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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


S’opposer et s’imposer : par Céline Kaplan

Publié par jean luc sur 28 Mars 2008, 09:08am

Catégories : #Parlement

À l’Assemblée nationale, le débat doit reprendre avec la même ardeur. Les députés socialistes, sous l’impulsion de leur président de groupe, Jean-Marc Ayrault, continueront de scruter consciencieusement les positions du gouvernement et feront sur chaque grand sujet leurs contre-propositions.

Avant les municipales, c’est le harcèlement permanent sur le thème du pouvoir d’achat qui a permis de replacer cet enjeu au coeur du débat démocratique. Les questions au gouvernement sur le pouvoir d’achat répétées tous les mardis et mercredis, le dépôt d’une proposition de loi PS autour de mesures alternatives, la défense d’amendements sur la loi Châtel ou sur le collectif budgétaire… toutes ces actions ont obligé l’Elysée à réagir en improvisant dans l’urgence un nouveau texte « pouvoir d’achat » en décembre.

De la même manière, c’est au cours du débat sur la loi de finances en novembre, qu’a été démasquée la volonté de supprimer l’exonération de redevance télé pour les personnes âgées modestes. Si cette mesure n’avait pas été dénoncée, les bénéficiaires auraient réalisé a posteriori l’alourdissement de leur facture fiscale de 116 euros.

Et lors de ses voeux à la presse, en janvier, le président de la République a imprudemment annoncé la fin des 35 heures avant de se rétracter le lendemain. Pourquoi ? Lors de la séance de questions à l’Assemblée, les ministres furent incapables de lever la contradiction entre la fin de la durée légale à 35 heures et la volonté affichée de payer davantage d’heures supplémentaires.

C’est également l’insistance de la gauche à faire respecter les engagements en faveur des retraités qui a conduit le pouvoir à aller au-delà des 1,1% de revalorisation du minimum vieillesse.

La vérité sur la situation économique du pays

Depuis le mois de janvier, Jean-Marc Ayrault n’a eu de cesse de réclamer un débat public sur la situation économique et financière du pays. François Fillon a toujours traité par le mépris cette exigence démocratique. Dans une lettre mémorable du 4 février dernier, le Premier ministre s’oppose à un tel débat parce que, selon lui, rien ne contredit les hypothèses de croissance sur lesquelles il a bâti son budget (2 à 2, 5%) alors même que tous les instituts anticipent une croissance sensiblement sous la barre des 2 %.

La procédure parlementaire autorise les groupes d’opposition à inscrire plusieurs fois par an un projet ou un débat à l’ordre du jour de l’Assemblée.

Pour obliger le gouvernement au débat sur la situation économique du pays, les socialistes ont utilisé l’un de leurs « droits de tirage ». Impossible cette fois pour le gouvernement de se dérober.

Une nouvelle organisation

Pour ne plus être dans la simple réaction aux mesures du pouvoir en place, le groupe socialiste a modifié fin janvier son organisation. Désormais, une réunion sur deux sera consacrée à la réflexion prospective. Pour cela les vice-présidents, les responsables de groupes de travail, les députés spécialistes de sujets plancheront devant leurs collègues ou inviteront des personnalités extérieures pour définir les nouvelles positions du groupe (l’économiste Thomas Piketty, les syndicalistes Maryse Dumas, Laurence Laigo et Jean-Claude Mailly figurent parmi les premiers intervenants).

L’idée est de ne plus dépendre de l’agenda fixé par Nicolas Sarkozy, mais de tenter d’imposer d’autres thèmes dans le champ médiatique. Ainsi, dans le prolongement de ce qui avait été réalisé en janvier (ballade de terrain avec la presse pour comparer ce qui se faisait dans le domaine du logement social à Palaiseau et Neuilly-sur-Seine), une proposition de loi sur le logement sera mise en discussion le 1er avril, lors d’une séance dont l’ordre du jour est à la discrétion des socialistes. Elle a été rédigée conjointement par les deux groupes de l’Assemblée et du Sénat. Elle a fait l’objet d’une longue concertation avec les associations de la plateforme DALO (Droit au logement opposable).

Un autre rapport à la société civile

Ce partenariat avec le monde associatif a vocation à se généraliser. Le dialogue avec les syndicats,ONG, associations, personnalités qualifiées va être favorisé pour chaque grand projet. Une salariée du groupe, venue du monde associatif, a même été embauchée pour faire le lien permanent entre société civile et groupe socialiste. En juin, manifestation inédite, les parlementaires des trois groupes (Assemblée, Sénat, Parlement européen) présenteront leur compte-rendu de mandat devant des représentants de la société civile et définiront avec eux les sujets sur lesquels peut s’engager une réflexion commune.

Après des municipales qui ont conforté la gauche et lui donnent une légitimité nouvelle pour s’opposer et proposer, le groupe socialiste redémarre la session parlementaire avec l’envie d’en découdre et d’obtenir de nouvelles victoires.

Céline Kaplan

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