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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Sarkozy, roi de l’esbroufe (épisode 2)

Publié par jean luc sur 31 Décembre 2008, 09:30am

Catégories : #Politique



Dans ce deuxième épisode du « roi de l’esbroufe », nous allons revenir sur d’autres reculs et échecs du gesticulateur présidentiel. C’est d’ailleurs le 400ème billet du blog !


Atteinte au droit de grève maquillée sous les oripeaux de la continuité du service public


« Désormais en France, chaque fois qu’il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit. » Ainsi plastronnait Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa devant une assemblée toute acquise à sa cause (c’est son habitude). Avec lui, c’est clair, on allait voir ce qu’on allait voir. Et on a vu. Un écran de fumée. Pour répondre à l’embarras des familles les jours de grève, Sarkozy a tenté de porter atteinte au droit de grève sous le fallacieux prétexte du principe de continuité du service public (lequel existe déjà). Croyant sans doute en retirer des dividendes électoraux, il impose le 20 août, dans la précipitation et l’absence de concertation avec les communes et les personnels, un droit d’accueil des élèves à partir de 25% d’enseignants grévistes dans les écoles primaires.


Echec retentissant et pas uniquement à cause de ces «salauds de grévistes» qui, naturellement, y ont vu une atteinte caractérisée au droit de grève pourtant protégé par le préambule de la Constitution. En effet, malgré les poursuites engagées par l’Etat devant les tribunaux administratif (le sarkozisme contrarié est procédurier), de très nombreux maires s’y sont opposés, faute de disposer de personnels suffisamment qualifiés dans leurs communes pour pouvoir accueillir les jeunes élèves. Ce qui est généralement le cas des plus petites d’entre elles. Les maires ont également fait valoir les problèmes inextricables de responsabilité civile et pénale en cas d’accidents. Bref, ils ont mis en évidence la démagogie d’un texte juridiquement vide et dont le seul intérêt consiste à bien se faire voir des Français sur le dos des élus locaux et des travailleurs en lutte.


Le résultat s’est donc avéré contreproductif. Fillon, qui n’a jamais pu maîtriser l’omniprésence de Sarkozy, s’est fait copieusement sifflé lors du 91ème congrès des maires de France. Sarkozy, également invité à s’exprimer devant les édiles, a été contraint de reculer et d’évoquer un assouplissement de la loi. Dans le même temps, les actions engagées par l’Etat devant les tribunaux administratifs contre les communes récalcitrantes ont été abandonnées. La fanfaronnade s’est donc piteusement achevée.


Darcos baisse casaque sur l’ordre de Sarkozy


Xavier Darcos avait pourtant prévenu les lycéens et les enseignants. Il ne serait pas le ministre de l’hésitation nationale (sic !). Sa réforme du lycée allait donc être adoptée malgré la pression de la rue. On allait voir ce qu’on allait voir. Et, une fois de plus, on a vu le même écran de fumée que pour le droit d’accueil des élèves. Convaincu que l’entêtement du ministre allait radicaliser davantage le mouvement social dans un contexte de récession économique généralisée, le Leader Minimo a contraint Darcos à avaler son chapeau et à se ridiculiser devant la France entière.


La réforme a été alors retirée sine die. En d’autres temps, quand les hommes politiques avaient un peu d’élégance et d’honneur, Darcos eût démissionné. Mais éjecté de la mairie de Périgueux en mars 2008, ce dernier a besoin de s’accrocher à son portefeuille ministériel pour pouvoir continuer à exister politiquement. Il est donc resté en place, même s’il n’est désormais plus crédible. Ah si ! L’intéressé s’est quand même auto-qualifié de ministre de l’explication nationale…


Pendant ce temps, malgré l’opposition du Sénat (pourtant majoritairement à droite), Sarkozy s’entête à vouloir faire passer une loi pour que l’on rembourse la totalité des frais de scolarité des 100.000 enfants inscrits dans les écoles et lycées français à l’étranger indépendamment des revenus des familles. La mesure concerne aussi des lycées privés chics homologués par l’Etat où l’année coûte entre 10.000 et 17.000 €…


Un plan de relance économique critiqué


Sarkozy a fièrement annoncé un plan de relance de 26 milliards d’euros, actuellement en cours de discussion au Parlement. Martine Aubry, en octobre dernier, a bruyamment applaudi le volontarisme du Président et estimé que Sarkozy apportait de bonnes réponses à la crise (sic), alors même qu’une large partie de ces fonds est réservée au soutien d’un système bancaire qui, maintes fois, a fait preuve de son imprudence et de son manque d’anticipation des problèmes. On comprend la sollicitude présidentielle à l’égard des banques. Sarkozy ne préconisait-il pas de généraliser en France le système des subprimes qui a précipité les Etats-Unis et le monde dans la crise ?


Or, rien n’est prévu par exemple pour soutenir les PME, les salaires et notamment les conditions de vie des ménages les plus faibles. La question du pouvoir d’achat, si souvent mise en avant durant les présidentielles en 2007, est complètement escamotée en 2008. Le pognon doit soutenir le pognon.


