Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 12:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'écouter, Nicolas Sarkozy aurait du proposer des primaires communes avec le Front National. Cela devenait grave et troublant jusque dans les rangs de la droite. François Bayrou s'indigna. Nicolas Sarkozy feignait de ne pas voir où était le problème.

Nous avions collectivement honte pour la tournure prise par cette campagne.

Officiellement, pas question d'alliance avec le FN. Mais le candidat sortant s'embourbait dans ses arguments.

L'échec...
Depuis 2007 pourtant, Nicolas Sarkozy a échoué à conserver les faveurs d'un électorat protestataire - si tant est que l'on considère l'électorat frontiste comme unique, stable et perenne. Sa promesse de pouvoir d'achat supplémentaire a été emportée par la crise et ses propres bêtises (encourager les heures supplémentaires en période de moindre emploi reste l'une des aberrations économiques de ce quinquennat). Pire, en période de crise, le Monarque n'a pas été le président protecteur qu'il prétend.

La France a été protégée d'une dégradation inouïe grâce à l'inertie de son système social et public si décrié aujourd'hui. Et Sarkozy a été responsable d'une multitude d'entailles au dit système qui ont frappé les plus fragiles en première instances: hausse du coût de la santé restant à charge (via les franchises médicales et les déremboursements); suspension des indemnités chômage en cas de refus de poste; suppression des pré-retraites; augmentation de la TVA sur des produits courants; quasi-gel du SMIC; etc.

La lutte contre l'insécurité, ADN politique du candidat sortant depuis 2002, est un autre de ses échecs, largement commenté. Il s'est caché derrière une baisse de la délinquance  générale, négligeant d'assumer que les atteintes aux personnes - c'est-à-dire les actes les plus graves - n'ont cessé de progresser en 10 ans malgré une boulimie législative hors normes en la matière. Pire Sarkozy a préféré réduire les moyens et les effectifs des forces de l'ordre.

L'immigration fut un bouc-émissaire facile. Mais sur le terrain frontiste, rien n'est trop fort. Le ministère de l'identité nationale fut un gadget inauguré par Brice Hortefeux (what else ?), puis géré par Eric Besson, fut supprimé en 2011. Malgré des efforts inédits pour traquer les clandestins, les expulsions furent en nombre modeste, souvent iniques et inefficaces, et les excès humanitaires répétés. La mise en oeuvre de l'immigration choisie, avec des quotas par métiers et par ethnie fut aussi inefficace qu'ignoble.

... puis la honte
Mercredi 25 avril, Nicolas Sarkozy a été pris en défaut dans sa posture frontiste sur France Info. Il dut confirmer qu'il ne voulait aucune alliance avec le Front National ni avec Marine Le Pen, mais que ses électeurs avaient totalement raison. Marine Le Pen fut qualifiée de candidat républicaine mais Sarkozy réclamait l'urgence de ramener ses électeurs dans la droite républicaine. Jeu de mot ou confusion des valeurs ?

Quand il était président, il dérapait parfois, mais le dérapage restait ponctuel, avant le suivant, quelques jours ou semaines plus tard. Désormais, c'est l'avalanche quotidienne, plusieurs fois par jour. C'était incroyable, inédit, ignoble.

Marine Le Pen riait de la manoeuvre. Un ministre anonyme confiait qu'il voterait Sarkozy en se pinçant le nez. Un autre membre de la majorité, toujours anonyme, souhaitait que Sarkozy soit laminé « pour être sûr qu’il débarrassera le plancher ». François Bayrou dénonça l'humiliation pour la France et le débat public. « Cette course ventre à terre derrière les thèses du Front national est humiliante. Elle est de surcroît vouée à l'échec parce que la France est un pays construit autour de principes qui ne se laisseront pas entacher ».

Mercredi, il était ensuite à Cernay, dans le Haut-Rhin, en Alsace. Il eut ses habituelles phrases creuses, après 5 ans de gouvernance. « J’ai considéré qu’il fallait mettre tout sur la table, dire la vérité, être le plus précis possible » Le gars avait publié son programme il y a quelques jours à peine... Ou encore:  « Je souhaite une société plus juste qui respecte le travail de chacun.» Evidemment, il tenta de faire le débat sur les 3 débats, il cita Martine Aubry quand elle s'énervait contre Hollande pendant les primaires (il le faisait presqu'à chaque meeting depuis février).

Il avait toujours la caricature facile, il s'inventait des histoires, comme celle-ci: « Ou de quelqu’un qui ose dire : « Si vous croisez un riche dans la rue – comprenez quelqu’un qui est au-dessus de 4 000 euros par mois, je cite les bons auteurs – n’hésitez pas à lui faire les poches ! » Il voulait « parler très librement du Front national ». Il se voyait en rempart... C'était triste. Grâce à lui et ses 10 ans de gouvernance sur les thèmes les plus chers aux immondices frontistes - l'insécurité et l'immigration -  le Front National avait donc gagné un gros million de voix et menaçait désormais d'aspirer ce qu'il restait de la droite parlementaire.

Il agita évidemment la menace du droit de vote des immigrés (sans préciser que la candidat socialiste ne le proposait qu'aux élections locales). « Vous voulez garder votre mode de vie, vous considérez qu’il n’y a pas assez de frontières, qu’on ne parle pas assez de nation et que nos valeurs sont importantes. »

... et puis l'oubli
Enfin, il termina par TF1, quelque part vers 20 heures. Provocation inconsciente, Laurence Ferrari était vêtue de rouge. Sarkozy n'était plus dans la salle surchauffée d'un meeting où il se croyait encore tribun, mais devant deux journalistes d'un média qu'il appréciait.

