La lettre de Jaurès
La
loi Fillon votée en 2003 a échoué. Elle a aggravé la situation sur le plan social et n’a pas su éviter le déséquilibre financier. Toutes les critiques développées à l’époque par les socialistes
ont été malheureusement confirmées par les faits.
Il y a nécessité à engager une vraie réforme des retraites, pour la sauvegarde et l’amélioration d’un système des retraites juste, solidaire et universel.
Cette réforme passe par une véritable négociation avec les partenaires sociaux, et non par une consultation en trompe-l’œil.
Aucun des engagements pris en 2003 n’a été tenu. Le pouvoir d’achat des retraités est en baisse. La précarité salariale augmente. La négociation sur la pénibilité des métiers est au point mort. L’activité des salariés de plus de 55 ans stagne.
Les conditions de l’allongement de la durée de cotisation ne sont pas réunies, sauf à chercher à réduire encore davantage le niveau des pensions, en particulier des futurs retraités. Ceux-ci auront déjà bien du mal à accéder à une retraite à taux plein compte tenu des conditions d’entrée dans la vie active et de la multiplication des trajectoires professionnelles accidentées.
La priorité est à l’amélioration rapide de l’activité des plus de 50 ans. À la préservation de l’accès à la retraite à 60 ans. À la modification du mode d’évolution du niveau des pensions. À la poursuite des négociations sur la pénibilité des métiers, à la diminution proportionnelle du nombre d’années de référence pour le calcul des pensions en cas de carrières incomplètes.
Ces objectifs supposent une meilleure prise en compte des revenus financiers et des diverses niches sociales (stock-options, parachutes dorés…) pour le financement des retraites. Ils reposent aussi sur une annulation partielle du paquet fiscal et notamment la suppression des exonérations des grosses successions.
Pascal Terrasse, Secrétaire national à la santé
Jean Le Garrec, Responsable national aux retraites
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