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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Une crise d’avenir sans précédent

Publié par jean luc sur 22 Octobre 2008, 19:20pm

Catégories : #Politique

À l’heure où la crise financière et économique sévit partout sur la planète, les effets se font peu à peu ressentir sur la population française. Le point de vue de Gérard Le Gall, délégué national aux études d’opinion.


Quel regard l’opinion porte-telle sur cette période de crise ?

Son regard est sombre face à une double crise, financière et économique, qui s’inscrit sur le long terme. Le pessimisme domine depuis trois décennies. Bien avant le pic de septembre, tous les indicateurs sur la perception de l’économie étaient dans le rouge. Aujourd’hui, outre les défis macroéconomiques - croissance, déficits, dette -, on retient l’exceptionnelle simultanéité des urgences concentrées autour de la question sociale : pouvoir d’achat, risque de retour massif du chômage, craintes pour la protection sociale, la santé, l’épargne, les retraites… Bref, une crise totale doublée d’une crise d’avenir, sans précédent depuis 1945.

Comment les Français s’adaptent- ils à ce contexte ?

La grille d’interprétation est complexe. D’abord, parce que la crise financière est abstraite, tandis que la dimension économique, est devant nous. Ensuite, parce qu’il faudra établir une distinction en fonction des groupes sociaux. Pour l’instant, pas de signes de panique, ni de protestation massive. Faut-il y voir une preuve de maturité, de mithridatisation ou une colère larvée ? Pour la grande opinion, s’imposent un constat - l’échec du courant néo-libéral au sein du capitalisme - et une interrogation : que faire ? Le débat porte moins sur la petite dialectique « régulation » versus « pas de régulation » que sur le contenu de la régulation.

Nicolas Sarkozy profite-t-il de la situation ?

Les choses s’apprécient à l’issue de toute crise. Depuis la rupture de confiance, fin 2007, certains se hasardent régulièrement à pronostiquer un rebond du président. De fait, à des petits gains succèdent de petites baisses. Mais, au final, les courbes demeurent stables à très bas niveau. On peut s’en étonner dès lors que la présidence européenne, le conflit russo-géorgien, la crise financière auraient dû, selon les logiques d’opinion observées pour ses prédécesseurs,le favoriser. Un premier signe de cet effet d’aubaine est apparu dans le dernier baromètre IFOP-JDD avec un accroissement de la satisfaction de 43% (+ 6 points), mais toujours avec une nette majorité de mécontents (56 %). En toute hypothèse, la sévère crise économique qui se profile pourrait être ravageuse avec de lourdes conséquences politiques, idéologiques et géo-politiques.

La politique peut-elle encore agir dans les situations extrêmes ?

Oui, bien-sûr. On le voit, ce sont les présidents et les chefs de gouvernement qui sont, avec tâtonnement, à la manoeurvre ! C’est l’Europe « fédération d’État-nation » qui, enfin, manifeste une volonté d’agir. Agir c’est bien, prévoir c’est mieux. Les historiens seront sévères pour les politiques au pouvoir et pour ceux qui n’ont pas su lire, dès 2005-2006, les signes avantcoureurs. Que dire de la myopie après l’été 2007.

Propos recueillis par Bruno Tranchant

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