« Après 4 années de crise, je n'ai pas été surpris du tout. Finalement... qu'ont-ils voulu nous dire ? (...) Ils ont voulu nous dire, me semble-t-il, "on veut garder notre mode de vie"» . Le refrain, toujours ce refrain. « Bien sûr, on veut bien s'adapter, devenir plus compétitif, mais on veut garder nos valeurs, nos territoires, nos paysages... la façon dont on a l'habitude de vivre. On veut garder les idées que les parents nous ont transmis, que nous voulons transmettre à nos enfants. »

L'homme de la Rupture devenait le suppôt de tous les Conservatismes ? Il continua ainsi, sans énoncer une proposition, sans même rappeler son propre programme publier pourtant il y a peu. Il évoqua le besoin de « frontières pour nous protéger », de « protéger contre les délocalisations », de « frontières pour nous protéger d'une immigration qui ne serait pas maîtrisée. Bizarrement, Nicolas Sarkozy oublia les mots chômage, précarité, endettement, déficits, affaires. Bizarrement...

Mais, s'inquiéta Laurence Ferrari, « ce message, les Français l'envoient à vous...» Sarkozy haussa les épaules: « ce message, ils l'envoient à tous les responsables politiques ». Puis il compléta: « c'est un vote de crise, je veux l'entendre, je veux le comprendre ».

« J'ai vu que M'sieur Hollande, qu'aime bien plaisanter, ... mais c'est pas une plaisanterie, parle beaucoup du Front National » Aviez-vous entendu Hollande plaisanter sur le FN ? Non. Sarkozy faisait de l'amalgame. Il perdait contrôle. Il répéta que le « le vote FN était un vote de crise ». Il accusa Hollande d'aimer Tariq Ramadan: « M. Hollande parle beaucoup du Front national, mais que dit-il, lui, quand Tariq Ramadan ose appeler à voter pour François Hollande? Tariq Ramadan, l'homme avec qui j'ai débattu... souvenez-vous... vous savez ce qu'il proposait ? Un moratoire sur la lapidation de la femme adultère... C'est monstrueux! Voilà un homme qui appelle à voter pour François Hollande ».

Attardez-vous sur cette séquence. Nicolas Sarkozy, pourtant président de la République pour encore quelque jour, accusait donc son rival à l'élection suivante d'être complice de quelqu'un qui s'accorderait de la lapidation des femmes. Et rappelez-vous que Tariq Ramadan n'a pas appelé à voter François Hollande.

Rien que cela. 

Mais ce n'était pas tout. Sarkozy continua. « Je vois sur le site d'un journal de gauche un appel de 700 mosquées à voter pour Monsieur Hollande». L'affaire était une grossière imposture, rapidement démasquée. L'initiative venait de ... l'un des anciens employés de Nicolas Sarkozy, Abderrahmane Dahmane, si déçu d'avoir été viré qu'il ne cessait les surenchères pour se faire remarquer.

Quelques minutes plus tard, il était si perdu, qu'il s'égara sur ses propos d'il y avait à peine 48 heures.

François Bachy: « vous voulez faire du 1er la fête du 'vrai travail"»
Nicolas Sarkozy: « Non non. Je n'ai pas dit du 'vrai travail'. Je veux faire du 1er mai une fête du travail.»
François Bachy: « Vous avez quand même dit du "vrai travail'»
Nicolas Sarkozy: « Non, non, non, non, c'est une fête pour célébrer la valeur travail».


Nicolas Sarkozy avait perdu tout contrôle. Il avait lui-même parler, publiquement, devant caméras et journalistes, lundi 23 avril, devant son QG à Paris, d'une fête pour le 'vrai travail'.

Ami de droite, tu mérites mieux.

Nous méritions mieux.

 

 

Sarkofrance

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 13:12
Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : La Gauche
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 12:40

PRESIDENTIELLES 2012 FRANCOIS HOLLANDE HIRSON 2012 FH jeunes podium

Dans l’Aisne, avec 27,1 % des suffrages, François Hollande a remporté le premier tour. Ce n’était pas le cas en 2007. A Hirson où il était accueilli hier, il est cependant arrivé en tête  - c’était déjà le cas pour Ségolène Royal - avec un score plus net encore de 30.8% presque autant qu’à Saint-Quentin où, dans la ville du Ministre du travail, il obtient 30.5 %. Et chaque fois, non seulement, Nicolas Sarkozy perd du terrain, mais, en plus, il ne parvient pas à garder la seconde position et ne figure donc qu’en troisième place. Un net recul qui profite en premier lieu à l’Extrême-Droite.

PRESIDENTIELLES 2012 FRANCOIS HOLLANDE HIRSON 2012 public affiche

« Sans séduire, ni se renier », François Hollande a confié comprendre les « inquiétudes et les angoisses des territoires et des populations abandonnés ». Face à des militants et des sympathisants qui n’ont pas hésité à patienter et même à braver les intempéries pendant qu’il visitait « AML Systems », le candidat socialiste confia avoir, lui aussi, entendu les cris de colère manifestés par les votes extrêmes. Cependant, pour le 6 mai, il a appelé à la réconciliation et à la mobilisation. « Allez convaincre, a-t-il demandé. Y compris ceux qui n'en peuvent plus et qui ont opéré un autre vote que le vôtre. Faites-le, car je veux que cette élection présidentielle soit historique et elle le sera ».

 

 

F. Hollande dans l'Aisne : "J’ai la responsabilité de ne pas vous décevoir "

La république irréprochable de Nicolas Sarkozy ? 5 ans de scandales

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : La Gauche
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 12:04

UMPSARKOZY-copie-1 «Je veux une République irréprochable», annonçait le candidat sortant en 2007, «le président de la République c'est l'homme de la nation, ce n'est pas l'homme d'un parti, ce n'est pas l'homme d'un clan», «je veux changer la pratique de la République» affirmait-il encore.

Déplacements, amitiés, nominations... retour en vidéo sur la «République irréprochable» de Nicolas Sarkozy. En réalité : 5 ans de scandales.

>> Infographie «Sarkozy en chiffres : 5 ans de scandales»

 

 

 

 

 

 

Les engagements de François Hollande pour une République exemplaire

>> Les deux premières mesures de François Hollande

 

 

>> Les autres engagements : 

>> Pour une justice et une République exemplaire

  • inscription de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat dans la Constitution

« Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution. »

  • participation des citoyens à un grand débat sur l’énergie
  • partager le pouvoir de nomination aux hautes fonctions administratives avec le Parlement
  • supprimer le pouvoir de nomination par le Président de France TV. Nomination par une autorité administrative indépendante.
  • non cumul des mandats pour les parlementaires
  • introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale
  • introduction du droit de vote des étrangers aux élections locales

François Hollande, «Présider la République»

François Hollande avait développé au Bourget sa vision de la République et la manière dont il présiderai la France s'il était élu.  «Je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer » avait-il notamment affirmé.