Or, si Martine Aubry a fait preuve au départ d’une étonnante bienveillance à l’égard du Marquis de La Faillite avant de se déjuger récemment, la ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde, s’est en revanche montrée beaucoup plus mitigée et circonspecte. Vu la conjoncture, elle a estimé que ce plan ne serait de toute façon pas suffisant et qu’il faudrait probablement en préparer un deuxième… L’Elysée a été obligé, dans l’urgence, de désavouer une nouvelle fois la ministre pour ne pas perdre la face.


Le manque d’enthousiasme se ressent partout. Il préfigure déjà les insuffisances de la politique menée par un pouvoir qui est passé, sans coup férir, de l’ultralibéralisme hystérique au discours social-démocrate.


Le travail le dimanche remis en janvier


La cacophonie du gouvernement est complète sur le travail dominical, alors qu’il était présenté comme l’expression d’une liberté et un moyen de relance économique. Sarkozy entend montrer son intransigeance sur le dossier. Pas question pour lui de reculer sur ce démantèlement d’un des plus anciens acquis sociaux.

Or, la remise en cause du repos dominical inquiète fortement jusque les rangs de la majorité. La mesure n’est pas populaire contrairement à ce qu’il ressort de la désinformation ambiante. Les Français demeurent ultra majoritairement attachés au dimanche en famille. Le fait de pouvoir faire du shopping ce jour là, comme c’est le cas sur Les Champs Elysées, ne concerne pas grand monde, hormis les amis de Monsieur Sarkozy.


Sans en référer au Président, l’intendant Fillon a donc remis la discussion en janvier. Après tout, comment ne pas comprendre ce pauvre homme esseulé et obligé de composer avec l’excité du Faubourg Saint-Honoré ? Lui aussi a besoin de se reposer.


L’ouverture du capital de la Poste est gelée


Egalement présentée comme une mesure allant dans le sens de l’histoire du libéralisme triomphant, l’ouverture du capital de La Poste était quasiment acquise. Sarkozy et sa clique s’y croyaient déjà et, là non plus, pas question de la remettre en cause. Or, c’était sans compter la mobilisation des postiers mais aussi des Français qui ont bien perçu le danger (notamment dans les départements ruraux comme la Lozère). La crise financière a fait le reste. Le projet est aujourd’hui gelé, mais le danger subsiste.


L’ORTS fait grincer des dents, y compris à droite


L’ORTS, c’est l’Office de Radio Télévision Sarkoziste. C’est en d’autres termes l’inféodation du service public de l’audiovisuel au pouvoir exécutif par le renforcement de la tutelle de l’Etat (nomination du président de France télévision par Sarkozy en personne) et par l’amputation de ses ressources publicitaires. Bref, c’est la prime donnée à TF1 et à toute la merde audiovisuelle qui, chaque jour, se déverse sur les masses endormies.


Or, cette réforme suscite l’opposition non seulement de la gauche mais également d’une partie de la droite. Lors du vote de la loi à l’Assemblée nationale, une majorité de députés du Nouveau « Centre », dont le président du groupe François Sauvadet, a voté contre. Le débat doit se poursuivre le 6 janvier au Sénat et la Haute assemblée ne semble guère emballée par le dispositif imaginé par les pizzaïolos du sarkozisme déclinant. Il paraît même que trouver une majorité sénatoriale pour l’adoption du texte est de plus en plus improbable.


En effet, la tentation est grande de retoquer le projet de loi, histoire de freiner la mégalomanie de plus en plus envahissante du locataire de l’Elysée. Et ce d’autant plus que Sarkozy a souvent manqué de tact à l’égard des parlementaires de sa majorité. Roger Karoutchi, le ministre des relations avec le Parlement, passe le plus clair de son temps à éteindre les incendies que Sarko allume et que Jean-François Copé se complait à attiser en sous main.


Les procédures judiciaires intentées par Naboléon


Elles sont nombreuses depuis que nous subissons ce Charlot à la tête de l’Etat. Tout ce qui participe d’une atteinte à son image est systématiquement poursuivi avec un bonheur inégal (tee-shirts Sarko, pancartes « Casse-toi pauvre con », publicité Ryanair, poupée vaudoue, etc.).

Le Monarque est procédurier. Il commence d’ailleurs dangereusement à lasser avec ses lubies, notamment les magistrats qui rendent des jugements parfois à la limite du foutage de gueule. Car comment prendre au sérieux un bonhomme qui a instrumentalisé à ce point son image et les moindres faits de sa vie privée ?

Ses récriminations ne peuvent donc que susciter le mépris. La France y gagnerait assurément en sérénité et on ne se sentirait pas du coup obligé de rappeler ses nombreux et consternants errements.

Sarkozy veut faire peur. Mais en réalité, en fonction de l’humeur du jour, il navre ou fait rire.

par
Lozère Socialiste

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