euros sur chaque transport sanitaire à concurrence de 50
euros par an.
Au nom de la « responsabilisation du patient » et du « sauvetage de l’assurance maladie », le gouvernement sarkoziste avance méthodiquement sur la voie de la destruction de l’assurance maladie
solidaire héritée du pacte de 1945.
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