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La Lettre de Jaurès

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Blog de la fédération de l'Aisne du Parti socialiste


Jean-Christophe Cambadélis : « Le contrôle au faciès, certainement pas ! »

Publié par jean luc sur 25 Août 2015, 11:06am

Catégories : #Médias, #Jean-Christophe Cambadélis, #Justice-Sécurité, #Daech, #FN, #espace Schengen, #Hollande, #Politique, #International-Europe

Jean-Christophe Cambadélis : « Le contrôle au faciès, certainement pas ! »

Le Point publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Le Point : Les attentats, mêmes amateurs comme celui du Thalys, se multiplient depuis Charlie. Les Français ne cèdent pas à la panique. Peut-on en dire autant de la classe politique quand Alain Vidalies déclare préférer « la discrimination » au risque d’attentat ? Le Parti socialiste a du avoir les cheveux qui se sont dressés sur la tête, non ?

Jean-Christophe Cambadélis : Il ne m’en reste pas beaucoup de cheveux alors je ne vais pas les couper en quatre : Le contrôle aléatoire pourquoi pas, mais au faciès certainement pas.

Les souverainistes et le FN réclament de longue date la sortie de l’espace Schengen et le rétablissement des frontières. De manière pragmatique, ne serait-ce pas le meilleur moyen de contrôler les allées et venues des individus signalées d’une fiche S dans l’espace communautaire ?

Ce n’est pas Schengen qui produit le terrorisme ou la facilité, c’est la guerre civile. Ce n’est pas une nouvelle ligne Maginot qui nous protégera, mais la coopération et la coordination, la solidarité des Européens.

Peut-on réellement combattre Daech sans intervention au sol comme le réclame par exemple Nicolas Dupont-Aignan ?

A titre personnel, je crois ceci inéluctable, mais il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri en criant « intervention ». Il faut un mandat de l’ONU, un accord d’une coalition et accessoirement une stratégie démocratique pour l’après, comme nous l’avons fait au Mali.

François Hollande fait du départ de Bachar El Assad l’un des points durs de sa stratégie à l’internationale. Mais peut-on durablement tenir cette position qui nous éloigne des Russes ? Peut-on durablement vivre dans cette bouderie avec Vladimir Poutine et ces embargos néfastes à nos économies ?

Vladimir Poutine ne nous boude pas, il veut que l’on respecte ce qu’il appelle la voie Russe, gardienne authentique des valeurs chrétiennes. Tant que l’on n’aura pas garanti les minorités, il ne bougera pas. Mais l’Iran semble travailler à une solution. Je ne suis pas sûre que Bachar El Assad fasse partie de leur « solution ». Enfin personne ne peut passer sous silence l’annexion de la Crimée. Que Vladimir Poutine s’engage à respecter et faire respecter les accords de Minsk et les problèmes seront résolus.

Le Chef de l’Etat avait, à l’issue de la crise grecque, relancer l’idée d’un gouvernement économique de la zone euro. Vu la lourdeur du processus, celui-ci peut-il réellement voir le jour dans les deux ans qui nous sépare de la présidentielle ?

C’est une très bonne idée du Président de la République, la France va jouer un rôle majeur, car la situation n’est pas viable sans un gouvernement économique de la zone euro. Le PS va prêter son concours à cette initiative au sein du PSE.

Alexis Tsipras remet son mandat en jeu en Grèce. Le Parti socialiste français soutient-il sa candidature et la majorité qu’il espère retrouver au Parlement ?

Le Pasok ne s’est ni allié à un parti de droite extrême ni a été parjure à ses engagements devant les électeurs grecs. M. Papandréou proposait au plus fort de la crise un référendum sur l’euro qui lui a été refusé par le « Merkozy » de l’époque. Avec deux conséquences : un fort sentiment de frustration nationale et l’idée que le Pasok n’était que la courroie de transmission de l’austérité franco-allemande, puis de la Troïka. Battu aux élections, le Pasok a participé à un gouvernement de coalition avec la droite, comme le SPD aujourd’hui. Ceci a achevé de la faire apparaître comme une non-alternative conduisant à des scissions pendant que Syriza rompait au congrès de Thessalonique avec le refus de l’euro, occupant ainsi l’espace de la gauche.
Le Pasok, qui est un parti socialiste surgi dans la suite de la dictature, est un parti particulier au regard du SPD ou du PSOE, du parti travailliste ou PS, mais il fait partie de la famille.

Arnaud Montebourg s’est affiché avec Yanis Varoufakis à Frangy. Considérez-vous que Montebourg soit aujourd’hui irrécupérable pour le PS ?

J’ai trouvé le discours d’Arnaud Montebourg à Frangy très recentré et celui de Yanis Varoufakis moins excessif qu’on le dit. Pour le reste chacun à sa destinée politique entre ses mains.

Propos recueillis par Emmanuel Berretta

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