 

 

 

 

«Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera !» (François Hollande, discours du Bourget)

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : La Gauche
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 11:50
En vue du deuxième tour, le Président candidat a désigné les responsables et coupables selon lui des difficultés de la France : Syndicats, titulaires des minima sociaux, chômeurs et émigrés. Les mêmes cibles qu'en ... 1940 !  
En 1987, Michel Noir, à l'époque député maire RPR de Lyon, jetait un pavé dans la marre politique en publiant une tribune dans laquelle il écrivait : « qu'il valait mieux perdre une élection que son âme ... » pour rejeter toute connivence avec le Front National

C'est cette vision que Chantal Jouanno, entre autre, explique en 2012. Elle dit : « (...) craindre que la droitisation ne soit qu'un mirage douloureux (...) Dans les prochains jours, j'appelle de mes vœux un discours beaucoup plus équilibré dans le choix des thèmes de campagne et dans les mots utilisés (...) »

Droitisation qui si elle devait se confirmer ne ferait qu'accréditer l'idée brandie de longue date par Jean-Marie Le Pen à savoir qu'un jour : « les électeurs préféreront un jour l'original à la copie »

Droitisation qui devient pourtant la tasse de thé du Président candidat bien aidé en cela par ses « experts » Patrick Buisson et  Guillaume Pelletier, qui sont vraisemblablement, l'un ou l'autre, à l'origine de la dernière provocation qui consiste à tenir meeting le 1er Mai ... pour fêter le « vrai travail ».

Ce qui fait écrire à Thierry de Cabarrus : « Ce qu’il veut, c’est marquer les esprits, diviser les Français, provoquer la gauche, et surtout, surtout, attirer l’attention des révoltés, des frustrés, des déçus de son camp, récupérer coûte que coûte ceux qui avaient cru à ses promesses, qui se sont sentis trahis par lui et qui ont choisi de voter Marine Le Pen (...) »

Cette droitisation qui semble de plus en plus prendre ses racines dans une idéologie qu'on croyait pourtant disparue, celle de la révolution nationale chère à Philippe Pétain. Extraits de son discours au peuple français du 11 Octobre 1940.

« (...) Seuls le travail et le talent deviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n'atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu'il s'intègre dans la France nouvelle et qu'il lui apporte un concours sans réserve (...) Tous les Français, ouvriers, cultivateurs, fonctionnaires, techniciens, patrons ont d'abord le devoir de travailler, ceux qui méconnaîtraient ce devoir ne mériteraient plus leur qualité de citoyen (...) Les organisations professionnelles traiteront de tout ce qui concerne le métier, mais se limiteront au seul domaine professionnel. Elles assureront, sous l'autorité de l'État, la rédaction et l'exécution des conventions de travail (...)  Elles éviteront enfin les conflits, par l'interdiction absolue des « lockout » et des grèves, par l'arbitrage obligatoire des tribunaux de travail (...) »

Pour mémoire : Un an plus tard, nous rappelle Gilles Devers sur son blog : « L’activité des syndicats nationaux était suspendue, et leur biens saisis. Alors, Pétain avait les mains libres pour recréer à sa façon une fête du travail et de l’unité du pays, le 1° mai devenant « la fête du travail et de la concorde sociale (...) »

Beaucoup répondront que le but de Nicolas Sarkozy n'est pas de faire disparaître les syndicats et que, ses (trop) nombreux propos opposant les petites gens aux titulaires des minima sociaux ou au chômeurs, ne sont qu'un leurre destiné à attirer les électeurs de Marine le Pen.

Ce qui revient, vous en  conviendrez, à risquer de perdre son âme pour gagner une élection et finalement expliquer aux électeurs que l'original vaut largement la copie. Français, à vous de voir si vous souhaitez vraiment ouvrir la boîte de Pandore ! 
Crédit image 
Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 19:49

 

 

François Hollande était à Hirson le 24 avril, à la rencontre des ouvriers d’une usine de pièces automobiles. Fête du travail, pouvoir d’achat, retraites : le candidat a porté un « message de dignité ».

« Ici on ne fait pas la différence entre le vrai et le faux travail » annonce François Hollande à la presse en arrivant à Hirson pour visiter une entreprise de fabrication de pièces détachées. Revenant sur la volonté du candidat-sortant de fêter le « vrai travail », François Hollande a expliqué que le sortant était surtout le candidat du « vrai chômage ». Réaffirmant son respect pour les organisations syndicales, il a annoncé qu’il ne ferait pas meeting sur le travail en ce jour de manifestation des travailleurs.

Après avoir dialoguer avec les salariés de l’usine, le candidat a rejoint les 500 personnes venues devant l’entreprise. A la tribune, François Hollande a évoqué le message « de dignité, et non de division » qu’il porte, au nom du rassemblement « pour le redressement du pays ».

« Je vous adresse un message de rassemblement et de réconciliation : j'ai besoin de tous les Français » a-t-il lancé avant de conclure : « Chers amis, nous allons vivre un grand moment. Je sens que nous allons gagner l'élection présidentielle! La victoire arrive, le 6 mai, ça ne sera pas ma victoire, ni la votre, mais celle de la République ».

 

 

 

 

Mes chers amis, dans une campagne présidentielle, il faut savoir se mouiller. Mais ne jamais être trempé ! Je voulais venir une nouvelle fois ici dans l’Aisne. Le maire, Jean-Jacques, rappelait que c’était mon troisième passage ici à Hirson. La première fois, c’était pour la piscine – nous y sommes presque, pas encore ! La deuxième fois, c’était pour le centre jeunesse. Et aujourd’hui, pour visiter cette entreprise qui montre que l’espoir est possible, que lorsqu’il y a une volonté – celle de cadres, des personnels de cette usine –, qu’il y a des financements qui peuvent être apportés – en l’occurrence par la Région – et qu’il y a aussi un territoire qui comporte des hommes et des femmes qui sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes, alors oui, nous pouvons nous redresser ensemble. C’est le message que je veux porter dans cette élection présidentielle.

