Un coup de fil au banquier, histoire de se rassurer? Depuis quelques jours, lesMartin hésitent.Dans les journaux, à la télé, autour de la machine à café, on ne parle plus que de la crise. Les
banques qui font faillite, les cours qui chutent, les plans de sauvetage, Dexia, Fortis, G4…
Les événements s’enchaînent à toute vitesse et donnent un peu le vertige à ce couple qui commence à s’inquiéter pour son épargne. Plus fourmis que cigales, les Martin disposent d’un petit matelas. À l’instar de nombreux Français. Sicav, actions, assurances-vie… en tout, ce sont 3 000 milliards de bas de laine qui dorment dans les banques. Et si la crise entamait leurs finances et menaçait leurs placements ?
Faut-il retirer tout notre argent ?
Les Martin ont en tête les images des files interminables devant les agences
aux Pays-Bas et en Belgique, suite aux difficultés de Fortis. Forcément,ils en viennent à se demander si leurs fonds sont protégés. En suivant les infos, ils ont été en partie rassurés. Il a en
effet été largement rappelé que le plafond de garantie pour les dépôts s’élève à 70000 euros. Ceci est valable pour les livrets, le PEL (Plan épargne logement), le CEL (Compte épargne
logement). Cette mesure a été mise en place par la gauche. Ce que Nicolas Sarkozy omet de souligner. Aussi, en annonçant que l’État sera garant des dépôts bancaires, comme si ce n’était pas
déjà le cas, Sarkozy indique brusquement qu’il y a un risque de tout perdre. Effet anxiogène garanti.
Notre assurance-vie est-elle vraiment sûre ?
Comme 12 millions de Français, les Martin détiennent une assurance-vie. Un placement sûr, comme lemartèlent les conseillers financiers. Pas toujours, oublient-ils de préciser. Si 80% des actifs de l’assurance-vie sont investis dans des produits monétaires sans risques, 15 % à 20 % des contrats, appelés contrats multisupports, sont indexés sur les cours de la Bourse et donc beaucoup plus aléatoires. Dans ce cas, mieux vaut rééquilibrer sur des fonds en euros.
Que faire de nos actions ?
Certes, les Martin ne sont pas des Jérôme Kerviel en puissance. Ils ne jonglent pas avec des sommes astronomiques. Ils ne détiennent qu’un petit portefeuille mais se font tout de même du souci pour leur Sicav. À raison ? La dégringolade des cours de la Bourse a de quoi faire paniquer. Cela dit, le détenteur d’une action en est le propriétaire et tant qu’il n’a pas vendu, il n’a rien perdu. Il existe cependant un risque de moins-value en cas de revente nécessaire des titres. Prudence, donc.
Le crédit immobilier va-t-il augmenter ?
Les Martin envisagent d’acheter un appartement. Il faut dire que durant toute sa campagne, Nicolas Sarkozy a entretenu le rêve illusoire d’une « France de propriétaires ». Difficile à concrétiser dans le contexte de crise actuelle qui entame sérieusement les conditions de refinancement des banques. Elles risquent d’être plus sélectives sur les prêts pour limiter leurs risques dans une période où elles désirent à la fois reconstituer leurs marges et où elles manquent de liquidités.
Elles devraient donc logiquement augmenter les taux des prêts immobiliers. Certains ménages, en particulier ceux qui ont déjà pris un crédit à taux variable, pourraient alors être mis en difficulté. Pas de risque de crise du type subprime pour autant. Même si le crédit hypothécaire existe déjà en France, il reste très peu pratiqué. Les banquiers s’en méfient et préfèrent caler les crédits sur les revenus.
Elisabeth Philippe

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