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La Lettre de Jaurès

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Blog des socialistes de GAUCHY Aisne


Après Capital, Hollande se prend Barroso, autre vestige néo-réac.

Publié par jean luc sur 20 Juin 2013, 07:33am

Catégories : #Hollande, #Gouvernement, #Politique, #Médias, #Economie, #Emploi, #International-Europe, #Europe

Après Capital, Hollande se prend Barroso, autre vestige néo-réac.

Une mauvaise interview prête à José-Manuel Barroso d'avoir traité la France de réactionnaire. L'époque est ainsi faite que les plus chauds partisans de la Réaction libérale puissent ainsi qualifier les rares supporteurs d'une régulation solidaire.

La veille, François Hollande est sur M6, invité de l'émission Capital. L'audience n'est pas au rendez-vous. Le discours est pédagogue mais convenu. On n'apprend pas grand chose. Hollande fait dans la répétition pédagogique. Les soutiens connaissent. Les critiques aussi. Le président confirme qu'il préfère l'allongement de la durée de cotisations, et rien d'autres, pour rétablir les retraites.

Son propos est noyé dans d'ineffables reportages sur la France évidemment flemmarde, nos voisins allemands notoirement formidables, notre Sécurité sociale forcément trop chère. Un instant, on se souvient que la chaîne est la filiale d'un groupe allemand. La couverture de l'actualité par l'émission est surprenante. On nous afflige du sort d'une mère de famille frappée de 1.000 euros d'impôt en plus à cause du durcissement du quotient familial, une famille à 80.000 euros annuels, apprendra-t-on le lendemain. La scénographie est nulle, l'analyse médiatique sans recul ni profondeur. Il y a des mots tabous qu'on n'entendra jamais - précarité, pauvreté, crise écologique.

Lundi, Hollande s'envole. Le G8 l'attend. Formidable... Il y aura José-Manuel Barroso, peut-être. Plus tard. Le gars a des choses à dire.

Serait-ce une erreur de transcription ? Evidemment non. Dans un entretien à l'International Herald Tribune, Barroso s'agace de la récente (maigre) victoire de la délégation française vendredi dernier: "c'est cette partie de l'agenda anti-globalisation que je considère complètement réactionnaire." expliqua-t-il à propos de l'exception culturelle défendue par Paris. "Certains se disent de gauche, mais ils sont en fait culturellement extrêmement réactionnaires". Il est énervé, mauvais perdant.

Nicole Bricq, ministre du commerce extérieure, était parvenue à obtenir de ses collègues européens la sortie de la culture, de l'audiovisuel, du cinéma et d'internet des grandes négociations commerciales avec les Etats-Unis. Barroso est agacé puisqu'il s'agissait de l'un des derniers secteurs où les Etats-Uns ont des intérêts immenses et la France une protection encore solide.

En arrivant en Irlande, un chouette paradis fiscal comme Barroso les aime, le président français rappelle donc quelques faits à ce président non élu de la Commission européenne: "La meilleure preuve, c’est que les chefs d’État et de gouvernement ont accepté, via leurs ministres, que la question des services audiovisuels soit écartée de la négociation. (...) Et ce que je demande au président Barroso, c’est maintenant de mettre en œuvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements."

Le sieur Barroso a bien sûr d'autres chevaux de bataille: le gigantesque espionnage américain - le programme PRISM - dévoilé par un ancien agent plus geek que la moyenne qui s'est réfugié à Hong-Kong, le gêne un peu. Le Super-Commissaire s'affirme aussi contre les positions de l'administration Obama quand il défend les programmes d'austérité au sein de l'Union... Sur cette dernière question, essentielle en Europe, la Commission est de plus en plus isolée.

On comprend pourquoi Barroso est énervé. Le FMI dirigé par la Sarko-fan Christine Lagarde fustige désormais publiquement la mauvaise réaction européenne à la crise. Barack Obama se fait de plus en critique contre une Europe malade de l'austérité. En Europe, ça grince aussi. La récente fermeture autoritaire de toutes les télévisions publiques grecques a choqué. L'exception culturelle grecque est inverse de la Française.

Y-a-t-il un changement de climat en Europe ? On dirait que la cause du protectionnisme "léger" gagne quelques voix, n'en déplaise au vestige Barroso. D'ailleurs, une belle centaine de mesures protectionnistes ont été adoptées depuis un an par des Etats-membres ... du G20 ! "Le champion de ces entraves au commerce a été le Brésil (18), suivi de l'Inde (15) et de l'Argentine (10)" relève le Monde. Que ces pays émergents savent protéger les leurs !

L'intégration européenne est un combat qui décourage quand elle est animée par des Barroso.

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