Je viens dans une région, la Picardie, et un département, l’Aisne, qui ont beaucoup souffert de la désindustrialisation, de la perte d’emplois, des fermetures d’usines, de l’abandon de services publics. Et après, on s’étonne qu’il y ait des suffrages qui se portent sur des candidatures qui expriment des colères ? Je veux d’abord dire que si je suis fier d’être ici, c’est parce que le département de l’Aisne m’a mis en tête au soir du scrutin — et je voulais vous remercier. Et ensuite j’entends les cris, les inquiétudes, les angoisses. D’abord, celles que la candidature de Jean-Luc Mélenchon a aussi portées. Et je veux saluer ce qu’il a fait dans cette campagne et qui permet le rassemblement aujourd’hui. Et il y a eu d’autres manifestations – je ne les approuve pas –, de cette inquiétude, de cette angoisse, car c’est une dérive. Ce sont des votes qui, en définitive, ne veulent pas construire. Et en même temps, nous devons les comprendre, sans pour autant les justifier. Quand il y a l’oubli d’un territoire – on me rappelait encore cette Nationale 2, annoncée depuis tant d’années : mais vous n’avez pas de ministre dans le département, vous, qui vous aurait défendus par rapport à cette infrastructure ? Vous en aurez d’autres, des meilleurs ! Oui, quand un territoire ne se sent plus défendu, promu, alors il peut s’abandonner aussi.

 

 

 

Quand il y a aussi des entreprises qui ferment l’une après l’autre parce qu’il n’y a pas de soutien de l’activité, parce qu’il n’y a pas la volonté publique de lui apporter des capitaux, quand il y a une agriculture qui souffre, quand il y a des territoires ruraux qui se sentent abandonnés – ah, oui, il peut y avoir à ce moment-là une désespérance. Eh bien mon rôle, ma responsabilité dans cette campagne, ce n’est pas de diviser les Français. C’est de les rassembler ! Les rassembler dans le redressement, dans la justice. Parce qu’ici la justice n’est pas un vain mot. Ici, on n’est pas riche. Ici, on n’est pas des joyeux donateurs d’un candidat à l’élection présidentielle. Ici, ce sont des militants, ce sont des sympathisants, ce sont des citoyens qui n’ont comme richesse que leur seul travail. Et on ne fait pas la différence entre le « vrai travail » et le « faux travail » ! Ici, on travaille. Et quand on ne travaille pas, on veut travailler, on demande du travail. Et celui qui voudrait être le candidat du « vrai travail » a été le candidat du vrai chômage pendant cinq ans ! Cinq ans de montée, hélas continue, du nombre de demandeurs d’emploi – un million –, de la précarité qui s’est élargie, de jeunes qui voudraient tellement travailler et qui n’y parviennent pas, de femmes qui sont condamnées le plus souvent au temps partiel, et puis de tous ceux qui sont dans l’intérim, de ces jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail et à qui l’on dit « non, pas tout de suite, plus tard », des séniors que l’on écarte de l’entreprise. Alors moi, ce que je dis, c’est que le rôle d’un président de la République c’est de défendre la valeur du travail, le travail pour tous, la dignité du travail, le travail récompensé, le travail valorisé, le travail rémunéré ! Et s’il y a une fête du travail, c’est pour que tous les travailleurs qui ont une activité ou qui en demandent une puissent se retrouver ensemble pour appeler les pouvoirs publics à leur venir en soutien, et faire en sorte aussi que la dignité soit reconnue à chaque travailleur de France.

Le vote de dimanche dernier est à la fois un vote de colère et de changement. La colère est là par rapport à un quinquennat d’échec, d’injustice, d’incohérence. La colère est là par rapport à une mondialisation sans règles. La colère est là par rapport à une Europe qui n’est qu’annonciatrice d’austérité alors qu’elle devrait être facteur de croissance. La colère est là par rapport à la finance qui voudrait nous dominer. La colère est là par rapport à la politique qui ne permet pas toujours d’avancer, de progresser. La colère est là par rapport à des promesses qui n’ont pas été tenues. Donc il y a une exigence de changement. Et je suis celui qui porte de changement, celui qui doit promettre le changement et celui qui doit réussir le changement. J’ai ce devoir-là, devant vous. J’ai aussi la responsabilité de ne pas vous décevoir. Je ne voudrais pas me retrouver au terme d’un mandat en train de vous demander pardon ou vous demander votre aide. Non ! Je voudrais surtout vous dire que ce que nous avons à faire est plus grand que nous-mêmes.

C’est être capables de nous réunir autour d’un projet qui va nous dépasser nous-mêmes, celui du redressement de notre pays, de son industrie, de son économie, de ses finances publiques, celui de la justice, de la justice fiscale – parce qu’il faudra bien que l’effort soit d’abord appelé vers ceux qui ont le plus et dispensé vers ceux qui ont le moins. Et s’il y a des prélèvements à relever, ce ne sera pas sur tous les Français comme c’est prévu avec la TVA – qui sera écartée –, ce sera sur les revenus du capital, ce sera sur les plus hauts revenus, ce sera sur les plu grandes entreprises. La justice fiscale, ici, on sait ce que cela exige de volonté et de courage !

 

 

 

La justice sociale. Je voyais une responsable syndicale qui va partir en retraite. Quel a été son message ? Que m’a-t-elle dit avant de me dire sa fierté d’avoir été une représentante des salariés d’ici – parce que c’est un dévouement que de servir l’intérêt des salariés, et moi je dis tout mon respect aux organisations syndicales, parce que je pense que c’est finalement ainsi, par l’action syndicale, qu’il y a aussi le service des salariés dans notre pays. Mais qu’il convient de leur donner toujours la responsabilité et l’indépendance. Et le 1er mai, je ne ferai pas de meeting sur la question du travail. Je considère que ce sont d’abord les organisations syndicales qui doivent défiler le 1er mai pour exprimer les revendications des salariés ! Libre aux organisations politiques d’appeler aux manifestations, mais ce sont d’abord aux organisations syndicales de le faire. Et donc que me disait cette responsable ? Elle me disait « ici on travaille en trois-huit. On travaille la nuit. On a commencé tôt sa vie professionnelle ». Elle, elle avait commencé à 14 ans, d’autres à 18 ans. Et donc la justice, ce sera de permettre à celles et ceux qui ont leurs annuités de pouvoir partir à 60 ans !

