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La Lettre de Jaurès

La Lettre de Jaurès

Blog de la fédération de l'Aisne du Parti socialiste


Philippe Massein : "Vivre au milieu des autres, avec et pour les autres" !

Publié par jean luc sur 22 Juin 2015, 09:15am

Catégories : #Politique, #Régionales 2015, #Picardie, #Philippe Massein, #Parti socialiste, #La Gauche, #Economie, #Emploi, #Gewerc, #Gouvernement

Philippe Massein
Philippe Massein

Intervention de Philippe Massein lors de la Session consacrée au vote du Compte Administratif 2014 et du Budget Supplémentaire 2015

Président du groupe Socialiste,

Républicain et Citoyen

Vice-Président en charge des finances

Monsieur le Président,

Monsieur le Président du CESER,

Mes cher(e)s collègues,

Des dépenses réalisées à hauteur de 95% en fonctionnement et de 80% en investissement, des politiques publiques poursuivies malgré la baisse de nos recettes, une épargne qui se maintient à un haut niveau, un emprunt limité à 55 M€ et un endettement totalement maîtrisé…

Voilà les éléments qui caractérisent l’exécution de ce budget 2014 dont nous allons approuver les comptes définitifs !

Un budget supplémentaire qui modifie nos dépenses et nos recettes d’environ 2%...

Bref, pas de quoi s’étendre pendant 10 minutes si Michel Audiard, notre maître à penser, ne m’avait pas opportunément rappelé que ce n’est pas parce qu’on a rien à dire… Qu’il faut renoncer à son temps de parole !

Je vais donc l’utiliser.

Il revient à ma mémoire des souvenirs familiers… Souvenirs de ces onze années passées au sein de cette assemblée, une page d’histoire de la Région qui a commencé dans cet hémicycle, en 2004, avec l’élection de notre Président, Claude Gewerc, qui refermait, définitivement je l’espère, cette parenthèse noire et honteuse où la Picardie avait été co-gérée par la droite et le Front National après le hold-up de 1998 où la victoire avait été volée à la gauche.

Onze ans pendant lesquels j’ai été fier, comme nous l’avons tous été au groupe Socialiste, d’appartenir à la majorité du Président Gewerc dont je veux une nouvelle fois saluer l’action à la tête d’une Région à qui il a donné une nouvelle dimension.

Onze ans dont je veux dire quelques mots au moment où notre Région va basculer dans une nouvelle configuration dont je mesure les incertitudes mais aussi les promesses et qui permettra aux Picards, après avoir dépassé l’inquiétude du présent, de réussir le pari de l’avenir.

Etre élu est un honneur qui suppose modestie et humilité mais c’est surtout une responsabilité qui nous impose des devoirs et quelques principes dont le premier est de rester, encore et toujours, au service de tous, au service de l’intérêt général.

Et, à cet instant, je veux rendre hommage aux élus de cette Assemblée en ayant, vous le comprendrez, une pensée particulière, d’abord, pour les membres du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen dont le Président Gewerc et moi-même avons pu apprécier la solidarité, la solidité et l’engagement mais aussi pour les membres des groupes PRG, MUP et EELV qui, sans jamais renoncer à leur identité, à leurs spécificités, se sont toujours montrés des partenaires loyaux pour, qu’ensemble, nous fassions avancer une Picardie au service des Picards !

Lors de l’examen de chaque document budgétaire, je ne manque pas de saluer la Direction Générale et celle des finances pour l’efficacité dont elles font preuve.

Au moment où notre Assemblée s’apprête à adopter son dernier Compte Administratif, je veux étendre mes remerciements à l’ensemble des agents régionaux qui mettent en œuvre quotidiennement les politiques qui sont décidées ici.

Je sais que dans notre beau pays, il est de tradition de brocarder l’administration en général et les fonctionnaires en particulier mais, sans vouloir jouer les « pisse-froid » ou les « empêcheurs de Courteliner en rond », je tiens simplement à leur rendre hommage.

Oui, je veux rendre hommage à ces femmes et à ces hommes dont les salaires sont bloqués depuis 5 ans, qui redoutent d’être les victimes, les « laissés pour compte » de la fusion et qui ont pourtant le service public chevillé au corps.

Ce service public qui est, et ce n’est pas qu’une formule, le seul patrimoine de ceux qui n’en ont pas !

Mais revenons, si tant est que nous nous en soyons éloignés, aux finances de la Région.

Entre 2010 et 2014, en pleine crise et en plein doute, nous étions contraints de réduire nos dépenses de fonctionnement de 15 M€.

Voilà le résultat de la politique d’un Etat qui, avant 2012, nous privait de toute autonomie financière et qui, depuis, s’entête à réduire nos dotations.

Si j’osais… Allez, j’ose, je dirai qu’après Hortefeux, le pompier pyromane, nous devons maintenant subir les fourberies de Sapin.

Pendant cette même période, nos investissements progressaient de 8 M€, conformément au choix que nous avons fait d’une politique boostant l’économie locale et privilégiant l’innovation technologique de pointe.

Maintenir nos politiques au service des Picards, augmenter nos investissements tout en conservant une capacité de désendettement inférieure à 5 ans, il faut reconnaître que l’équation n’était pas simple à résoudre…

Mais, après tout, et comme le disait l’humoriste, on n’a pas pris la Bastille pour en faire un Opéra !

