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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Des condamnés, pas des damnés

Publié par jean luc sur 21 Octobre 2008, 09:59am

Catégories : #Editorial

Prisons surpeuplées, centres de détention indignes d’une démocratie, violences quotidiennes et 90 suicides depuis le début de l’année.

Notre société peut fermer les yeux sur ses relégués, certains pensent même que c’est une vengeance bien douce par rapport au crime ou au délit commis, et d’autres n’imaginent même pas le délabrement, la dégradation, la déchéance dans lesquels des condamnés mais aussi des prévenus sont laissés.

Les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, là aussi oubliés, ignorés quand ils ne sont pas moqués, font un travail obscur, c’est le cas de le dire, pour mettre à l’ombre ceux que la société a punis.

Faudra-t-il attendre une émeute carcérale, une révolte des écrous, ou une grève dure des syndicats pénitentiaires, au risque d’autres drames, pour que les pouvoirs publics se décident à agir ?

Mais comment ? D’abord, en évitant le « tout carcéral » et donc en proposant des alternatives à la prison, plus efficaces pour protéger la société, plus utiles pour la réinsertion.

Ensuite, en consacrant de nouveaux moyens financiers pour la construction et la rénovation des lieux de détention.

Enfin, en traitant de manière lucide la question des mineurs qui doivent avoir des centres de rééducation fermés qui les conduisent à la réinsertion et non à la récidive.

On juge l’état d’un pays à la situation de ses prisons.

Les peines sont nécessaires et la privation de liberté, hélas, en est la traduction ; mais on ne peut pas mettre aux oubliettes les condamnés comme s’ils étaient des damnés. À un moment ils ressortent, et dans quel état de danger même pour la société.

Pas facile de s’adresser aux citoyens en leur demandant dans ces moments de disette budgétaire de consacrer des crédits et donc, une part de nos impôts, à l’amélioration de la condition pénitentiaire.

Et pourtant il s’agit bien demain de notre propre sécurité et aussi de la dignité qu’on doit à chaque être humain.

Ne laissons pas, quel que soit leur crime ou leur délit, des hommes ou des femmes se condamner à mort.

Combien faudra-t-il encore de morts dans les prisons françaises pour que la ministre, ou plutôt le président de la République, prenne enfin conscience de l’ampleur du drame de la condition pénitentiaire en France.

F H

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