La justice c’est aussi la justice pour l’accès aux soins – et c’est aussi un élément de la colère qui s’est exprimée, quand des jeunes, des moins jeunes ne peuvent plus aller chez le médecin parce qu’il n’est plus là – déserts médicaux, dépassements d’honoraires, pas de couverture maladie universelle pour tous… Alors on renonce aux soins, ce qui a été l’acquis du programme du Conseil national de la résistance, la protection sociale pour tous ? Eh bien mon devoir, ce sera de permettre que chacune et chacun, quel que soit leur revenu, quelle que soit leur situation sur le territoire puissent avoir le même droit à la santé.

La justice ! La justice territoriale, départements ruraux, départements urbains, banlieues, zones rurales : nous devons avoir tous le même accès aux services publics et d’abord à l’école de la République.

J’entendais une personne qui m’interpellait dès mon arrivée ici en me disant : « Une classe va fermer, les RASED ont été supprimés, le soutien aux élèves le plus en difficulté a été mis en cause ». Eh bien, la première priorité de mon quinquennat, ce sera la jeunesse, ce sera l’école de la République !

 

 

 

Le candidat sortant me dit : « Ça coûte cher, on n’a pas les moyens, 60 000 postes c’est impossible, deux milliards et demi ». J’ai fait mes comptes : lui, il a accordé le bouclier fiscal aux plus favorisés, cela représentait deux milliards et demi, l’équivalent des 60 000 postes. Qu’est ce que l’on préfère, protéger les plus riches ou protéger nos enfants ? J’ai choisi : protéger nos enfants !

Je suis venu tenir un langage d’espoir. Rien ne serait pire que de céder au découragement, au repli, au rejet, à la haine de l’autre. Nous méritons mieux ! Moi, je veux m’adresser à ce qu’il y a de meilleur dans chacun d’entre nous. Chacune et chacun est un atout pour la République. Je ne veux pas distinguer les uns et distinguer les autres. Je ne veux pas diviser, je veux réunir, rassembler. Parce que ce qui doit être la tâche d’un président, c’est de ne pas mettre les Français en confrontation les uns avec les autres, qu’il y ait deux France qui se regardent face à face. Il y a la Gauche, il y a la Droite, sans doute, dans une élection. Et le choix sera fait. Mais nous sommes dans le même destin, dans la même perspective, nous portons le même avenir les uns et les autres.

Je veux vous rassembler. Et je ne veux pas laisser le candidat sortant, sur tout sujet, opposer les Français. D’abord sur l’immigration : ce serait le sujet de l’élection présidentielle ? Il faut la maîtriser, l’immigration. Mais le sujet de l’élection présidentielle, c’est la lutte contre le chômage, c’est le redressement de notre pays, c’est la justice sociale, c’est la capacité de nous relever ! Nous mettre en opposition sur les questions de travail en faisant qu’il y ait d’un côté ceux qui en ont et de l’autre ceux qui n’en ont pas ? On me dit que le Maire de Saint-Quentin a considéré que s’il y avait un vote Front national, c’était à cause du Conseil général, parce qu’il avait développé l’assistance ! Je suis président d’un conseil général. Les prestations que nous versons — et Yves me confirmera cette évidence — sont celles qui sont définies par le législateur. Il faudrait revenir sur l’allocation personnalisée à l’autonomie pour les personnes âgées ? Qui le propose ? Il faudrait revenir sur la prestation compensatrice de handicap par rapport à ceux qui ont été des accidentés de la vie ? Il faudrait revenir sur le RSA, alors que c’est une forme de réinsertion ? A la condition, bien sûr, que nous créions des emplois d’insertion, et pas simplement sept heures ou huit heures pour ceux qui sont prestataires du RSA. Ce que demandent les prestataires du RSA, ce sont des emplois !

Nous n’entrerons pas dans cette logique de confrontation entre les Français. Mais de confrontation avec le candidat sortant, oui ! Il veut un débat, il en veut même trois, je ne sais combien… Il en voulait deux avant le premier tour, il en veut trois après le premier tour… Et combien il en voudra après le second tour ? Ce sera trop tard !

Nous aurons un grand débat, un beau débat, un vrai débat, où nous mettrons tout ce que nous avons sur le cœur, et aussi ce que vous avez envie de lui dire : tant de choses, et surtout au revoir !

 

 

 

Je voulais vous dire — et vous avez vu, pendant que je parle, le ciel s’éclaircit déjà, nous reprenons confiance… — que j’ai entendu les cris de colère. J’ai répondu par un message d’espoir. J’ai senti les risques de la division, de l’éclatement, de la séparation. Je vous adresse un message de rassemblement et de réconciliation. J’ai besoin de tous. J’ai besoin de la Gauche, parce que sans elle je ne suis pas conforme à ma sensibilité, à mon identité. Je suis socialiste. J’ai besoin de toute la Gauche rassemblée. Mais j’ai besoin aussi de tous les Français qui veulent participer à l’élan de demain, au relèvement du pays, à l’espérance que nous avons à créer. Cela va être un grand moment, c’est vrai, cette élection présidentielle, ce second tour. Beaucoup n’ont pas connu — les plus jeunes — ce qui s’était produit en 1981, cette joie immense de voir enfin l’alternance reconnue.