Face à cette réalité financière et budgétaire dont nous pouvons être collectivement fiers, il revient ma mémoire des souvenirs familiers…

Ceux de commentaires sur notre supposé laxisme budgétaire, nos prétendues dépenses somptuaires et la faillite que vous nous prédisiez pour 2010 comme Paco Rabane avait prévu la fin du monde.

Il est vrai qu’à l’UMP, enfin, ce qu’il en reste, vous en connaissez un rayon sur la faillite… Vous êtes même des experts à force d’E. Copé la dette de 75 big Millions dont votre nouveau parti hérite…

Mais il est vrai que c’est le sort des familles désunies de se rencontrer uniquement aux enterrements, même si, pour une fois, les passions pour le partage de l’héritage sont modestes.

De ce point de vue là, quand je nous regarde, ça me désole mais quand je vous regarde, ça me console !

Au sein de cette assemblée, Monsieur le Président du groupe de droite « Envie de Picardie », nous nous sommes confrontés souvent, affrontés parfois et nous sommes parvenus à l’égayer en la faisant sourire bien des fois…

Comme quoi, le débat d’idée peut aller de pair avec la courtoisie dès lors qu’on ne confond pas confrontation démocratique et guerre civile.

Au fond, en cherchant à mettre en lumière ce qui nous oppose radicalement, je crois l’avoir trouvé dans les mots mêmes que vous utilisez.

Vous dites « Aimer la Picardie », cela a même été l’appellation contrôlée de votre groupe.

Fort bien ! Notre différence vient de ce que nous, nous aimons les Picards parce que ce sont les hommes qui font l’histoire, ce sont les hommes qui font les territoires et non le contraire.

Oui, nous aimons les Picards pour ce qu’ils sont : fidèles à leur terre, fiers de leur passé, généreux et solidaires.

Voilà le sens de notre humanisme : Vivre au milieu des autres, avec et pour les autres !

Et cette dimension héritée du siècle des lumières est plus que jamais d’actualité quand croîssent simultanément les malheurs des uns et les égoïsmes des autres.

« Sachez qu’il faut toujours défendre les faibles contre les puissants » disait Voltaire qui ajoutait « Le rôle d’un honnête homme est de combattre les injustices. Et plus ce combat est difficile, plus il vaut d’être mené. Renoncer à ce combat est bien pire que de le perdre. »

Ce combat est viscéralement le nôtre, à gauche, et le renoncement n’est pas à l’ordre du jour.

Alors, quand je j’entends le vol noir des corbeaux sur nos plaines, je crains le pire.

« Anne, ma sœur Anne, si tu savais ce que je vois venir » chante Louis Chedid.

La réponse est hélas qu’une petite entreprise familiale prospère sur la misère des pauvres et que la tragédie shakespearienne qui traverse le clan ne peut dissimuler le même nationalisme étriqué.

Le Front National peut toujours « ripoliner » la façade du magasin, l’intérieur ne change pas.

Au patriotisme qui est l’amour de son pays, vous préférerez toujours le nationalisme qui déteste celui des autres.

Vous préférerez toujours Jeanne d’Arc à Jean Moulin et Pétain à De Gaulle parce que votre projet qui voudrait bien prendre l’apparence de « la sociale » reste bien de « sauver le monde blanc et l’Europe boréale » comme aime à le dire Jean-Marie Le Pen.

La tête est toujours haute mais les mains deviennent sartriennes au vu de votre rapport à l’argent… Pas encore au pouvoir mais déjà au parloir.

Ça promet ! Et il est donc grand temps d’entrer en résistance.

C’est un beau mot que celui de résistance. Il a été l’honneur de la France dans sa période la plus sombre.

Cette « douce France, cher pays de mon enfance » dont « l’air de liberté, au-delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnait le vertige », comme auraient pu le chanter ensemble Charles Trénet et Jean Ferrat.

Dans ces temps où l’identité prend le pas sur l’égalité, la peur sur l’espoir, la force sur la justice, je veux croire que les Picards auront la lucidité, en décembre, de ne pas choisir la nuit et le brouillard.

Mais pour cela, il faudra que les formations politiques authentiquement républicaines prennent conscience de l’urgence qu’il y a à changer de logiciel car il est désormais :

Impossible de dire et de ne pas faire…

Impossible de laisser le monde de la finance casser notre pacte social issu du Conseil National de la Résistance.

Impossible de continuer d’accepter la privatisation des profits et la socialisation des pertes pour la collectivité.

Impossible de ne pas régler rapidement et définitivement la question du cumul des mandats et leur limitation dans le temps.

Je suis convaincu que c’est à ces conditions que nous pourrons restaurer la nécessaire confiance qui doit lier les Français et leurs élus.

C’est à ces conditions que nous redonnerons tout son sens à la République.

Monsieur le Président, Monsieur le Président du CESER, mes cher(e)s collègues, il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, et c’est ce que je ferai en décembre.

Alors, au moment de terminer cette intervention, il revient à ma mémoire les mots que prononçait un personnage d’Audiard :

« Si on t’avait foutu à la porte à chaque fois qu’t’as dit une connerie, t’aurais passé ta vie dehors ».

Pour le moment, je suis toujours dedans !

Je vous remercie de votre attention.

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