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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Sans papiers: le droit à l'image de la France

Publié par jean luc sur 28 Décembre 2008, 12:24pm

Catégories : #Les Droits de l'Homme

A chaque fois que je lis ce type de lettre de RESF au sujet d'une nouvelle expulsion, il me vient simplement une envie: pleurer.
Je résume l'histoire de ce jeune homme qui vient de faire l'actualité une nouvelle fois dans sa vie. Konstantin est géorgien, il est arrivé en France en 2004 à 17 ans. Il fuyait son pays où son père et sa mère avaient été assassinés sous ses yeux. Il vient d'être expulsé lundi 5 décembre.

Une sourde envie de pleurer est passée - étrangement j'ai repensé, en lisant cette lettre, à un livre de Marcel Pagnol que j'avais lu lorsque j'avais 12 ans. Le château de quelque chose... sans doute.
Chacun des livres de Pagnol avait une suite, je les prenaient donc les uns après les autres comme de petits bonheurs uniques. Ils résonnaient, à mon jeune âge, comme un appel à la joie et à la liberté. Ces livres magnifiaient les sentiments les plus simples comme l'amitié et l'authenticité. Mon imaginaire se berçait du chant des cigales, de la chasse à la bartavelle et des coup de jarnac incompréhensibles auxquels se livraient les adultes entre-eux. Un sentiment diffus de bonheur s'emparait de moi à chaque nouveau livre, et il se prolongeait bien après le tome terminé. De cette lecture assidue que je faisais comme on cache un secret intime, il ne restait que l'amitié entre ces deux jeunes adolescents qui parcouraient la provence au grand dam de leurs parents respectifs. Deux jeunes issus de milieux très différents qui étaient réunis par la beauté de la nature et la joie d'être ensemble.
C'est d'ailleurs en repensant aux souvenirs d'enfance du jeune Pagnol que je remarque que l'enfance que j'ai vécu moi-même dans le Lot-et-Garonne n'est finalement pas si éloignée de celle racontée par l'auteur. Il est vrai que c'était dans les années 70.
La réverie de la lecture se prolongeait souvent et régulièrement. J'ai donc un souvenir particulier des livres de Marcel Pagnol, pourtant un souvenir me reste comme une épine plantée dans le pied. En effet à la fin du dernier tome, Marcel Pagnol racontait que le jeune avec qui il jouait dans les collines chaque été avait disparu lors de la guerre de 14-18. Cela m'avait procuré une grand désarroi, et une incompéhension de cette injustice tout aussi importante. Très certainement aussi importante que le bonheur qui m'avait lié à l'amitié qui était née entre ces deux enfants. 

Je viens de finir cette lettre, après avoir lu les autres, et j'en viens à me demander si je vis bien dans le même pays. Je suis désormais adulte, la roue tourne, je n'ai pas pleuré car j'ai bloqué les émotions qui me terassaient mais l'incompréhension de l'injustice est toujours aussi présente chez moi. Je vieillis, je comprends mieux les ressorts de cette violence là, mais le sentiment d'injustice reste intact en moi. La modernité a profondément changée la vie de chacun d'entre nous; mais finalement nous sommes peut-être plus cruel volontairement maintenant que ne l'étaient nos aïeux involontairement, ou par naïveté, auparavant. Poser cette question revient sans doute a y répondre.

La vulgarité et les inégalités s'étallent devant nos yeux blasés chaque jour davantage. La dernière en date est une poche en carton sur laquelle se déshabille, certainement contre son gré, la femme du président. Le pastiche du m'a-tu-vu est là posé devant nous comme le meilleur symbole de notre société. c'est sans doute l'allégorie la plus représentative de la France d'aujourd'hui.

Par Christophe
pour
http://www.peuples.net/


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