Je veux vous donner cette émotion de voir la Gauche appelée à la responsabilité du pays. Je veux que vous soyez conscients que c’est aussi une immense tâche qui nous attend. Ce ne sera pas facile ! Ne croyez pas que les problèmes vont disparaître avec la Droite qui ne sera plus aux responsabilités du pays. Nous aurons à remettre nos finances en bon ordre, à redonner confiance aux travailleurs, à répondre à toutes les urgences. Nous aurons aussi à réorienter l’Europe. Nous n’avons pas fini ! Et donc, nous devons être réunis, ensemble. Il y a un président qui aura à faire sa tâche. Et puis, il y aura aussi tous les autres pouvoirs à mobiliser : les élus — et il y aura un nouvel acte de décentralisation —, les partenaires sociaux — parce qu’ils devront négocier —, les citoyens, vous, parce que vous devrez aussi prendre votre part. Je salue les associations, je salue toutes les organisations non-gouvernementales, je salue tous les hommes et les femmes qui veulent se dévouer à leur pays. Ils seront appelés au redressement de notre Nation.

 

 

 

Voilà mes amis, c’est un beau moment que nous allons vivre, un grand moment. Je pense que nous allons gagner l’élection présidentielle. Je le sens, le vois, je l’espère, je le veux ! Et ça dépendra de vous, de vous seuls ! Allez convaincre y compris ceux qui n’en peuvent plus. Allez convaincre même ceux qui ont fait un autre vote que le vôtre. Il le faudra bien, parce que nous ne sommes pas encore majoritaires. Allez convaincre de l’utilité de l’engagement, de la politique, de l’acte civique. Allez convaincre sur notre projet. Faites-le sans haine, sans rancune. Faites-le sans revanche. Faites-le pour vous-mêmes, pour vos enfants, pour la République, pour votre pays !

Faites-le parce que je veux que cette élection présidentielle soit historique. Elle le sera ! Pas seulement parce que nous aurons tourné la page de cinq ans qui nous ont paru si longs, presque dix. Mais il y a eu dix ans de Droite, en définitive. Nous allons tourner cette page. Ce sera historique surtout parce que nous allons redonner confiance aux Français dans leur avenir. Ce sera historique aussi parce que l’Europe nous regarde, le monde nous regarde. Alors, ils essayent, à Droite, de faire peur : « Attention, les marchés, la spéculation, la finance… ». Déjà, la Bourse aurait perdu deux ou trois points. Mais ce ne sont pas les marchés, ce n’est pas la finance, ce ne sont pas les Bourses qui vont décider à la place du peuple français !

Le plus grand risque que courent la France, l’Europe, ce serait de continuer la même politique, ce serait de poursuivre vers l’austérité pour toujours. Il nous faut du sérieux — oui, du sérieux. Les comptes publics devront être redressés. La dette devra être maîtrisée. C’est notre devoir. Et en même temps, nous mettrons de la croissance, de l’activité, des projets industriels, le renouvellement de nos énergies, les nouvelles technologies. Nous ferons tout cela en Europe et en France. Nous sommes regardés, mais nous sommes espérés partout. Beaucoup disent : « Que vont faire les Français. ? S’ils changent, alors l’Europe changera ! ». Rendez-vous compte de votre propre responsabilité !

 

 

 

Nous allons changer de président, nous allons changer de politique, nous allons changer de majorité, nous allons changer d’Europe et nous serons de nouveau en confiance avec nous-mêmes. Soyez fiers de participer à ce beau combat, celui auquel je vous appelle, non pas contre les autres, contre une partie de la France, mais pour la France tout entière. Soyez fiers parce que la victoire arrive. Et le 6 mai, ce ne sera pas la mienne, ce ne sera pas la vôtre, ce sera celle de la République et ce sera celle de la France !

Merci à tous !

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Les blogs socialistes
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 11:51

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il avait accepté l'idée de sa faible popularité. Il espérait qu'on lui serait gré d'avoir « tenu » la barre pendant la Grande Crise. Il voulait éviter un référendum contre lui. Il en a eu deux. En arrivant second, Nicolas Sarkozy a raté son premier tour comme il a raté son quinquennat. Et pire, il a redressé le Front National.

Lundi, il n'avait pas compris. Il cherchait encore une France silencieuse qui pourtant s'était exprimée plus de 80% dimanche soir. Il cherchait les « vrais travailleurs », dénonçait une gauche qu'il cherchait au Fouquet's, s'agaçait des délocalisations qu'il n'osait reconnaître comme bilan.

L'échec
Le 21 avril 2002 avait laissé un traumatisme, surtout à gauche. Malgré de bons résultats économiques, la gauche plurielle n'avait su convaincre. L'insécurité avait été agitée comme un fabuleux sujet. On lui attribua la principale responsabilité dans la qualification du Front national du second tour. Dix ans plus tard, le constat est pire pour Nicolas Sarkozy. Il a sauvé sa qualification de second tour. Mais son double échec devrait interroger.

Il a rétréci la droite parlementaire à son plus faible étiage de la Vème République, à peine un quart des voix. Par rapport au premier tour de 2007, il a perdu environ 2 millions de voix. Et il fait progresser le Front National. En 2002, Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret avaient attiré 5,5 millions des suffrages. Dix ans plus tard, l'unique candidate du Front National rassemble 6,4 millions des votes sur son nom au premier tour de cette présidentielle 2012. Que s'est-il passé ?

En 2002, on accusa la gauche d'ignorer les « vrais » problèmes, de pratiquer l'angélisme. Nicolas Sarkozy a cru qu'il suffisait d'en parler pour convaincre. Encore fallait-il obtenir des résultats. L'échec de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l'insécurité est patent. En 10 ans, les atteintes aux personnes ont progressé de 87.000 actes: de 381.000 en 2002, elles ont régulièrement progressé pour atteindre 468.000 l'an dernier !

Et pourtant, depuis 2002, la boulimie législative de Nicolas Sarkozy a largement écoeuré jusqu'à son propre camp. Pour le simple dernier quinquennat, la multiplication des lois, pour de si mauvais résultats, a décrédibilisé Nicolas Sarkozy. Ce dernier s'est révélé dangereusement incompétent. Même la Cour des comptes, en juillet dernier, s'est inquiété de la mauvaise gestion des forces de l'ordre.

