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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


La Loi de modérnisation de l’économie par Thomas Colognac

Publié par jean luc sur 30 Mai 2008, 08:11am

Catégories : #Editorial

Qui peut s’opposer à une loi qui prétend « moderniser l’économie » ? Malheur aux conservateurs et aux archaïques ! Encore faut-il s’entendre sur la définition de cette modernisation.

Nous prétendons également vivre avec notre temps, mais nous ne partageons pas la même appréciation sur les remèdes à apporter aux maux actuels.

La droite présente des propositions destinées à « stimuler la croissance et les énergies ». Elle présente l’encouragement à la création d’entreprises, ou la relance de la concurrence comme les solutions. Jusque-là tout va bien. Mais les moyens qu’elle suggère de mettre en oeuvre pour satisfaire ces objectifs doivent nous inquiéter.

C’est moins à la création d’entreprises que nous risquons d’assister qu’à l’externalisation de salariés, transformés en « auto-entrepreneurs ». Derrière l’idée séduisante selon laquelle chacun pourrait devenir son propre patron se profile la multiplication de la précarité. Cette incitation sera d’autant plus forte que les coûts pour l’entreprise seront plus faibles car les cotisations sociales seront réduites et le rapport de forces entre donneur d’ordre et « l’auto-entrepreneur » totalement déséquilibré.

C’est moins à l’organisation de la concurrence qu’invite le projet de loi qu’à la mise en coupe réglée du territoire par les grands distributeurs. Plutôt que la règle mécanique des 1 000 m2 pour l’autorisation d’installer des grandes surfaces, la proposition des socialistes est autrement plus judicieuse. C’est aux élus(1) qu’il doit revenir le choix de l’implantation des surfaces commerciales car c’est à eux de mesurer l’impact sur les détaillants de centre-ville, l’emploi ou l’équilibre d’un territoire.

Ce n’est pas à « l’amélioration du financement de l’économie » que s’attelle le gouvernement quand il banalise la distribution du Livret A. La conséquence est connue, le Livret A servira de produit d’appel aux banques qui, dans un second temps, conduiront leurs clients vers d’autres produits d’épargne, détournant ainsi des fonds qui servent aujourd’hui au financement du logement social.

Enfin comment ne pas s’étonner que la « modernisation de l’économie » fasse l’impasse sur les conditions de travail des salariés. Comment comprendre que les consommateurs soient tenus en lisière du projet et que le principe de l’action de groupe, qui permet les recours collectifs, soit encore renvoyé à d’autres lendemains ?

Le débat promet d’être révélateur en opposant deux visions de la modernité. D’un côté la droite poursuit sur la voie de la dérégulation. De l’autre, la gauche soutient tout à la fois les besoins exprimés par les petites et moyennes entreprises (accès au crédit) tout en redonnant une cohérence entre politique dynamique des salaires et prix socialement acceptables.

par Thomas Colognac

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