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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog de la fédération de l'Aisne du Parti socialiste


Les gens d’chez nous ont faim !

Publié par jean luc sur 30 Avril 2020, 12:07pm

Catégories : #Editorial

Les gens d’chez nous ont faim !

A la veille du 1er mai, les socialistes de la région des Hauts-de-France s’inquiètent des conditions de vie des plus fragiles. 

 

Usines et commerces aux rideaux baissés, écoles fermées, précarisation des emplois, du chômage partiel au licenciement économique, la région des Hauts-de-France n’échappe pas à la crise du coronavirus. Elle en est d’ailleurs et sans nul doute une des régions les plus touchées. A la crise sanitaire qui frappe le pays tout entier s’ajoute une crise économique sans précédent. Plus dure encore est cette crise dans les territoires et les régions, comme celle des Hauts-de-France, où déjà, auparavant, préexistait un taux de chômage et de précarité élevé. 

 

Certains budgets, notamment celui des plus fragiles, s’équilibraient hier au centime près, avec la difficulté habituelle de boucler les fins de mois. La fermeture des écoles, et donc des cantines scolaires, qui, pour beaucoup d’enfants permettaient de manger un repas complet et équilibré pour un coût faible, est venue bouleverser un équilibre financier qui relevait déjà d’une très haute complexité, trop fragile pour pouvoir résister à cette crise sanitaire. Les mesures de chômage partiel, souvent subies et précarisant davantage les ménages se sont transformées en coup fatal. Les étudiants qui bénéficiaient des restaurants universitaires du Crous ne peuvent plus y accéder. Quant à celles et ceux de nos aînés, à la pension de retraite bien maigre, isolés et seuls, qui bénéficiaient d’une aide familiale ou amicale, le confinement s’est révélé être le sombre couperet d’une guillotine. 

Pour ces « gens d’chez nous », il n’est désormais plus question de vivre, mais simplement de survivre.

A la crise sanitaire a succédé une crise économique entrainant dans son sillage une crise alimentaire incomparable. S’il était compliqué de proposer un repas complet ou équilibré, il n’est désormais parfois plus possible pour eux de manger à leur faim. Combien de nos séniors sont obligés de sauter un repas ? Combien de parents sont obligés de se restreindre eux-mêmes pour pouvoir offrir à leurs enfants un repas digne ? Et combien d’enfants se voient refuser un dessert, un goûter, quand il ne s’agit pas d’un plat, par les yeux embués et la voix tremblante de leurs parents ? Oui, les « gens d’chez nous » ne mangent plus à leur faim. 

 

Ainsi donc les bénéficiaires des associations caritatives sont de plus en plus nombreux. Les demandes croissantes doivent être absorbées davantage de jour en jour. Les files d’attentes où se côtoient jeunes et moins jeunes s’allongent à chaque jour de confinement supplémentaire. Les associations caritatives de banques et dons alimentaires sont débordées. Elles tentent de palier aux manquements des politiques en s’endettant parfois de façon spectaculaire et abyssale à une vitesse inquiétante. 

Ces femmes et ces hommes qui aujourd’hui souffrent de malnutrition sont nos sœurs et nos frères en humanité. Il s’agit de nos voisins, de nos amis, parfois même de nos plus proches. Dans notre région des Hauts-de-France, dans notre pays, comme nulle part ailleurs, nous ne pouvons nous résoudre et ne pourrons jamais nous résoudre à concéder que quelqu’un ne puisse pas se nourrir à sa faim.  

Décréter l’urgence sociale

Face à cette crise alimentaire qui nous concerne tous, l’État providence doit apporter une solution. Plus localement, nos départements et notre région doivent indiscutablement s’allier, en convoquant solidarité et économie, sans attendre. Dès maintenant, nous, socialistes, demandons que l’urgence sociale soit décrétée dans la région des Hauts-de-France. Nous ne pouvons pas laisser certains de nos concitoyens le ventre vide. Un fonds exceptionnel d’urgence alimentaire doit être débloqué, conjointement par les départements et la région. 

Nous ne pourrons pas défendre demain, en cette fête du travail, les acquis sociaux quand bien même le besoin physiologique le plus élémentaire, celui de manger, ne peut être pleinement assuré. Il en va de notre profonde humanité. Les « gens d’chez nous » ont faim, donnons-leur de quoi manger. 

Signataires :

Les premiers fédéraux PS des départements 

des Hauts-de-France : 

-       Aisne : Thomas HENNEQUIN

-       Nord : Martine FILLEUL

-       Oise : Alexandre OUIZILLE

-       Pas-de-Calais : Thierry OCCRE

-       Somme : Rémi CARDON

 

Les parlementaires PS de la région

des Hauts-de-France : 

-       Patrick KANNER (Sénateur)

-       Martine FILLEUL (Sénatrice)

-       Yves DAUDIGNY (Sénateur)

-       Laurence ROSSIGNOL (Sénatrice)

-       Christian MANABLE (Sénateur)

-       Michel DAGBERT (Sénateur)

-       Sabine VAN HEGHE (Sénatrice)

-       Jean-Louis BRICOUT (Député)

L'article dans la PQR (L'union) est disponible sur ce lien. 

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