Sans réponse
Lundi matin, Nicolas Sarkozy et ses proches avaient la gueule de bois. On les a vu défiler, un à un, pour s'enfermer pour l'une de ses traditionnelles réunions dites « stratégiques». Patrick Buisson, le brillant conseiller qui convainquit Nicolas Sarkozy de cette stratégie frontiste, n'était pas venu. Ils cogitèrent durs pour tenter d'imaginer comment favoriser les meilleurs reports de voix au second tour.

Tout ça pour ça... A Donzère, la ville dont Eric Besson, l'ancien ministre de l'identité nationale qui organisa le sinistre débat éponyme, le Front national est arrivé devant l'UMP. A Meaux, la ville de l'avocat-député Jean-François Copé, François Hollande est arrivé en tête. 

Un désaveu ? « Je ne le crois pas, bien au contraire ». Guillaume Peltier, l'ex-frontiste devenu expert ès sondages vivait sur une autre planète. Il tenta de défendre son mentor sur iTélé puis France Inter. La veille, il confiait: « Si on n’avait pas eu ces thèmes forts, Marine Le Pen aurait été encore plus haut » Ah, la belle excuse.

Louis Alliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen déclara attendre « l'implosition de l'UMP » après la défaite.

Les vrais travailleurs ?
En sortant de son QG, lundi matin, Nicolas Sarkozy confia à la nuée de journalistes qui l'attendaient qu'il avait décidé d'une manifestation pour le « vrai travail ». Il était clair qu'il avait choisi sa posture, guerroyer sur le terrain même du Front National. Et tant pis pour l'électorat centriste. Patrick Buisson était finalement toujours aux commandes. « Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille». Qui fera le tri ? « On défendra, nous, le vrai travail, pas le statutSarkozy continuait sa croisade contre les syndicats.

Vers 18 heures, Nicolas Sarkozy était à A Saint-Cyr-sur-Loire, dans une petite salle. Finalement, son planning de campagne avait à peine changé. La veille à la Mutualité, il avait pourtant promis d'aller « partout », « à la rencontre de chaque Français ». Ce n'était que des mots, comme toujours.

A Saint-Cyr-sur-Loire, Sarkozy était hargneux. On aurait cru qu'il voulait en découdre avec les mains. Il avait oublié qu'au 2nd tour, on rassemble. Qui voulait-il rassembler ? Qui pouvait-il rassembler ?

Irresponsable.
Nicolas Sarkozy, bien sûr, était irresponsable de son propre bilan. « Les délocalisations, dans vos territoires, ce n'est pas acceptable. » Il avait raison, mais il n'avait rien pu faire contre la disparition de 900 usines en 5 ans.  Il s'évertua à fustiger la technocratie. Il s'amusa de ces grandes entreprise squi, la crise aidant, avaient réclamé l'aide des Etats. « Quand la crise a soufflé, ils ont chacun retrouvé leur président.» A ces banques et autres groupes, que n'avait-il pu imposer quelques contre-parties en matière d'emploi ou de gouvernance ? Evidemment, il n'en fut pas question devant cette assemblée transie d'inquiétude de militants qui voulaient encore croire au rêve Sarkozy.

« Et les retraites payées avec une semaine de retard, alors que les loyers sont payés le 1er ? » Son ministre du budget avait refusé la mesure il y a deux ans.

Triste sire...

Don Quichotte
A Saint-Cyr-sur-Loire , Sarkozy s'inventait des combats, comme celui contre la « technocratie » qui n'aurait rien compris. N'était-il ministre ou président depuis 10 ans ? N'avait-il placé nombre de proches, d'amis, de proches amis à la tête des administrations policières, judiciaires, voire bancaires ?

Il s'inventait des polémiques: « C'est un scandale, parce qu'on ose prononcer le mot immigration. C'est un scandale ! » Les sondages, y compris ceux de son proche institut Opinion Way, semblaient indiquer que la France s'inquiétait surtout du chômage, de la précarité, de la santé publique qui devient privée.  

«  Ne pensez pas à nos dettes, il n’y a pas de dette !  Ne pensez  pas à l’Europe, il n’y a pas d’Europe ! Quant aux chinois n’y pensez pas, ils arrivent » Mais de quoi parlait-il ?

Mais Sarkozy s'obstinait. La Burqa était son moulin à vent dont il était le Don Quichotte. Trois cent verbalisations  « La Burqa, ce n'est pas anecdotique ». Sarkozy n'avait pas retenu la leçon. Il se pensait en 2002 ou peut-être même en 1986. Nous étions en 2012.

« Le travail qui rapporte moins que l'assistanat, c'est une véritable injustice ! »  Mais de quoi parlait-il ? Connaissait-il seulement le montant des minima sociaux ?

« Je voudrai dire un mot à mon contradicteur : comment voulez vous sortir de la crise si vous niez la crise. Comment inscrire la France dans le monde si on nie la réalité du monde » Mais de quoi parlait-il ? Accuser François Hollande de nier la crise, quand toute sa campagne ne portait que que sur le redressement d'une France abîmée était curieux. Dans la salle, les applaudissements étaient hésitants.

Le président des Riches eut cette formule malheureuse, le clown ne mesurait plus qu'il en devenait ridicule: « Je veux parler aux petits, aux sans-grade, aux ruraux, aux petits retraités, qui ne protestent pas mais ont le droit d'être respectés.»

Il cherchait pourtant encore cette France silencieuse. Elle s'était pourtant largement exprimée, ce dimanche, avec une participation quasi record de plus de 80%.

Désespéré
Il conclua dans la polémique. Il rappela sa fumeuse anecdote, vieille de 10 jours quand il passa sur France Inter. Puis fustigea:  «Je n'accepterai pas de leçons de morale d'une gauche qui voulait installer DSK à l'Elysée » déclara celui qui l'avait installé au FMI en juin 2007.

L'homme du Fouquet's et des weekends à Marrakech dénonça cette gauche qui « dîne dans des restaurants de luxe » et qui « invite dans ses meetings des exilés fiscaux ».

