Christine Lagarde s’est accrochée à l’argument technique : avec +0,14% de
croissance, la France n’entre pas en récession. Ouf, l’honneur du gouvernement est sauf !
Ne pas confondre la mention passable et les félicitations…
La voix de Christine Lagarde n’était cependant pas très assurée. Car, si Jean-Michel Aphatie trouve que ce chiffre est une « très bonne nouvelle », il n’est pas fameux.
Comme le rappelait François Fillon face aux lecteurs du Parisien-Aujourd’hui en France mercredi , « parler de récession quand on
n’y est pas, c’est casser inutilement le moral des entreprises, des consommateurs. » Or ce chiffre de +0,14% est lui-même en dessous des prévisions officielles qu’il avançait alors
(+0,2 à 0,5%). Bref, tout ce que ce chiffre sauve, c’est l’argumentaire du gouvernement.
Tout va très bien Mme Lagarde
De fait, la France étant mieux lotie que ses principaux voisins — l'Allemagne et l'Angleterre ont enregistré une chute de 0,5% de leurs PIB sur le même trimestre — pour Christine Lagarde,
le signe est clair : « la politique du gouvernement est en train de produire des effets. » Sous entendu : ce sont les mesures du paquet fiscal (heures sup pour les salariés et aides aux
entreprises) qui maintiennent l’activité dans le pays.
C’est un peu négliger la baisse des prix du pétrole, qui a permis une baisse des
prix qui s’est maintenue en octobre, comme le
précisait l’Insee . Or, le troisième trimestre court de juillet à septembre et ce n’est qu’à la fin de ce mois que la France a commencé à subir les conséquences de la crise, juste avant le
lundi noir du 6 octobre où la Bourse de Paris a accusé la plus forte chute de son histoire (-9,04%). Le gouvernement a donc évité l’embarrassante évocation d’une récession technique. Il n’a plus
qu’à espérer que la croissance au quatrième trimestre se maintiendra au dessus du seuil psychologique de 0.
La « récession » n’est pas passée loin ! Invitée vendredi 14 novembre sur RTL pour annoncer en exclusivité le chiffre de l’Insee pour la croissance au troisième trimestre, Christine Lagarde a livré un chiffre «
étonnant », selon ses propres mots : +0,14 ! « Chacun s’attendait à un chiffre négatif, et chacun se préparait à débattre sur la récession, a rappelé la ministre de l’Economie.
Puisque la récession c’est… techniquement deux trimestres successifs négatifs. » « Techniquement » la croissance n’est pas passée sous 0 une fois de plus (au deuxième trimestre, elle était de -0,2%), donc la France n’est « techniquement » pas en
récession : vive la « technique » !
Sylvain Lapoix dans http://www.marianne2.fr/
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