En début de meeting, il était stressé, grave, désespéré.  «Je ne me permettrai pas de juger les Français dont je ne connais pas les souffrances.» C'était un avis d'impuissance : « Je n’ai pas à donner de leçons de morales. J’ai vu qu’on leur faisait le reproche d’avoir voté pour les extrêmes. Je ne le leur reproche pas. Il y a des Français qui pensent que les choses ne peuvent pas continuer ».

Il avait raison. « Il y a des Français qui pensent que les choses ne peuvent pas continuer ».

Le changement devait être sans lui.

Ami sarkozyste, lâche ton candidat.

 

 

Sarkofrance

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 17:17

Hollandehirson1

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 12:22

PRESIDENTIELLES 2012 panneaux affichage

Alors qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait anticipé dans l’Aisne un résultat qui lui avait permis de virer en tête au premier tour et de l’emporter au second, cette fois, avec un taux de participation de 80,61 %, François Hollande réussit à l’emporter avec 80 751 voix, soit 27,10 %. De ce fait, le Président sortant pointe, cette fois, en troisième position avec 72 088 suffrages, soit une perte sèche de 19 035 bulletins. La candidate du Front National en profite donc pour s’intercaler et revendiquer 78 452 électeurs. Si François Hollande gagne 7 914 voix par rapport à Ségolène Royal, Marine Le Pen en engrange quand même 24 710 de plus que son père !

LES RÉSULTATS

Inscrits : 376 059 Votants : 303 148 Nuls : 5 206 Exprimés : 297 942 Eva Joly :3 455 – 1,7% Marine Le Pen : 78 452 – 26,33% Nicolas Sarkozy : 72 088 – 24,20% Jean-Luc Mélenchon: 30 360 – 10,19% Philippe Poutou : 3 862 – 1,30% Nathalie Arthaud : 2 490 – 0,84% Jacques Cheminade : 738 – 0,25% François Bayrou : 19 893 – 6,68% Nicolas Dupont-Aignan : 5 853 – 1,96% François Hollande : 80 751 – 27,10%.

 

 

Jean-Jacques Thomas

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 01:25

 

 

Déclaration de François Hollande à Tulle le 22 avril


Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens, les Françaises et les Français se sont massivement mobilisés dans cette élection présidentielle avec une participation rare, 80 %. Plusieurs faits majeurs sortent de ce scrutin, et ils sont incontournables.

Le premier, c’est que je suis ce soir en tête du premier tour. Je veux remercier chaleureusement les électrices et les électeurs qui, par leur suffrage, m’ont placé dans cette position qui m’honore et m’oblige, la plus forte pour l’emporter. C’est un acte de confiance dans le projet que j’ai présenté devant les Français pour redresser notre pays dans la justice, pour maîtriser la finance, pour retrouver la croissance et l’emploi, pour réduire la dette, pour protéger notre industrie, pour promouvoir les valeurs de la République, pour préparer l’avenir et notamment la transition énergétique.

Voilà ce que j’ai dit aux Français pendant des mois avec constance, avec cohérence, et ils m’ont répondu ce soir en me permettant d’être aujourd’hui le mieux placé pour devenir le prochain président de la République.

Le second fait majeur du scrutin, et il est sans appel, c’est que le premier tour représente une sanction du quinquennat qui s’achève et un désaveu du candidat sortant dont le discours, tout au long de ces derniers mois, a fait le jeu de l’extrême-droite.

Car c’est le dernier élément qu’il faut regarder en face ce soir : jamais le Front national n’avait atteint un tel niveau dans une élection présidentielle. Même en 2002 où il avait été qualifié pour le second tour, il n’avait pas mobilisé autant de suffrages. C’est un nouveau signal qui appelle à mes yeux un sursaut dans la République et une compréhension non pas simplement des colères, mais de ce qui travaille notre pays dès lors qu’il n’est pas porté avec fierté sur ce qui doit l’élever, et qu’il est parfois abaissé, amoindri. Et c’est ce qui s’est passé depuis cinq ans.

Ce soir, je deviens par le vote des Français le candidat de toutes les forces qui veulent clore une page et en ouvrir une autre où tous les atouts de la France seront mobilisés. Je pense à la jeunesse qui attend que lui soit enfin donnée toute sa place, et je le ferai.

Au terme de ce premier tour, je suis le candidat du rassemblement pour le changement. Ce rassemblement doit être le plus large possible. Il concerne d’abord les forces de Gauche et les écologistes, dont je suis aujourd’hui le premier représentant. Je salue les candidats du premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, qui ont appelé clairement et sans négociation à me soutenir pour le second tour.

Je suis aussi le candidat de rassemblement de tous les citoyens attachés à une République enfin exemplaire, soucieux de l’impartialité de l’Etat, candidat de tous les Français qui veulent que l’intérêt général prenne le dessus sur les privilèges.

Je mesure la responsabilité qui est la mienne. D’abord, réussir une alternance qui redonne confiance aux Français dans l’action politique et dans la morale publique. Ensuite, répondre aux inquiétudes légitimes, aux colères nombreuses que le scrutin a révélées : le chômage, la précarité, l’amputation du pouvoir d’achat, les inégalités qui se sont creusées, les rémunérations indécentes et l’insécurité qui frappe les catégories les plus exposées, et notamment les plus pauvres.

Enfin, ma dernière responsabilité — et je sais que je suis regardé au-delà des frontières de notre pays —, c’est de réorienter l’Europe sur le chemin de la croissance et de l’emploi.

Grâce à vous ce soir, le changement est désormais en marche, et rien — je dis bien rien ! — ne l’arrêtera. Il dépend désormais du peuple français. Et le choix est simple : soit continuer une politique qui a échoué avec un candidat sortant qui a divisé, soit redresser la France dans la justice avec un nouveau président de la République qui rassemblera. Le 6 mai, je veux une victoire, une belle victoire à la hauteur de la France, de son histoire et de son avenir. Et pendant tous ces jours qui me sépareront du second tour, je continuerai à rencontrer les Français, à les mobiliser et à leur dire la fierté qui est la mienne de conduire cette campagne, et qui sera, s’ils en décident, la fierté de conduire le pays comme président de la République.

Merci.

Par jean luc - Publié dans : Présidentielle 2012 - Communauté : La Gauche
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